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Insécurité dans le Sankuru: Quand Thierry Monsenepwo joue l’avocat du diable

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La Convention des congolais Unis (CCU) est accusée d’avoir incendié une radio proche du Parti du Peuple pour Reconstruction et la Démocratie(PPRD) le 27 mai 2018 à Lodja dans la province du Sankuru. En réaction à ces accusations, le Président de la Ligue des Jeunes de ce parti, Jean Thierry Monsenepwo a clamé l’innocence des suspects et a fait preuve d’une ignorance cruelle du conflit qui sévit dans ce coin du pays entre ces deux partis politiques.

L’insécurité est à son comble dans la province du Sankuru. Outre la prolifération des armes dans le chef de la population, décriée par le Gouverneur Berthold Ulungu lui-même, le conflit politique entre le PPRD et la CCU, deux principaux partis politiques de la contrée, constitue une bombe à retardement. Dans la nuit du 27 mai 2018, une radio proche du Parti présidentiel a été incendiée dans la ville de Lodja.

La radio « Grand Tam Tam du Sankuru» appartenant à l’ambassadeur Jean Charles Okoto a cessé d’émettre avant de reprendre ses programmes en début de semaine. Ses installations ont été incendiées par un groupe de délinquants non autrement identifiés. Pour le directeur général de cette radio, Michel Pongo qui a déjà porté plainte auprès des autorités compétentes, c’est bien la Convention des Congolais Unis qui est l’auteur de ce sabotage. Il soutient que ce parti aurait une milice qui sème la désolation dans le Sankuru dans le but de restaurer la pensée unique, à savoir celle de son Autorité morale, Lambert Mende Omalanga. « Nous avons porté plainte et deux jeunes membres de la milice de la CCU ont été arrêtés par la justice», a-t-il affirmé sur des propos relayés par plusieurs médias.

En réaction, la CCU par la voix de son président de la Ligue des Jeunes, Thierry Monsenepwo a nié toute implication dans cet incendie. «Au niveau de la CCU, il n’y a jamais eu de mots d’ordre de qui que ce soit par rapport à des attaques des biens publics ou privés. Donc, il faudrait savoir que partout sur l’étendue de la RDC, des actes contre la loi sont commis. Des individus sont interpellés par la justice, d’autres innocentés, d’autres condamnés. Cela ne fait pas d’eux des justiciables parce qu’ils sont membres d’un parti politique ou pas», a-t-il clamé.
Ce, après avoir dit que « Lorsque les justiciables sont présentés devant la justice, on ne tient pas compte de leur appartenance politique, ni de leur appartenance religieuse. On tient compte du fait que ce sont des sujets congolais et la justice sur base des éléments à charge ou à décharge, va trancher si la personne est coupable ou non». Grand souci, ce cadre de la CCU en dépit du fait qu’il soit communicateur de la Majorité présidentielle, ignore ou refuse d’admettre qu’il y a un conflit récurrent dans le Sankuru, particulièrement à Lodja entre le PPRD et la CCU.

Guerre de leadership

En effet, depuis les élections de 2011, ces deux partis de la MP se disputent le leadership politique du Sankuru. Leur antagonisme a pris une tournure suicidaire depuis le découpage territorial et le passage du Sankuru du statut d’un district à celui de province.

Depuis lors, plusieurs cas d’agressions physiques, incendies des maisons et même d’assassinats ont été rapportés. Le plus souvent, c’est la CCU qui a été pointée du doigt par plusieurs sources indépendantes. En ce qui concerne l’incendie de la radio « Grand Tam Tam », la nouvelle a été relayée sur les réseaux sociaux par des membres locaux du parti de Mende à Lodja.

Ce cas illustre bien l’ampleur de la crise sécuritaire dans la province du Sankuru, cogérée par la CCU dont est issu le Gouverneur et le PPRD dont sont membres le Vice-gouverneur et le Président de l’Assemblée provinciale.
Les deux partis se rejettent mutuellement la responsabilité de la détérioration de la sécurité et des conditions sociales et leurs militants s’affrontent de temps en temps.

De Lusambo, Chef-lieu de province à Lodja, principale agglomération et fief électoral de Lambert Mende, considérée actuellement comme l’épicentre de l’insécurité dans le Sankuru, en passant par Katako-Kombe et Lubefu via Lomela et Kole, on ne compte plus le nombre d’attaques criminelles menées par des jeunes décris comme des « milices ».

Et, alors que des membres de la CCU originaires de cette province restent silencieux aux accusations portées contre leur parti dans l’affaire de l’incendie de la radio Tam Tam, d’aucuns sont surpris que ce soit Thierry Monsenepwo, un kinois qui s’exprime, lui qui ne maitrise rien des relations toxiques entre Lambert Mende et Jean Charles Okoto et qui ne parle pas le dialecte du coin, l’otètèla.
RD44

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