Home Politique Descente aux enfers du FCC: Les 4 grosses erreurs de Joseph Kabila

Descente aux enfers du FCC: Les 4 grosses erreurs de Joseph Kabila

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Et si c’était à refaire ? Alors que le Front Commun pour le Congo (FCC) se délite, Joseph Kabila s’efface petit à petit de la scène politique congolaise. Son successeur, Félix Tshisekedi, prend de plus en plus de pouvoirs avec  son union sacrée, qui enregistre une vague d’adhérents. Retour sur quatre des faux pas majeurs qui ont plombé la famille politique de l’ancien Chef de l’Etat et qui, lui coûtent cher aujourd’hui.

1. Le mauvais casting de son dauphin à la présidentielle

Impossible de contourner la Constitution pour briguer un troisième mandat, Joseph Kabila a, à la surprise générale, porté son choix sur Emmanuel Ramazani Shadari en vue d’être candidat à sa succession à la tête du pays!  Avait-il écouté son cœur ? Seul lui-même peut répondre à cette question, devant sa conscience. Mais, visiblement, ce choix était manifestement dicté par la volonté de son entourage immédiat de bloquer de vrais dauphins, qui pourtant, avaient les chances de mobiliser les congolais en les séduisant et de conserver ainsi le pouvoir. La suite de l’histoire est connue de tous : en dépit de la main posée sur la tête d’ ERS par Madame Olive Lembe, son épouse, et tous les moyens de l’Etat ainsi que des ressources tant humaines que financières mises à sa disposition, le candidat du FCC a fait piètre figure, devenant ainsi le premier candidat de la mouvance présidentielle en Afrique ayant échoué aux élections.

Visiblement, Joseph Kabila n’avait pas compris à l’époque que les congolais n’étaient pas  si dupes et que ce choix n’était pas soutenu même par des cadres de son camp politique, qui se considèrent comme des sociétaires de leur entreprise politique et non comme des collaborateurs.

2. Ne pas être allé jusqu’au bout de sa logique

Après la désignation d’Emmanuel Ramazani Shadari comme candidat du Parti au pouvoir, d’aucuns pensaient que sa victoire était acquise. L’intéressé ne se doutait lui-même de rien. Ses soutiens aussi. Ses filles commencèrent même à être courtisées par des opportunistes Kinois, question d’être beau-fils du Président! L’une d’entre elles s’est mise en vedette en servant à son pèrn ver d’eau lors de la présentation du programme de ce dernier devant les sociétaires du FCC au Pullman Hôtel. La population congolaise dans son écrasante majorité n’était pas en reste, même si jusque dans la famille biologique de l’heureux dauphin, on était sûr que la victoire de Shadari allait être le résultat d’un holdup  électoral, au regard du personnage.

Plutôt que de faire un forcing pour faire triompher son dauphin, Joseph Kabila, visiblement intimidé, lui qui était présenté comme n’ayant peur de rien, pour avoir passé une partie de sa jeunesse dans les maquis comme rebelle aux côtés de son père, a fini par accepter seulement d’avoir «une majorité de plus de 350 Députés à l’Assemblée nationale » et le contrôle de toutes les assemblée provinciales. Quelque chose se serait-t-il passée si ERS était proclamé ? Non.

Dommage que là encore, le Sénateur à vie, connu pour son courage, a manqué d’être jusqu’auboutiste, ayant été timoré par des rumeurs qui faisaient état de la présence supposée des marines américaines sur les côtes de l’Océan Atlantique prêtes à intervenir en RDC en cas de répression des manifestations.   A ce sujet justement, point n’est besoin de rappeler que les occidentaux interviennent difficilement lors des conflits post électoraux en Afrique, s’il n’y a pas un soulèvement à l’interne de plus d’une semaine de manière permanente. « Il pouvait faire un forcing pour son candidat avant que ce dernier, une fois installé, convoque un dialogue national pour le partage du pouvoir auquel les congolais sont habitués », analyse avec recul un ancien conseiller de Joseph Kabila.

Avec le recul, même des Kabilistes purs reconnaissent aujourd’hui qu’à l’instar de Martin Fayulu, qui continue à revendiquer « la vérité des urnes » sans poser des véritables actions populaires susceptibles de donner lieu à une révolution populaire, et de l’UDPS, qui a contesté à deux reprises les résultats électoraux en RDC, le ciel ne tomberait pas sur la RDC si Shadari avait été proclamé vainqueur, encore qu’il pouvait réunir les congolais, y compris ses opposants au sein de « l’union sacrée pour la nation ».  

