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Des communicateurs de la Majorité présidentielle impliqués dans le trafic de passeports diplomatiques ?

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Papy Tamba, Thierry Monsenepwo et Albert Diheka, parce que c’est d’eux qu’il s’agit, détiennent des passeports diplomatiques alors qu’ils ne rempliraient pas les critères requis. Il existe un réseau de trafic de ces documents officiels en République démocratique du Congo et, ces trois communicateurs de la Majorité présidentielle peuvent être considérés comme de suspects.

L’affaire est partie d’un constat fait à l’ambassade d’un pays européen à Kinshasa. Un diplomate européen a confié à Alternance.CD que lors de leur dernier voyage, ils auraient effectivement présenté des passeports diplomatiques. Au terme des investigations menées au Ministère des Affaires étrangères, il s’avère que, ces habitués de plateaux de télévision et des réseaux sociaux ont obtenu des passeports diplomatiques alors qu’ils n’occupent pas de fonctions officielles qui leur permettent d’en avoir.

Interrogé, un cadre de l’administration du ministère des Affaires étrangères explique que conformément au décret n°09/10 du 30 mars 2009 portant réglementation de l’octroi des passeports nationaux en RDC, ces personnes peuvent être considérées comme des faussaires et donc, impliquées dans le trafic des passeports diplomatiques.

En effet, cette disposition légale stipule en son article premier qu’il existe en République démocratique du Congo quatre catégories de passeports à savoir: le passeport diplomatique, passeport de service, passeport ordinaire et le passeport de pèlerin.

L’article quatre précise les catégories des personnes qui ont droit au passeport diplomatique. Il s’agit du Président de la République, le Président de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, le Premier ministre, les Députés nationaux, les Sénateurs, les membres du Gouvernement, le Premier-Président, les Présidents et les Conseillers de la Cour Constitutionnelle, de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat ; Procureur Général de la République, les premiers avocats généraux et les avocats généraux près la haute cour militaire ; le président de la cour des comptes et l’inspecteur général-chef de service adjoint de l’inspection générale des finances ; les ambassadeurs et consuls généraux ; le directeur et directeurs de cabinet adjoints du Chef de l’Etat, du Premier ministre, du Président de l’assemblée nationale, du Président du Sénat ; le secrétaire général du gouvernement et les secrétaires généraux adjoints etc.

Cette liste s’étend jusqu’aux gouverneurs, aux conseillers du Ministre des Affaires étrangères, présidents des assemblées provinciales et à de hauts cadres congolais ayant rang de directeurs œuvrant au sein des organisations internationales. Il en est de même des conjoints et enfants des personnes précitées ainsi que les présidents des institutions citoyennes.

Diheka le communicateur griot

Et jusqu’à la preuve du contraire, ni Papy Tamba, ni Thierry Monsenepwo, encore moins Albert Diheka n’occupe de fonctions énumérées dans cette loi. Ce dernier, griot de son état, est d’ailleurs conseiller au cabinet du Ministre de la communication et de Médias où on l’aurait surnommé « conseiller débout ».

Cadre de la Convention des Congolais Unis (CCU) de Lambert mende, Albert Diheka a été souvent vu en train d’accompagner un autre cadre de ce parti et son collègue communicateur de la MP, Thierry Monsenepwo. Ayant échoué à se faire élire à la députation nationale dans son fief de Katako-Kombe dans le Sankuru en 2006 et à 2011, ses détracteurs le décrivent comme un homme léger et peu charismatique. Dernièrement, il s’est attiré les moqueries des internautes en jouant le modérateur dans un deuil ou encore en s’affichant sur les réseaux sociaux en tenue traditionnelle.

Pour un juriste, les autorités judiciaires doivent enquêter pour faire la lumière sur cette affaire que d’aucuns considèrent comme le trafic des passeports diplomatiques. « Nulle part dans la loi, il est indiqué qu’un communicateur de la Majorité peut avoir droit au passeport diplomatique. A moins qu’il occupe des fonctions requises. Or, Tamba, Monsenepwo et Diheka n’occupent pas de fonctions qui les autorisent à posséder ce document officiel. Et donc, il est évident qu’ils sont impliqués dans le trafic de passeports diplomatiques », analyse-t-il. Il promet d’initier une action en justice contre ceux qu’il accuse de faire partie d’une contre bande.

JPK

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