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Haut-Katanga: L’alerte générale maximale décrétée à Lubumbashi

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La journée du samedi 26 septembre 2020 a été très agitée à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. Des miliciens Bakata Katanga ont fait une incursion dans la ville où ils ont tenté de prendre contrôle des sites stratégiques notamment le siège de la station provinciale de la RTNC et le gouvernorat. Au surlendemain de cette incursion, le Commissaire provincial de la police​ nationale congolaise dans le Haut-Katanga, le général Louis Second Karawa,  a annoncé de grandes décisions pour sécuriser la population et ses biens.

Les responsables des différents services de sécurité provinciale dont des officiers supérieurs, sous-officiers, des gradés et agents de garnison de la province du Haut-Katanga se sont retrouvés en parade générale spéciale organisée le lundi 28 septembre 2020 au Camp Police-Est à Lubumbashi.

Au sortir de la parade, le porte-parole de la PNC provinciale,  Charles Lwamba Bin Lwamba, a rapporté qu’une alerte  générale maximale a été décrétée. «Le commissaire provincial de la police nationale congolaise, le général Louis-Second Karawa, a affirmé que toutes les unités de la Police Nationale Congolais doivent être prêtes à n’importe quel moment. D’où, la mesure d’alerte générale maximale de toutes les unités a été prise jusqu’à nouvel ordre », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’une mise  en garde sévère a été faite à l’intention de tous les agents de l’ordre qui se seraient montrés moins sévères avec des miliciens.

Improbables négociations avec les miliciens

La ville de Lubumbashi s’enfonce de plus en plus dans l’insécurité. Entre des attaques à mains armées, enlèvements et  assassinats, le chef-lieu du Haut-Katanga est dans le viseur des miliciens. Elle connait des incursions à répétion des Bakata Katanga dont l’avant dernière remonte au mois de mars 2020 lors de la fuite de Kyungu Gédéon.  Mais la situation a pris une autre tournure la semaine dernière. En effet, alors qu’on était habitué à voir des colonnes des jeunes munis des bâtons, flèches et des armes à feu arborant le drapeau de leur État indépendant du Katanga se diriger vers la place Moise Tshombe, le mode opératoire de la dernière attaque a surpris tout le monde.

Selon le ministre provincial de l’intérieur, les miliciens étaient scindés en deux groupes respectivement de 300 et 100 personnes. Le première groupe avait pour cible le gouvernorat de province et la place Moise Tshombe alors que le second avait à l’œil le siège local de la RTNC où, ils n’ont pas réussi à passer à l’antenne bien qu’ayant maîtrisé les policiers charges de la surveillance du bâtiment. Des témoins affirment que dans leur progression, les assaillants étaient accompagnés par des femmes et des femmes, qui scandaient des slogans en faveur de l’autonomie et l’indépendance du Katanga.

Pour Maitre Jean-Claude Katende l’Asadho, il y a un flou autour de cette attaque. Dans un tweet, il exige la «révocation et le remplacement de tous les agents de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) à Lubumbashi pour complexité» avec les miliciens.

De son côté, un officiel au niveau national préconise sous couvert d’anonymat, le «dialogue avec les miliciens en vue d’entendre leurs exigences pour mettre fin à cette série d’attaques». Gros soucis, depuis la fuite de leur leader Gédéon Kyungu en mars dernier, personne n’est en mesure d’identifier la hiérarchie de ces miliciens.

Tel est d’ailleurs le point de vue du porte-parole du gouvernement provincial du Haut-Katanga, Arse Kayumba, qui soutient qu’il est difficile d’engager des discussions avec les Bakata Katanga car, «il existe plusieurs groupes de séparatistes et il n’y a pas d’unité de commandement». Le gouvernement central est donc vivement interpellé et devra prendre des mesures idoines pour sécuriser ni’ seulement la ville de Lubumbashi, mais aussi tout l’espace du Grand Katanga.

ALT/LJ

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