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Élection de Felix Tshisekedi: Ce que Paul Kagame veut, l’UA le veut

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Le Président Rwandais, Paul Kagame devra conduire la délégation de l’Union africaine à Kinshasa pour s’acquérir de la situation post-électorale. Officiellement, la mission du Président en exercice de l’UA est de trouver une issue au contentieux électoral en respectant la volonté du peuple congolais.

Mais pour des experts en relations internationales, cette visite va au-delà du souci de Chefs d’Etat africains d’obtenir la vérité des urnes surtout que la Cour Constitutionnelle a définitivement confirmé l’élection de Felix Tshisekedi.

La Communauté économique pour le développement de l’Afrique Australe (SADC) et la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs(CIRGL) ont multiplié des communiqués depuis la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Entre retenu et prudence, ces organisations sous régionales qui ont accompagné le processus électoral congolais n’ont pas parlé le même langage.

D’abord, la SADC qui, a annoncé avoir pris acte de la victoire de Félix Tshisekedi en demandant en même temps la vérité des urnes.

Ensuite la CIRGL qui a dit une chose et son contraire en demandant le recomptage des voix et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Enfin, alors que la Cour Constitutionnelle examinait les requêtes introduites par les candidats malheureux, Martin Fayulu et Théodore Ngoyi, la SADC, encore elle, a demandé le respect de la souveraineté de la RDC avant de co-signer avec l’UA, un autre communiqué demandant à la haute cour de sursoir la procédure d’examen de ces requêtes.

L’union Européenne elle, bien que mise à l’écart du processus électoral, s’est empressée de demander aux autorités congolaises de travailler avec la délégation de l’Union africaine qui devrait se rendre à Kinshasa. « L’Union Européenne s’associe à l’Union Africaine pour inviter tous les acteurs congolais à travailler constructivement avec cette délégation, pour trouver une issue post-électorale respectant le vote du peuple congolais et réussir l’objectif historique de la première alternance démocratique dans le pays », pouvait-on lire dans son communiqué.

Antonio Guterres pas d’accord   avec l’UA
Pour le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, qui s’est exprimé vendredi 18 janvier 2019 sur la situation en RDC, il ne s’agit pas d’une démarche officielle de l’Union Africaine mais plutôt de son Président en exercice, Paul Kagame.

«Ce n’était pas l’Union Africaine, c’était un sommet d’un groupe de pays invités par le président de l’UA», a déclaré le Chef des Nations Unies.

Obtenir des garanties…

Pour rappel, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Addis-Abeba,  jeudi 17 janvier, ont convenu d’envoyer en RDC une délégation de haut niveau comprenant le président de l’Union et d’autres chefs d’État ou de gouvernement, ainsi que le président de la Commission de l’Union Africaine, « pour dialoguer avec toutes les parties prenantes congolaises, en vue de parvenir à un consensus sur le moyen de sortir de la crise post-électorale dans le pays ».

Dialoguer, c’est justement le but de cette délégation même si tous ses membres n’auront pas le même sujet du dialogue.
Si pour ses pairs, il fallait entendre toutes les parties pour dissiper « des doutes sérieux quant à la conformité des résultats provisoires » publiés par la CENI, pour Paul Kagame en revanche, il fallait avoir plus que la vérité des urnes.

En effet, d’après de sources diplomatiques, le Chef de l’Etat Rwandais chercherait à obtenir de garanties du nouveau Président congolais sur les relations entre leurs deux Etats. Bien plus, il serait inquiet de l’intérêt manifesté par son homologue ougandais, Yuweri Museveni à l’endroit de Félix Tshisekedi.

A ce propos, il faut dire que la présence des rebelles anti-Kagame en Ouganda inquiète fortement Kigali.

Par conséquent, la venue au pouvoir en RDC d’une personnalité réputée proche de Museveni ne ferait qu’augmenter les risques d’implosion.

Reste à savoir si le voisin encombrant de la RDC va faire le déplacement de Kinshasa ce lundi 21 décembre, vingt quatre heures avant la prestation de serment de son nouvel homologue.

RD44

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