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Santé : Des journalistes congolais formés sur l’avortement sécurisé et les DSSR

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Améliorer la couverture médiatique sur les droits relatifs à la santé sexuelle et reproductive (DSSR), incluant l’avortement sécurisé dans des situations particulières, c’est l’objectif général de cet atelier de trois jours qui se tient à Faden House Hôtel à Kinshasa.

Organisé par Pathfinder International et la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées(CGND), cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet RESonance.

Ce projet a pour objectif entre autres, d’amener les journalistes à produire des articles de presse et les blogueurs à faire des publications intéressantes sur les réseaux sociaux pour promouvoir les droits relatifs à la santé sexuelle et reproductive, incluant l’avortement sécurisé dans certaines situations particulières notamment lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique ou la vue de la mère ou de fœtus, en cas d’agression sexuelle, de viol et d’inceste. Ce, selon l’esprit et la lettre de l’article 14, alinéa 2 point c du Protocole de Maputo auquel la RDC a adhéré en 2006 et ratifié sans réserve en 2008.

Ce sont au total 20 journalistes et blogueurs basés à Kinshasa qui ont été choisis. Les travaux sont facilités par des experts nationaux et internationaux œuvrant pour le compte de Pathfinder. Il s’agit de Steve Luboya Conseiller Technique Régional, SSR Afrique Francophone, Célestin Compaoré, RESOnance Program Manager ; Huguette Kasongo, RDC RESOnance Technical Coordinator and Integral specialist; Béatrice Nday Wa Mbayo, RDC RESOnance PM et Altesse Makambo, membre de la Coalition des Journalistes SSR.

Dans une approche participative avec des exposés d’orientation, des travaux en groupes, la restitution en plénière et des discussions, ils ont permis aux journalistes d’une part, d’échanger entre eux sur les pratiques et techniques qui peuvent permettre d’améliorer sensiblement et substance tellement la communication autour des enjeux de la SSR.

De l’autre part, ils leur ont permis de découvrir les engagements de la RDC en matière de SSR au niveau national et international et tout particulièrement sur l’obligation du pays à vulgariser le Protocole de Maputo.

A la fin des travaux qui interviendra ce 10 octobre 2019, les participants vont élaborer une feuille de route post atelier permettant la production et le suivi des articles de presse sur la santé sexuelle et reproductive et un planning de diffusion des messages pour soutenir la E-campagne y afférente.

Les avortements clandestins, un problème de santé publique en RDC

Pourtant prohibé par les articles 165, 166 et 178 du Décret du 30 janvier 1940, l’avortement clandestin est très pratiqué en RDC depuis des lustres.

Selon « Soins après avortement: Manuel de référence 2017″, on enregistre 25 millions d’avortements chaque année à travers le monde. Ce sont 380 femmes qui tombent enceintes chaque minute dont 190 de grossesses non désirées, 40 qui subissent un avortement et une qui en meurt.

D’après la même source, 4,7% à 13,2% des décès maternels peuvent être attribués à un avortement non sécurisé. Plus inquiétant, la RDC fait partie des 5 pays qui contribuent à hauteur de 50 % aux décès maternels liés à l’avortement.

A titre illustratif, rien que dans la ville de Kinshasa, ce sont 60870 femmes qui ont été traités durant la seule année 2016 pour des complications d’avortement spontané ou provoqué.

Face à ce fléau, la loi n°018/035 du 13 décembre 2018 a finalement autorisé en son article 83 la contraception approuvée par l’autorité publique. Aussi, au nom du principe de la primauté des accords internationaux sur les lois nationales, l’avortement peut être pratiqué en RDC sous certaines conditions étant donné que le pays a ratifié le Protocole de Maputo.
Ce protocole stipule en article 14 alinéa 2 point que, « protéger les droits reproductifs des femmes particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ».

Toutefois, il est vivement recommandé aux femmes qui remplissent ces critères de recourir au personnel médical spécialisé dans la stricte observance de la législature.

Robert Djanya

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