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COVID-19 en RDC: Plus du folklore que du travail sur terrain, des médecins craignent le pire

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La montée exponentielle de nouveaux cas infectés et des statistiques globalisantes de cas testés positifs au COVID-19, inquiète bon nombre des concitoyens en République Démocratique du Congo. 

Ces statistiques se situent actuellement à 241 cas testés positifs, 20 décès et 20 personnes guéries sur l’ensemble du territoire national.
L’impasse risque d’être fatal les jours à venir au cas où la Task-force de la Présidence de la République, le Gouvernement, le Comité de Coordination à la Riposte et la Ville-province de Kinshasa…, tous à l’unisson, ne mesuraient pas l’ampleur du dégât auquel le peuple congolais sera exposé les jours, semaines et mois à venir.

En dépit d’un décor bien planté et d’un dispositif protocolaire des officiels congolais, accompagné d’un matraquage médiatique qui est perçu par la population, il se pose un sérieux problème de prise en charge médicale des patients et l’absence de bonnes conditions de travail dans le chef des médecins et personnel soignants dans quelques hôpitaux de Kinshasa.
Le sujet fait déjà débat dans certains salons huppés de Kinshasa.

Au cours des investigations menées par notre rédaction sur cette grave crise
sanitaire et économique, nos fins limiers sont tombés sur un médecin qui a délié sa langue.

S’exprimant sous le sceau de l’anonymat, ce médecin traitant dans un des hôpitaux de la place n’a pas mâché ses mots pour affirmer que la situation reste complexe et difficile de contenir. Contrairement à ce qui se raconte dans les médias où les déclarations cosmétiques des officiels donnent des fausses assurances à la population, la situation est tout à fait à l’inverse de ce qui est vécu sur terrain.

Il y a des hôpitaux qui sont dépourvus de matériels élémentaires de prévention
et de protection à cette pandémie à Coronavirus.
Partout le constat est le même : des médecins sont au contact régulier avec des malades mais n’ont pas des masques de protection. Il en est de même pour certains malades qui ne se couvrent pas de masques puisqu’ils n’en ont pas. Et pourtant, tous les apports en termes de dotation financière et moyen de matériel de protection sont gardés à l’INRB.
’’On les garde pour qui et pourquoi ? Qui en sont les bénéficiaires’’? s’interrogent de médecins et de patients.

Plus grave, des matériels utilisés dans certains hôpitaux sont ceux ayant servis autrefois à la riposte contre Ebola. La plupart des médecins interrogés affirment qu’ils n’ont rien reçu dans le cadre du COVID-19.

Selon toute vraisemblance, la situation serait plus préoccupante à l’hôpital du Cinquantenaire dont la gestion est assurée par des sujets expatriés indiens. A en croire nos sources, ces derniers ne se soucient pas du sort des Congolais infectés par le COVID-19 et craignent pour leur propre vie. « Seul le personnel local (médecins et infirmiers) qui se démène avec des moyens rudimentaires pour sauver la vie de leurs compatriotes. Ils sont saturés, il y a carence des ressources humaines« , alerte un malade contacté au téléphone.

Comme lui, une infirmière qui preste à l’hôpital du Cinquantenaire révèle qu’à peine quatre (4) réanimateurs sont opérationnels. Quoi de plus anormal pour un grand hôpital comme celui-ci, qui reçoit plus des malades que d’autres formations médicales.

D’autres médecins lancent déjà un cri d’alarme, déclarant que si la pandémie arrivait à déferler, au mieux, à se propager dans des communes populaires à Kinshasa, ils n’hésiteraient pas à fuir et à abandonner les malades. Car, disent-ils, avec un nombre raisonnable des malades la roue ne tient pas, a fortiori lorsqu’ils seront débordés?

Du côté de patients qui n’ont pas encore atteint la phase secondaire ni tertiaire de la maladie, mais qui ont la possibilité de communiquer avec les membres de leurs familles, les mêmes préoccupations sont de mises. Pas une implication accrue au suivi des malades. Pour s’en convaincre, ils invitent les équipes de suivi de riposte de faire régulièrement de mouvements d’itinérance dans les hôpitaux où les malades sont internés pour s’imprégner eux-mêmes de cette situation.

A tout prendre, ils souhaitentardemment que les fonds et les matériels mis à la disposition du Comité de riposte servent en premier lieu à soigner les malades et non aux différentes commissions instituées, lesquels constituent déjà un poids pour la riposte.

Du point de vue de beaucoup d’observateurs, toutes les ressources financières et matérielles engrangées de gauche à droite, en provenance de partenaires bi et multilatéraux ainsi que ceux de quelques
compatriotes épris de paix et esprit d’humanisme, doivent servir réellement à soigner les malades et à assurer des bonnes conditions de travail aux médecins et personnel soignant. Sinon, le pire rester à venir en RDC.

Nzolameso Georges/CP/ALT.

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