Home Politique Et revoici Vital Kamerhe au «sommet» du pouvoir

Et revoici Vital Kamerhe au «sommet» du pouvoir

9 min read
0
0

Vingt-quatre heures après son investiture, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi Tshilombo Antoine a pris ses premières ordonnances. La première a porté sur la nomination du Directeur de son cabinet et de son adjoint en charge des questions juridiques, politiques et administratives. Les heureux promus sont Vital Kamerhe Lwa Kaningini et Désiré Kolongele.

Le Premier revient à la présidence de la République plus de dix ans après avoir quitté le cercle serré de l’Ex Chef de l’Etat Joseph Kabila dont il faisait partie des proches collaborateurs.

Des hommes politiques à la trempe de Vital Kamerhe, il n’y en a pas beaucoup en RDC et même en Afrique. C’est en tous cas ce que l’on est tenté de dire au regard de l’indescriptible capacité du leader de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) à se refaire une santé politique. Donné pour « politiquement mort » il y a quelques mois, cette personnalité à la fois remarquable et controversée est de nouveau sur le devant de la scène politique congolaise, mieux au sommet du pouvoir.
Il est remarquable car, depuis les années 1998, il a pris une part active à divers processus de « paix » et dialogues organisés au pays et à l’étranger. Controversée car, il a à plusieurs reprises été accusé de versatilité.
Mais ce dont les futures générations lui resteront à jamais reconnaissantes, c’est d’avoir « conduit » deux candidats à l’élection présidentielle à la victoire suprême.

D’abord Joseph Kabila en 2006 et récemment Félix Tshisekedi en 2018, son alter ego du Cap pour le Changement(CACH).

Pour l’un comme pour l’autre, cet économiste de 59 ans né à Bukavu dans la province du Sud-Kivu a été le directeur de campagne.
Père de huit enfants et actuellement en couple avec Amida, il est un polyglotte qui maîtrise globalement les quatre langues nationales du Congo et certaines langues internationales dont le français et l’anglais sans compter quelques dialectes congolais.

Un habitué des « ruptures »

Pour ses talents de négociateurs dont il a fait preuve à l’époque où il fut commissaire général adjoint du gouvernement (AFDL) chargé des relations avec la MONUC et plus tard titulaire en tant que commissaire général du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs, Kamerhe a été surnommé le « pacificateur ».

Et partout où il passera, au gouvernement en tant que ministre de l’Information et de la Presse, à la présidence comme Directeur de cabinet du Chef de l’Etat et surtout à l’Assemblée national comme Président du Bureau, il fera preuve d’une intelligence remarquable et d’un art oratoire socratique. Au point qu’il soit considéré jusqu’à ce jour comme le meilleur speaker du perchoir de la Chambre basse du parlement de la RDC.

Toutefois, son parcours n’est pas exempt des tâches noires d’autant plus qu’après sa rupture avec Joseph Kabila et son entrée dans l’opposition, il a été accusé de jouer le double jeu.

Au point que bien que classé 3ème à l’issue de la présidentielle de 2011, derrière Kabila et le feu Etienne Tshisekedi, certains congolais le croyaient toujours de mèches avec son ancien patron du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) dont il a été Secrétaire Général lors des élections de 2006, avant de tomber en disgrâce en 2009.

La renaissance de l’UNC

C’est ainsi qu’en 2016, sa décision de participer au dialogue de la Cité de l’Union Africaine a été interprétée par ses détracteurs comme un moyen pour lui de donner des béquilles à son ancienne famille politique.

A la suite de cette décision, son parti, l’UNC a connu une hémorragie de départs de certains de ses cadres les plus en vue et des militants et il lui a fallu moins de deux ans pour le redynamiser avec les méthodes dont il est le seul à connaitre le secret.

Petit à petit, il a gagné du terrain dans certaines provinces à l’instar du Sankuru où le jeune cadre Léon Nguwa Wososa a battu un travail remarquable. Bien plus, le parti de Vital Kamerhe a obtenu 17 sièges à l’Assemblée nationale.

De quoi oublier la pente difficile qu’il a traversée en 2017 quand, il a été abandonné par son ami de longue date, Pierre Kangudia qui a refusé de démissionner de son poste de Ministre d’Etat au Budget après sa énième rupture avec la Majorité Présidentielle.
Aujourd’hui Directeur de cabinet du Président de la République, celui que l’on appelle déjà « Lionel Messi » de la politique congolaise va devoir mettre sa riche expérience au service de la Nation et de son Chef, son allié du CACH, Félix Tshisekedi.

Robert DJANYA

Charger plus d'articles connexes
Load More By Admin
Load More In Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire aussi

Notable du Grand Katanga: Fridolin Kasweshi confirme qu’aucun doute n’est permis sur la nationalité congolaise de Sama Lukonde

Suite à la publication par Alternance.CD de la lettre d’un avocat qui a créé la sens…