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Manifestation violente à l’UNIKIN : Thomas Luhaka risque gros

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Sept blessés graves et deux légers du côté de la police, 11 personnes dont cinq étudiants interpellées, le bâtiment administratif, le siège de l’association des professeurs et l’agence BCDC vandalisés et un véhicule d’un CT de l’ISTM incendié, c’est le bilan de la manifestation organisé le lundi 06 janvier 2020 par les étudiants de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).

Ce bilan a été fourni par le Commissaire provincial et commandant ville de Kinshasa, le Commissionnaire divisionnaire Sylvano Kasongo Kitenge. Des pertes que l’on pouvait imiter et dont les responsabilités ne sont pas à chercher. Décryptage.

Dans un communiqué, le numéro un de la PNC dans la ville de Kinshasa a indiqué que la police nationale était sur place pour encadrer la manifestation et éviter tout débordement des étudiants. Ces derniers manifestaient pour protester contre la hausse des frais académiques.


En effet, initialement fixés à 164.700 FC pour les classes de recrutement et à 131.760 FC pour les classes moyennes par le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Thomas Luhaka à travers son instruction académique N°21/MINESU/CAB.MIN/TLL/MNB/2019 du 15 octobre 2019, ils s’élèvent maintenant à 490500 FC pour les classes de recrutement et 485500 FC pour les classes moyennes.

Cette augmentation avait été décidée à l’issue d’une réunion entre le même ministre de l’ESU et les représentants du Conseil des partenaires (COPA-UNIKIN) composé du comité de gestion, l’association du corps scientifique et la coordination estudiantine.

A l’occasion, les participants ont laissé entendre qu’il s’agissait d’un consensus trouvé depuis le 12 décembre 2019. Les étudiants eux, ne l’entendent pas de cette oreille et avaient prévu de manifester le 13 janvier prochain.
A la surprise générale, certains étudiants ont choisi de commencer leur manifestation le lundi 6 janvier 2020.

La colère de l’APUKIN

Dans un article publié le 12 décembre 2019, alternance.cd avait alerté l’opinion sur les conséquences néfastes de la baisse de frais académiques décidée par le Ministre de l’enseignement Supérieur et Universitaire. Dans cet article intitulé «ESU: Thomas Luhaka veut tuer la qualité de l’enseignement», nous avions anticipé les éventuelles manifestations et grèves que cette décision allait entraîner au cours de l’année académique 2019-2020.

Ce que l’on redoutait n’a pas tardé à arriver. Comme on pouvait bien le redouter, la manifestation des étudiants du 6 janvier et surtout les dérapages qu’elle a connues a poussé l’Association des Professeurs de l’UNIKIN( APUKIN) à prendre de mesures draconiennes.

Dénonçant les actes de barbarie et de terrorisme contre des infrastructures entre autres la Banque Commerciale du Congo, le Rectorat, le Secrétariat Général Académique, les services des Finances et de Budget, les professeurs ont pris quatre décisions importantes. Il s’agit de l’exigence des sanctions exemplaires à l’endroit de toute personne impliquée dans ces actes criminels; proposition du déguerpissement de tous les étudiants des résidences universitaires pour une durée indéterminée ; la suspension des activités académiques jusqu’à nouvel ordre afin de permettre la restauration d’un climat de paix sur le site universitaire et l’exigence du respect du protocole d’accord du conseil de partenaires signé le 19 décembre 2019 mentionné plus haut.

De son côté, le comité de gestion soutenant que certains étudiants avaient un autre but que les frais académiques, promet de «prendre des mesures qui s’imposent pour que pareils comportements ne se répètent». C’est ce qu’a écrit le Recteur de l’UNIKIN, Prof Daniel Ngoma Ya Nzuzi dans un court communiqué.

Par ailleurs, à la primature, on joue à l’apaisement. Dans un communiqué, le Directeur de la Communication et Porte-parole du Premier ministre a, au nom de son Chef, appelé tous les étudiants au calme et à s’abstenir de tout comportement qui favorise des actes de vandalisme par des inciviques infiltrés parmi eux.

Après avoir affirmé que les frais académiques ont été fixés en francs congolais de «manière consensuelle», il a invité les étudiants à privilégier la voie du dialogue pour planifier tout désaccord.
Même son de cloche du côté de la coordination des étudiants de la colline inspirée où on désapprouve le recours à la violence et exige des sanctions à l’encontre des auteurs de ces actes de barbarie.
Mais pour beaucoup d’analystes, le Ministre de l’ESU, Thomas Luhaka doit être en partie comptable de ces désordres.

A la suite de ces incidents, il a d’ailleurs participé à une importante réunion sécuritaire avec le Vice Ministre de l’intérieur, le Commissaire Général de la police, le Directeur Général de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) et le Commissaire Provincial de la Police autour du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

ALT.

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