Home Politique Sous pression externe et interne: Le régime de Kabila décharge sa colère sur ses opposants

Sous pression externe et interne: Le régime de Kabila décharge sa colère sur ses opposants

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Le régime en place en République Démocratique du Congo est plus que jamais poussé à la sortie. Suspectant le Président de la République, Joseph Kabila de vouloir briguer un troisième mandat anti constitutionnel, la Communauté internationale accentue la pression sur lui.

Au pays, les principaux partis d’opposition, avec à leur tête le parti historique Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), réunis au sein du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales acquises au Changement(Rassop), ne baissent pas la pression malgré la répression violente de ses dernières manifestations.

Au lendemain des manifestations du 19 et 20 septembre dernier réprimées dans le sang, organisateurs et officiels établissent divers bilans. Pour l’instant, il est difficile de dire avec exactitude combien des manifestants ont réellement trouvé la mort, tellement beaucoup d’entre eux manquent à l’appel. C’est le cas de Patrick Kololo Kiala, un combattant ( militant) de l’UDPS âgé de 37 ans, chargé de la mobilisation, implantation et la communication au sein de la Ligue des Jeunes.

Arrêté le 19 septembre dernier par des agents de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR), il est introuvable jusqu’à ce jour. Craignant pour sa vie, sa famille et son parti se sont tournés, à défaut d’une justice indépendante, vers les ONG de défense des droits de l’homme et la communauté internationale.

Selon ses proches qui se sont exprimés, par peur de représailles, sous couvert d’anonymat, des hommes se présentant comme des agents de l’Agence Nationale de Renseignements, devenue un service spécialisé à la solde du Président Kabila, l’ont arrêté et l’ont conduit à une destination inconnue, probablement dans l’un des leurs cachots secrets où généralement les prisonniers sont torturés et même tués pour les moins chanceux d’entre eux.

Entre temps, pendant de dizaines de jours, des agents de la même nébuleuse ANR se sont présentés à plusieurs reprises à son domicile, à la recherche des documents que leur bourreau auraient gardé selon eux, lesquels contiendraient des informations secrètes sur les manifestations organisées par l’UDPS à Kinshasa.
Un d’entre eux aurait promis de lui faire payer un « prix fort », s’ils ne trouvaient pas lesdits documents.

Bien plus, alors que certains de ses camarades ayant participé à l’opération dite «carton jaune », de manifestations au cours desquelles les manifestants, majoritairement de membres du Rassop, ont donné un avertissement à Joseph Kabila pour qu’il ne brigue pas un troisième mandat et surtout débloque la machine en vue du début de la convocation du corps électoral ont été relâchés, Patrick Kololo n’a jamais recouvré sa liberté. Pis, la seule de ses nouvelles parvenue à sa famille était rapportée par un de ses anciens codétenus au cachot de l’ANR.

Selon le témoignage de ce dernier, lors des interminables interrogatoires accompagnés de tortures auxquels il a été soumis comme bon nombre d’autre détenus, il aurait assumé son appartenance à l’UDPS, défendu que la marche était pacifique; que l’ordre public n’a pas été perturbé et que la constitution de la RDC garantit à chaque citoyen congolais et à chaque parti politique la liberté de manifester publiquement.

A la question de savoir ce qu’il lui serait arrivé par la suite, notre source dit ne rien connaitre étant donné que  » les prisonniers ont été séparés et amenés à des endroits différents « .

L’UDPS prend la menace au sérieux

Contacté, un cadre influent de l’UDPS a affirmé connaitre personnellement Patrick Kololo et a reconnu l’avoir aperçu de loin au début de la dernière manifestation du 19 septembre 2019. «C’est un jeune qui s’est beaucoup battu pour l’UDPS depuis son adhésion au parti en 2009. Il a été pour beaucoup dans la mobilisation pour les manifestantions du 19 et du 20 septembre dans la fédération UDPS de Mont/Amba où il est très influent« , a expliqué notre source.

A l’en croire, l’activisme politique de Patrick Kololo au sein de la formation politique de l’opposant historique Etienne Tshisekedi lui a valu des ennuis dont des arrestations en 2011 et 2012 avant et après les élections dont les résultats ont été contestés par le Sphinx de Limete.

Pour revenir à l’actualité, il nous revient d’apprendre que ce jeune combattant serait accusé de  «participation à un mouvement insurrectionnel», une accusation qui risque de lui valoir plusieurs années de prison(s’il est encore en vie) mais pas que car, c’est toute sa vie qui est menacée.

L’UDPS a parlé de sa situation inquiétante à des organisations de défense des Droits de l’homme. La réaction de celles-ci se font encore attendre.

CP

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