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Dans un ouvrage: L’IRDH remet en question le travail des Organisations de la Société civile

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«Société civile, Gouvernement, Partis politiques et l’édification de la démocratie en RDC», c’est le titre de cet ouvrage d’une centaine de pages publié aux Editions Universitaires Européennes. Il est l’œuvre de l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH), une structure de la société civile basée à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga.

Partant du postulat selon lequel l’échec de l’édification de la démocratie en RDC est le couronnement d’une situation de crise sociale illustrée par des dichotomies dans tous les domaines de la vie publique, il s’intéresse au travail des Organisations de la Société Civile (OSC) et leurs partenaires internationaux dont il remet en question l’apport dans la lutte contre la corruption.

Il ne s’agit pas ici d’une analyse de la gestion du Gouvernement ou du fonctionnement des partis politiques et de leurs projets de société. Sans pour autant approuver leur façon d’agir et de gérer la res publica, l’IRDH soutient que les acteurs politiques ne sont pas les seuls responsables de la corruption qui gangrène tous les secteurs d’activités de la Nation congolaise.
Il s’inspire de la pensée du journaliste burkinabé Norbert Zongo, selon laquelle « le pire, ce n’est pas la méchanceté des gens mauvais, c’est le silence des gens bien ».

L’auteur soulève une chaîne de questions à savoir : « Comment la RDC se trouve dans un chaos permanent, si la mission des OSC est celle de veiller à la bonne marche des institutions publiques ? » ; « Comment peut-on parler de l’institutionnalisation de la corruption des magistrats, sans remettre en cause le rôle de l’Ordre des avocats ? » ; « Comment peut-on parler de la médiocrité de l’enseignement, sans interpeller les Comités des parents ? ». Et, « comment peut-on parler de l’incapacité de la société civile, sans chercher à comprendre le rôle des partenaires internationaux qui renforceraient leurs capacités depuis des lustres ? ».

Les dichotomies analysées sont relatives aux sujets tels que la profusion des partis politiques et l’enracinement de la megestion de la chose publique ; la prolifération d’OSC et le désintéressement à l’intérêt public ; le pullulement d’ONG internationales et la baisse de capacité d’ONG nationales; l’accroissement de l’investissement des multinationales et la montée exponentielle de l’indice de pauvreté.

A cela s’ajoute l’irresponsabilité de politiques « véreux » et le « dysfonctionnement » des partis politiques sans projets de société alternatifs.

L’analyse n’ignore pas que le rôle des OSC est secondaire, par rapport à ceux des acteurs primaires que sont les dirigeants des institutions publiques et ceux en opposition. Elle relève aussi des défis que rencontrent les organisations internationales sensées les appuyer. Celles-ci évoluent dans un monde gangrené par une concurrence effrénée, le besoin de survie et d’accomplissement des politiques des bailleurs des fonds.

Rendre plus citoyenne l’action des OSC

La remise en question de la contribution des OSC au processus de démocratisation se réfère à ses missions d’exprimer toute la vitalité de la vie sociale, d’aider les souverains primaires à accomplir leur devoir de choisir et contrôler leurs mandataires à qui ils confient la gestion de l’Etat, une mission noble et qui façonne la vie publique. « Dans les cas où elle est bien exécutée, elle participe au développement, le contraire, comme c’est le cas étudié, contribue à la déstabilisation de l’Etat », explique-t-on.

« Société civile, Gouvernement, Partis politiques et l’édification de la démocratie en RDC » conclut que la part des OSC dans le chaos congolais est plus grande que celle du Gouvernement, des partis politiques et des organisations internationales.

Leurs nobles missions sont mises en mal selon ce livre, par le besoin de survie qui tourne leurs dirigeants vers des querelles incessantes, l’ignorance des enjeux politiques, géopolitiques, financiers et sécuritaires ainsi que la naïveté ahurissante d’attendre le salut des organisations internationales.

En guise de pistes de solution, il propose entre autres que, les OSC se forment en profondeur sur les complexes problèmes liés à l’édification de la démocratie, s’informent constamment sur les nouvelles dynamiques politiques, les enjeux ainsi que les nouveaux acteurs nationaux et internationaux et qu’elles repensent la façon d’agir.

L’objectif poursuivi par cet ouvrage est que l’action des OSC redevienne plus citoyenne que prétendument d’une certaine expertise à fournir à distance.

RD44

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