Home Politique Un économiste et juriste voit dans l’affaire Jean-Pierre Bemba «un cas d’école du complot contre l’Afrique» (réflexion)

Un économiste et juriste voit dans l’affaire Jean-Pierre Bemba «un cas d’école du complot contre l’Afrique» (réflexion)

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Prince Fabrice Tshabola estime que l’espoir pour la République démocratique du Congo n’est ni les puissances impérialistes, ni la classe politique actuelle mais la jeunesse congolaise. Pour lui, l’acquittement de Jean-Pierre Bemba et sa libération après dix années de prison à la Cour Pénale Internationale (CPI) portent la marque de néo-colonialistes tout comme son incarcération. Ce, selon lui, dans le but de protéger leurs intérêts à travers les multinationales opérant en RDC. Voici son analyse in extenso.

Et si Bemba serait un cas d’école du complot contre l’Afrique?

57 ans, c’est l’âge de la maturité, celui de la sagesse, je veux dire, l’âge de la révolution mentale.

La RDC traverse une crise politique presque similaire à celle connue entre 1990-1997, une crise formelle et fictive dont les enjeux répondaient à un besoin, en tout cas, pas de congolais avertis mais plutôt celui de congolais servant de caisse de résonance aux intérêts d’autres peuples et ce, au sacrifice des siens.

Certes, nous avons des problèmes internes, mais ces maelströms durent il y a 57 ans, la seule fois où les congolais (zaïrois) se sont sentis fiers de l’être remonte pendant la « dictature Mobutienne », un leadership fort, même si celui-ci servait par ailleurs, des intérêts « occultes » mais la main mise actuelle est sans pareille.

Conformément à l’article 83.2 du statut de Rome, Bemba est acquitté par la chambre d’appel de la CPI ce 08 juin 2018 et ce, contre les charges de crimes de guerre et crimes contre l’humanité confirmées par la chambre préliminaire. Dans ce cas, étant donné que le principal tient l’accessoire en l’état, les autres infractions ne tiendront plus, sauf décision contraire de la chambre de première instance où cet affaire est renvoyée, en conformité avec l’article 36.2 de ce même statut.
Mais ceci se passe dans un contexte politique congolais on ne peu plus exceptionnel. Comme à l’époque de la crise politique entre Kasavubu et Lumumba, quelques mois après l’indépendance ou celle du coup d’État Mobutien et toute sa dictature qui s’en était suivi ou encore la période du maintient de la gué guerre interne visant à balkaniser du pays,… l’épingle du jeu est tenu dans une machination sombre, toujours loin de la volonté des congolais. C’est encore eux qui reviennent aujourd’hui à la charge, après avoir instrumentalisé la CPI dans le cas du Chermain, 10 ans durant (et d’autres congolais), qui n’était pas d’accord avec le pouvoir installé par eux à l’époque. Comme d’habitude, ce sont les intérêts étrangers qui s’affrontent en RDC au moment où les congolais sont distraits. Aujourd’hui, à l’heure où l’installé ou encore le soutenu n’obéit plus au maitre, le « méchant » du hier est prêt à être transformé en libérateur d’aujourd’hui et derrière lui tous les intérêts occultes, mais qui en est le bénéficiaire?? en tout cas, un cercle vicieux est permanent sous la barbe de la naïveté du peuple congolais.
A quand l’Afrique de Franck Fanon si l’abrutissement des congolais continuait? Cette Afrique nous regarde, car dit-on c’est la RDC qui doit donner le ton.

Le colonialisme et le néocolonialisme, transformées ce jour en l’impérialisme, constituent des nouveaux modes d’expansion des intérêts des États puissants sur les faibles dans le monde et, curieusement, ceci se passe en complicité avec les dignes filles et fils détraqués d’Afrique, mais quant est ce, ça cessera? ce temps? il est déjà venu et c’est dès aujourd’hui au moment où tu lis ce message! dis toi que tu n’es plus seul, je suis à tes côtés et prêt à y faire face.

L’impérialisme économique occidental, nouveau mode de colonisation qui passe par les entreprises telles que Bolloré, Areva, Total, et bien d’autres, est un cancer pour le développement économique des États d’Afrique. ces entreprises dépouillent nos États et nous réduisent en esclavage moderne avec la complicité de nos dirigeant qui leurs sont assujettis. Il suffit que leurs intérêts soient touchés et ce, peu importe la misère des populations, tous les moyens sont bon à utiliser pourvu que les dirigeants changent d’avis.
Pour preuve, l’avènement de la révision du code minier. Alors que celui-ci devrait donner suffisamment des moyens à l’État congolais à travers, notamment, la suppression de la clause de stabilité de 10 ans, la sur taxation des super-profits, mais aussi l’augmentation de la redevance minière qui passe de 4 à 10 % pour les minerais stratégiques, une plainte est lancée par ces multinationales ce jour contre la RDC.

Le seul espoir c’est la jeunesse, pas n’importe laquelle, mais une jeunesse avertis sur les enjeux géopolitiques, économiques et géostratégiques de ce siècle. *c’est justement celle-ci qui doit se doter d’une arme redoutable de défense, prête à mener une vraie révolution.

Pour y arriver, il faut absolument un leadership fort, éclaireur, et visionnaire qui est prêt à conduire les aspirations de cette jeunesse.
Notons que d’une longue période de crise on peut y sortir des grandes opportunités d’avenir, si l’on n’est plus dupe.
Evitons la honte de l’Afrique et mobilisons-nous pour la rupture. C’est maintenant ou jamais!

Prince Fabrice Tshabola
Economiste-Juriste

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