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Matata Ponyo: une soutenance de thèse de doctorat aux allures d’une rentrée politique réussie

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« Qualité de l’ajustement budgétaire et croissance économique: le cas de la République Démocratique du Congo (1974-2015) »,  c’est le thème de la thèse de doctorat présentée et défendue  publiquement le samedi 3 février 2018 à l’Université Protestante au Congo(UPC) par Augustin Matata Ponyo. Le Premier Ministre Honoraire a obtenu le grade  de Docteur en Sciences économiques avec la mention « grande distinction» après avoir  reçu son baptême de feu par un jury composé des professeurs  mondialement célèbres venus des universités françaises, américaines et congolaises.

C’est dans une salle pleine à craquer et qui a refusé du monde qu’il a présenté un exposé de près d’une heure en guise de résumé  de sa thèse de plus de 500 pages dont l’originalité tient à l’équilibre entre la partie théorique et la partie pratique.

Avec une précision chirurgicale et une éloquence socratique, « l’homme à la cravate rouge » a prouvé à travers ses explications et sa parfaite maitrise des matières développées qu’il est bien l’auteur et le propriétaire de ce travail scientifique. Cela vaut le mérite d’être signalé surtout à ce moment où de plus en plus de nouveaux docteurs congolais, en particulier des dignitaires du pouvoir  sont soupçonnés,  à tort ou à raison,  d’avoir « acheté » leurs  thèses.

En effet, le Docteur Augustin Matata a été précis, concis et constant du début à la fin de son exposé. Puisant dans son expérience de la gestion du gouvernement de 2012 à 2016,  il a notamment présenté les prouesses économiques réalisées par la RDC durant cette période.

Dans le but de prouver comment la réduction du déficit budgétaire peut s’accompagner d’une relance de la croissance économique en volume forte, il a soutenu que c’est « la faisabilité politique des programmes de réformes qui constitue le premier déterminant du succès ou de l’échec d’un ajustement ».

Il a démontré à travers son travail qu’en l’absence de la stabilisation de  la situation macroéconomique, la RDC a continué à monétiser de façon continue le déficit public et par conséquent, l’inflation s’est ouverte entre 1974 et 1989 avant l’hyperinflation intervenue entre 1990 et 2011. «  En effet, entre 2010 et 2015, le solde budgétaire hors dons de la RDC est passé à +1,1 %. Le déficit n’a pas été seulement réduit comme au Bénin, en Gambie, au Lesotho, au Sénégal, etc., pays dont la moyenne du déficit se situe à 2, 5% hors dons. Il s’est transformé en un excédent. L’ajustement budgétaire est donc ici en RDC de forte ampleur et l’on aurait pu craindre qu’il entraine le dégonflement de la demande globale et le recul du PIB réel. Or au contraire, cette position budgétaire excédentaire a été corrélée avec une augmentation de la croissance, pour une moyenne annuelle de 7, 7% sur fond d’une inflation moyenne de 3% l’an », a déclaré le Premier ministre honoraire.

Il a renchérit que « l’ajustement budgétaire quantitatif réussi découle principalement d’un leadership volontariste et éclairé, en vue de la gouvernance générale de la RDC entre 2010 et 2015 ».

Une grande dissertation qui reflète un homme de terrain

soutenance2Convaincu que quand on mène des réformes, il y a des perdants et de gagnants, il s’est félicité d’avoir mené des réformes économiques lors de son passage à la primature et a affirmé que la population congolaise s’est retrouvée dans le camp des gagnants. D’où dans  son mot de remerciement après l’annonce du verdict du jury et la cérémonie de collation de grade académique, il a rendu l’ascenseur au Chef de l’Etat Joseph Kabila pour l’avoir permis de mener ces réformes en le nommant au poste de Premier ministre. Il a également remercié « l’ensemble de mon équipe de rêve », selon ses propres termes,  sans oublier sa famille biologique.

Celle-ci était bien représentée dans la salle par ses parents, son épouse et l’un de ses quatre enfants. On a noté aussi la forte et remarquable présence des haut-cadres de la Majorité présidentielle dont le Secrétaire Général du PPRD, Henri Mova Sakanyi, de membres influents du gouvernement à l’instar de Bahati Lukwebo, d’anciens ministres,.., bref, un échantillon suffisamment représentatif de la classe politique congolaise ainsi que d’autres services de l’Etat.

Pour bon nombre d’observateurs, au-delà de l’obtention du titre de Docteur en Sciences économiques, « l’homme du cadre macroéconomique » a réussi sa rentrée politique-lui qui se fait plus discret depuis son départ de la primature- en déplaçant pour cette cérémonie de haute portée scientifique, des grandes figures de la scène politique congolaise.

D’autres estiment qu’il a répondu de loin à un autre cadre de la MP qui a éprouvé  du mal à remplir une petite salle de l’Université de Kinshasa récemment à l’occasion de la soutenance de sa thèse.

Un jury international

Fidèle à ses habitudes, Augustin Matata Ponyo s’est présenté devant le jury à l’heure prévue et ne s’est pas fait attendre comme un cadre de la Majorité présidentielle précité.

Celui-ci  était composé du Prof  Kabuya Kalala, Docteur en Sciences économiques et Professeur  à l’UNIKIN et à l’UPC (promoteur de la thèse), Prof  Chicot Eboue, de l’Université de Lorraine, (Nancy, France), Co-promoteur ; Prof Seblon Mpereboye Mpere, Professeur à l’UPC et Président du jury ; Prof Frederic Kalala Tshimpaka, doyen de la Faculté des Sciences économiques de l’UPC ; Prof James Robinson, de l’Université de Chicago aux Etats-Unis( membre); Prof Claude Sumata Matukula de l’UNIKIN, (suppléant)   et Prof Kabamba Ntenta de l’UNIKIN( suppléant).

Le Prof Emile Ngoy de l’UNIKIN, Prof François Facchini de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ainsi que le Prof Patrick Guillaumont, Professeur Emérite à l’Université d’Auvergne et Président du Ferdi à Clemont-Ferrand ont été invités par le jury. Dans leurs interventions, ces économistes mondialement célèbres ont salué  la pertinence et la richesse de la thèse du Docteur Augustin Matata Ponyo.

Il importe de préciser que l’idée centrale de « Qualité de l’ajustement budgétaire et croissance économique: le cas de la République Démocratique du Congo (1974-2015) »  est que le succès d’un ajustement budgétaire repose sur l’existence au sein de la classe dirigeante, d’un leadership éclairé. « Ce succès dépend à la fois de la capacité à réduire le poids des dépenses publiques improductives pour privilégier la part des dépenses productives dans le budget de l’Etat, mais surtout, de la résolution ferme et continue, à réformer aussi bien les canaux de la dépense publique, les sources de collecte  fiscale, que les canaux de transmission de la dépense publique à l’activité », a martelé son auteur.

Robert Djanya

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