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RDC:La douloureuse faillite des intellectuels congolais

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Alors que sous d’autres cieux les intellectuels jouent un rôle critique pour apporter des solutions à des crises et à des problèmes précis que la société traverse, on assiste depuis des années au changement de rôle en République démocratique du Congo. Sensés réfléchir pour comprendre et solutionner les innombrables défis auxquels la Nation congolaise est confrontée, bon nombre d’intellectuels congolais sont devenus un véritable problème sociétal. Au point que l’on se demande si la population peut encore espérer quelque chose de bon de leur part.

Ils sont nombreux à avoir imprimé leurs noms dans les plus grandes universités, forums et institutions internationales à travers le monde. Malheureusement, leur apport dans la résolution des problèmes de leur pays est minime. Ou plutôt il se fait toujours attendre. Au contraire, ils ont été à plusieurs reprises pointés du doigt, à tort ou à raison, d’être des cerveaux moteurs de certains initiatives qui n’ont pas servi les intérêts de la population.

Pis, ils ont trouvé dans la politisation des universités un moyen facile de se faire remarquer par les décideurs politiques et de parachuter dans la politique.

En témoigne la vague de soutiens des intellectuels au candidat du Front Commun pour le Congo (FCC), Emmanuel Ramazani Shadary à la prochaine élection présidentielle.

Ce dernier a d’ailleurs créé la surprise en recadrant de la plus polie des manières un groupe de professeurs qui sans gêne, se sont lancés dans un « djalelo » (flatterie) gênant.

Il les a remis à leur place en déclarant que « comme membre du corps scientifique, aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle, je suis convaincu une fois de plus, qu’une université porteuse d’espoir doit demeurer une université totalement dépolitisée au profit de la science ».

Et comme pour indiquer que la place d’un Professeur est l’université ou le terrain de recherche et non le terrain politique, le dauphin de Joseph Kabila a ajouté que « les universités souvent éclairent les concitoyens, les ramènent vers la raison et non vers les sentiments ».

Quand bien même que l’intellectuel est libre de choisir son camp, son engagement renvoie toujours à ce contrat moral tacite vis-à-vis de la société dans laquelle il évolue.

Retrouver leur liberté

D’aucuns pensent que les intellectuels congolais ont failli à leur responsabilité.

En effet, il y a des détails qui sautent malheureusement à la figure lorsque l’on compare l’enseignement universitaire congolais et celui des autres pays. Le plus remarquable est qu’aucune université de la RDC ne figure dans les classements des 50 voire de 100 meilleurs établissements universitaires d’Afrique.

Pendant ce temps, des milliers de nouveaux diplômés largués chaque année sont réduits à l’errance ou aux plus précaires de métiers car n’ayant pas été suffisamment outillés pour se lancer dans l’entreprenariat. Comme leurs mentors, on les retrouve massivement dans des partis politiques dont certains sont dirigés par des gens dont on ne connait pas le parcours académique. Ridicule!

Tout compte fait, il est plus que temps pour les intellectuels congolais de rompre immédiatement avec la vanité et les petites ruses pour redevenir des combattants de la justice, de l’égalité et de la paix qui sont de valeurs universelles.

RD44

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