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RDC: Félix Tshisekedi, en finir avec l’angélisme?

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Après l’arrestation de la chanteuse Élisabeth Tshala Muana Muidikayi, le lundi 16 novembre 2020, les congolais ont découvert ce qui semble être le nouveau visage du régime de Félix Tshisekedi.

Visiblement hostile aux critiques, il suscite l’inquiétude du Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (BCNDH) et des Organisations non gouvernementales de défense des droits humains à l’instar de l’ACAJ. Décidément, le bras de fer avec son prédécesseur et allié Joseph Kabila a poussé Fatshi à faire un tour de vis. De là jusqu’à violer la liberté d’expression ? Rien n’est moins sûr.

Quarante huit heures après avoir lancé son opus « ingratitude », la chanteuse Élisabeth Tshala Muana Muidikayi a été cueillie par les services de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR). Quelques heures plus tard, la Commission Nationale de Censure des Chansons et des Spectacles (CNCCS) a interdit la diffusion de sa chanson dans tous les médias de la RDC. Cette situation a suscité l’inquiétude du Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (BCNUDH) et des organisations nationales de défense de Droits de l’Homme telle que l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ).

L’inquiétude est montée d’un cran. D’aucuns se demandent si Félix Tshisekedi est devenu hostile aux critiques, lui qui opposant, ne ratait pas une seule occasion de critiquer le régime qui était en place.

Pour avoir fustigé ce qu’elle considère comme l’ingratitude du Chef de l’État vis-à-vis de son prédécesseur et allié Joseph Kabila sans les citer nommément, la célèbre chanteuse de Muntuashi a passé une sale journée le lundi dernier. Interpellée à son domicile, elle a passé la nuit à l’ANR.

Pour le BCNUDH, c’est une violation de la liberté d’expression. Ce service de l’ONU en RDC s’est dit inquiet « de cette dérive qui est contraire à la volonté de promouvoir et protéger la liberté d’expression des acteurs culturels ». Il a rappelé que cette situation intervient « après la censure et les menaces contre Jean Jacques Kibinda Pembele « Karmapa» auteur de la Chanson « Mama Yemo »

Quand le régime de Fatshi tombe très bas

Pourtant réputé proche du Chef de l’État, le Président de l’ACAJ, Maître Georges Kapiamba, a réclamé la libération de la chanteuse, danseuse, compositrice, interprète, productrice et militante du PPRD, parti de Joseph Kabila.
« L’ACAJ exige la libération sans condition de l’artiste musicienne Tshala Muana, arrêtée aujourd’hui vers 11 heures par des agents de l’ANR. Son arrestation viole gravement l’art 17 de la Constitution », a-t-il tweeté.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes considèrent que le régime de Félix Tshisekedi, en conflit avec le FCC, est tombé très bas.
« Les talibans {ndlr: surnom donné aux militants du parti présidentiel UDPS} accusent le régime de Joseph Kabila d’avoir violé les droits de l’homme. Voilà comment l’ANR que leur chef avait promis d’humaniser est en train de s’en prendre à ceux qui usent de leur liberté d’expression et leur art», a protesté un utilisateur du réseau social watssap. A un autre de trancher en disant qu’il ne faut rien attendre de l’actuel Chef de l’État qui semble être selon lui, prêt à tout pour faire taire tous les Kabilistes.

Dans tous les cas de figures, l’affaire de l’arrestation de Tshala Muana restera comme une tache noire sur la veste de l’État de droit que compte faire porter Félix Tshisekedi à la RDC.

RD44

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