Home Economie Escroquerie : Retour sur l’affaire du vrai faux rachat de la société Marsavco par le Groupe Beltexco

Escroquerie : Retour sur l’affaire du vrai faux rachat de la société Marsavco par le Groupe Beltexco

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C’est une affaire parmi tant d’autres qui mérite d’être fouinée et qui va révéler au grand jour les magouilles de la compagnie des Margarines, Savons et Cosmétiques (MARSAVCO).

Les faits remontent au mois de février 2002 et en 2007, mais ont des conséquences tant sur les finances publiques de l’Etat congolais que sur la vie des employés de la société MARSAVCO jusqu’à ce jour.

Le 15 février 2002 sous le coup de 16 h, les sept actionnaires, détenant ensemble l’universalité des vingt-trois mille quatre-vingt-deux actions ont pris part personnellement ou par leurs représentants à l’Assemblée Générale extraordinaire de Marsavco.

D’après le PV consulté par notre Rédaction, cinq points avaient été retenus à l’ordre du jour. Il s’agit de la constatation de la cession des 23.082 actions, de l’inscription des transferts au registre des actionnaires et de la délivrance des certificats d’inscription ; nouvelle répartition des 23.082 actions ; nomination d’un nouveau conseil d’administration ; nomination d’un nouveau commissaire aux comptes et divers.

Parmi les résolutions prises, la troisième avait fixé le nombre des membres du nouveau conseil d’administration en cinq à savoir, Mushtaque Rawji, Mazhar Rawji, Zahir Rawji, Murtaza Rawji et Sirazali Hassanali Hemraj.

La première résolution a porté quant à elle sur le constat par la prise d’acte par l’assemblée générale, de conventions des cessions de sociétés Marga B.V., MAVIBEL B.V., LIPOMA B.V., HANDELMAATSHCHAPPIJ NOORDA B.V., DOMA B.V., SAPONIA B.V., et WEMADO B.V., à Messieurs Murtaza Rawji, Mazhar Rawji, Aslam Rawji, Zahir Rawji, Mushtaque Rawji, Ali Reza Rawji et Mustafa Rawji.

Le mensonge industriel du siècle en RDC

Nulle part dans ce procès-verbal, il n’a été fait mention qu’un quelconque rachat de MARSAVCO par un autre groupe ou une autre société.

Curieusement, cinq ans plus tard, ses gestionnaires ont prétendu que leur société avait été rachetée par le Groupe BELTEXCO en février 2002. C’est du moins ce que l’on peut lire dès le premier paragraphe de l’exposé des motifs du contrat programme entre le Gouvernement de la République et la société MARSAVCO signé en novembre 2007. « La Marsavco sarl, une entreprise du Groupe UNILEVER depuis sa création, qui a été pendant plusieurs années parmi l’industrie agroalimentaire nationale la plus performante, n’a pas échappé aux difficultés sus visées et avait fini par fermer ses portes comme tant d’autres avant elle. Et en février 2002, elle fut rachetée par le Groupe BELTEXCO », lit-on exactement.

Ce qui pourra faire rire même les singes, c’est les dirigeants de la MARSAVCO de l’époque avaient sollicité du gouvernement de la République des allégements fiscaux, parafiscaux et tarifaires. « L’objectif poursuivi aujourd’hui, au-delà des avantages liés au Code des Investissements qu’a bénéficié la MARSAVCO et qu’elle aura sans doute à bénéficier, est de lui accorder des allégements fiscaux, parafiscaux et tarifaires nécessaires à l’expansion de ses activités (accroissement de sa production, production locale d’huiles de palme, préservation et création de nouveaux emplois) », avaient-ils demandé au Gouvernement représenté à ces négociations par Athanase Matenda Kyelu, André Philippe Futa et Simon Mboso Kiamputu, respectivement Ministre des Finances et Economie Nationale, Ministre du Commerce et de l’Industrie et celui de Petites et Moyennes Entreprises.

Bien plus, et comme si le premier mensonge n’était pas suffisant, les responsables de la MARSAVCO avaient affirmé que les allégements fiscaux qu’ils sollicitaient allaient permettre à leur société d’être compétitive sur les marchés nationaux et internationaux, « en attendant l’aboutissement heureux de son projet de développement de la culture du palmier nain à travers le territoire national ».

Des engagements jamais respectés

En ce qui concerne les engagements, le Gouvernement s’était entre autres engagé à exonérer toutes les taxes et droits à l’importation sur les huiles de palme, la soude caustique, le bleaching earth, le Soda Ash et sur les emballages ; toutes les taxes et droits à l’importation sur les pièces de rechange, machines, matériels, équipements et champ d’application ; l’impôt sur le chiffre d’affaire pour ne citer que celles-ci.

De son côté, la MARSAVCO avait pris l’engagement notamment à augmenter la production de toute sa gamme de produits afin de satisfaire la demande locale, appuyer les initiatives de production industrielle et artisanale de l’huile de palme dans les provinces de tradition de culture du palmier et appuyer les initiatives d’amélioration du système d’évacuation de la production d’huile de palme de son lieu de production aux installations de Marsavco à Kinshasa.

En ce qui concerne la gestion les ressources humaines, elle s’était engagée notamment à assurer une formation professionnelle continue de son personnel afin de lui permettre d’acquérir de nouvelles méthodes dans les domaines de la production, de la maintenance et de la gestion ; mettre en place une politique sociale fondée sur la solidarité et intégrant les mécanismes d’intéressement ; à développer un dialogue social avec les délégués des travailleurs ou encore mettre en place une politique sociale adéquate visant l’amélioration des conditions du travailleur. Constat d’un ancien travailleur de Marsavco: « Tous ces engagements n’étaient qu’un trompe-l’œil pour obtenir des allégements fiscaux et parafiscaux qu’ils sollicitaient au gouvernement ».

D.R.

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