Home Société Lualaba: 11 organisations de la société civile s’opposent à la menace de démolition des villages situés près du barrage hydroélectrique de Busanga

Lualaba: 11 organisations de la société civile s’opposent à la menace de démolition des villages situés près du barrage hydroélectrique de Busanga

7 min read
0
0

Dans un communiqué officiel publié le 17 juillet dernier, le Ministre provincial de l’intérieur et sécurité de la province du Lualaba a accordé douze jours aux populations des villages 48 heures, Kamalenge, Monga Lubuzo et Wafinya pour libérer leurs maisons sous menace de voir leur démolition.

Il a agi en exécution d’une décision prise dans ce sens par le Conseil provincial de sécurité tenu le 15 juillet. Ce samedi 25 juillet 2020, onze organisations de la société civile engagées pour l’amélioration du secteur énergétique lui ont exprimé leur opposition à cette mesure, à travers une lettre ouverte dont une copie a été remise à notre Rédaction.

Ces ONG dont Action pour le Droit, environnement et la vie, Africain Ressources Watch ou encore Réseau ressources Naturelles/Katanga considèrent que la menace de démolition de ces villages dans la zone d’implantation du projet Busanga ne tient pas compte de nombreuses revendications légitimes que soulèvent les communautés locales.

Il s’agit entre autres du réajustement des « faibles indemnités » payées par Sicohydro à travers une commission du gouvernement provincial, l’absence d’une politique efficace de réinstallation des cultivateurs délocalisés, l’absence des mécanismes de traitement des plaintes des communautés; l’inexistence d’un cadre de concertation entre les parties prenantes et l’absence d’un cahier de charges pour l’électrification de la zone et des populations riveraines.

A cela s’ajoute des arrestations arbitraires à l’instar de celles dont l’affaire a été enregistrée sous RP 9650 et les intimidations à l’endroit des personnes qui composent le comité des délocalisés dont certains vivraient dans la clandestinité.

Les organisations signataires de cette missive soulignent que pareille situation viole les lois du pays et considèrent que toute initiative allant dans le sens d’utiliser la force après le 29 juillet 2020 est une entorse très grave aux droits des communautés locales et contraire à la politique du Président de la République, qui place les intérêts du peuple au centre de son action.
« Nos organisations soulignent que pour autant la réalisation du projet Hydroélectrique de Busanga s’inscrit dans le cadre du contrat Chinois, qui vise la relance économique du pays d’une part et l’amélioration du bien-être des populations d’autres part, pour autant ce projet devrait respecter les droits humains et intégrer les revendications des communautés locales dans son évolution », ont-elles écrit.

Des recommandations pour une solution efficace

Par conséquent, les 11 organisations de la société civile demandent  ce qui suit au ministre provincial de l’intérieur et sécurité du Lualaba:  reporter le délai de douze jours tel qu’accordé aux habitants des villages 48 heures, Kamalenge, Monga Lubuza, et Wafinya jusqu’à l’atteinte d’un compromis définitif et satisfaisant pour toutes les parties ; associer les autres ministères, les services de l’Etat et autres parties prenantes, pour assurer la protection et le respect des droits des communautés locales dans le processus de délocalisation et relocalisation des populations de la zone d’implantation du projet Hydroélectrique de Busanga ; réévaluer préalablement en toute transparence et conformément aux lois et aux bonnes pratiques universellement reconnues notamment la norme ISO 26000 les indemnités à allouer aux personnes à déplacer.

Ces organisations de la société civile préconisent aussi la mise en place et la vulgarisation d’une politique de réinstallation des communautés et des cultivateurs déplacés par l’entreprise Sicohydro, la mise en place d’un cadre permanent de dialogue entre Sicohydro et les populations riveraines pour la gestion des plaintes. Elles demandent également  le lancement, avec les services spécialisés, du processus d’élaboration du cahier de charge conformément à la loi sur l’électricité et ses mesures d’applications, notamment l’Arrêté n°081/CAB/MIN/ENRH/18 du 27 décembre 2018 portant Cahier des charges général des activités du secteur de l’électricité.
ALT.

Charger plus d'articles connexes
Load More By Admin
Load More In Société

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire aussi

Goma : Les enseignants boycottent la reprise des cours

L’Assemblée extraordinaire de la synergie des syndicats des enseignants de Goma s&rs…