Home Société ESU: Thomas Luhaka veut « tuer » la qualité de l’enseignement

ESU: Thomas Luhaka veut « tuer » la qualité de l’enseignement

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A travers l’instruction académique N°21/MINESU/CAB.MIN/TLL/MNB/2019 du 15 octobre 2019 portant directives relatives à l’année académique 2019-2020, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire(ESU), Thomas Lohaka Losendjola a revu à la baisse les frais académiques pour les établissements supérieurs publics. Ces frais sont fixés à 164.700 FC pour les classes de recrutement, à 131.760 FC pour les classes moyennes et à 247.050 FC pour le troisième cycle. Cette baisse sensible de frais d’études est loin d’être une bonne nouvelle. Décryptage.

A la première année de son quinquennat, le Président de la République Félix Tshisekedi peut se féliciter de l’application de la gratuité de l’enseignement de base dans les écoles publiques. Ce, malgré les difficultés auxquelles est confronté le Gouvernement pour la prise en charge effective des enseignants.

Pendant ce temps, des enseignants de certaines écoles de Kinshasa et de l’intérieur du pays brandissent de temps en temps les menaces de grèves s’ils ne touchent pas leurs salaires tels que revalorisés. L’une de conséquences que beaucoup d’experts redoutent est la détérioration de la qualité de l’enseignement, ce qui pousse de nombreux parents à inscrire leurs enfants dans les écoles privées.

Et curieusement, alors que les experts et les partenaires du Gouvernement sont en quête des pistes de solutions pour éviter un désastre, le Ministre de l’ESU semble vouloir étendre ce souci jusque dans l’enseignement supérieur. En effet, en fixant les frais d’études pour l’année académique 2019-2020 à 164.700 FC, soit 99,9 USD, Thomas Luhaka a visiblement piégé le Chef de l’Etat car, du point de vue de beaucoup d’experts, on peut s’attendre à des grèves intempestives dans les universités publiques où les Professeurs n’ont de cesse réclamé la revalorisation de leurs salaires.

Bien plus, en faisant une petite comparaison avec quelques universités publiques considérées comme les meilleures en Afrique, on se rend compte que celles de la RDC demanderont moins que les universités publiques du Nigeria, Ouganda, Tanzanie, Namibie, Zambie, Afrique du Sud, Kenya et Botwana pour ne citer que celles-ci. Parallèlement, aucune comparaison n’est possible entre les universités publiques de la RDC et celles de ces pays en ce qui concerne la qualité de l’enseignement.

Question:Thomas Luhaka voudrait-il pousser les professeurs des universités publiques contre Félix Tshisekedi ?-Difficile de répondre avec exactitude à cette question. Mais ce dont on peut être certain au stade actuel, c’est qu’il ne faut pas rêver d’une bonne qualité de l’enseignement supérieur et universitaire en RDC aussi longtemps qu’un étudiant en classe de recrutement paiera moins de 100 USD de frais d’études.
Et pourtant, dans le préambule de son instruction, le Ministre de l’ESU a pris le soin de souligner que « c’est en vue de garantir le fonctionnement des établissements au courant de chaque année académique,  qu’une instruction académique est édictée, au début de chaque exercice, à l’intention de la communauté universitaire ».

Plus loin, il a ajouté que pour l’année académique 2019-2020, les étudiants vespéraux vont payer le double des frais susmentionnés et pour les étudiants étrangers, ces frais sont multipliés par 10 à l’exception des étudiants qui bénéficient des accords bilatéraux et/ou sous régionaux signés et ratifiés par la RDC.
Jean Perou Kabouira

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