3. Sa lenteur dans le changement de la Coordination du FCC

Dans les deux premiers points, on voit clairement que Joseph Kabila prenait les décisions les plus importantes sans demander l’avis de sa famille politique, à l’exception de quelques-uns de  ses proches collaborateurs. C’est d’ailleurs ce petit groupe de privilégiés auquel faisait partie son ancien Directeur de Cabinet Néhémie Mwilanya, qui s’est octroyé la Coordination du Front Commun pour le Congo. Et, après la déroute de Shadary à la présidentielle, il était temps que la Coordination du FCC démissionne, pour avoir échoué à vendre le produit et la marque ERS à la population congolaise, pour laisser place à une nouvelle équipe.

Cela n’a pas été le cas, les faucons de la Kabilie, notamment Mwilanya, Boshab, Lumanu, Shadary et Minaku continuant à régner sur les chefs des partis et regroupements sociétaires. Pendant ce temps, l’ancienne famille politique au pouvoir accumulait des frustrations.

D’après une source d’Alternance.CD, lors d’une réunion tenue en janvier 2019, Joseph Kabila aurait demandé à son état-major de donner trois noms pour le poste de Président de l’Assemblée nationale. Sans gêne, les faucons auraient proposé les noms d’Aubin Minaku, Néhémie Mwilanya et Evariste Boshab. « C’est quand il s’est rendu compte qu’il n’était pas choisi à l’Assemblée nationales que Boshab a décidé de siéger au Sénat dans l’espoir d’être désigné Président de la Haute Chambre du Parlement », croit savoir notre source.

Où est la place de la jeunesse de cette plateforme (très nombreux sur les réseaux sociaux où ils se contentent de constituer l’armée numérique du Raïs, exceptés quelques-uns ayant été casés au Gouvernement et à la primature) et du genre, dans cette entreprise de KABILA et MWILANYA? Après autant d’années, pouvait-on encore voir Alexis Thambwe , Lambert Mende, José MAKILA, Steve MBIKAYI , Evariste Boshab, Thomas Luhaka, Jean Lucien Bussa et leurs semblables dans les nouvelles institutions et entreprises ?

Cette caporalisation de tous les pouvoir par ce petit groupe a créé un mécontentement au sein du FCC, particulièrement dans les rangs de la jeunesse. Cette dernière, se sentant mise de côté, a craché ses vérités à Joseph Kabila en face lors de l’une des réunions qu’il a présidée à Kingakati l’année dernière au début de son bras de fer avec Félix Tshisekedi.

Bien plus, c’est de la jeunesse qu’est venue la fronde qui a poussé l’Autorité morale du FCC à mettre en place une équipe de crise. Là aussi, personne ne peut prétendre connaitre les critères qui ont motivé le choix de l’ancien Chef de l’Etat sur Raymond Tshibanda et consorts.

4. Avoir fait de Jeanine Mabunda plus militante que Présidente de l’Assemblée nationale

Habitué à surprendre son camp politique, Kabila n’a pas dérogé à sa règle lors de la désignation de Jeanine Mabunda pour briguer le poste de Président du bureau de l’Assemblée nationale. Là n’est pas l’erreur. Mais, la grotesque erreur est au niveau du service après-vente en la poussant à être une militante en lieu et place de jouer le rôle de Présidente l’Assemblée Nationale, un des boucliers institutionnels  du président de la République, qui du reste était jusque-là partenaire du FCC.

On se souvient de l’arrogance avec laquelle celle qui finira par être déchue avait répondu à la menace du Chef de l’Etat de dissoudre l’Assemblée nationale. Dire, par exemple, à un chef d’Etat que « n’est pas juriste, qui veut » relève d’une erreur stratégique.

Même Guillaume Soro, ancien Président de l’Assemblée nationale, bien qu’étant un ancien rebelle en Côte d’ivoire, ne s’est jamais permis de s’adresser au président de la République avec un tel langage ordurier. Bien plus, la Présidente Mabunda aurait géré l’Assemblée nationale comme une épicerie, ne rendant compte à personne, invitant les députés dans sa cour comme ses domestiques venus chercher la gratification de fin d’année.

« Plusieurs députés demandeurs d’audiences et / ou autorisation de prise en charge médicale n’auraient jamais eu gain de cause. La programmation des débats en plénière ne suivait aucune logique parlementaire. Personne ne comprend comment les lois Minaku et Sakata étaient programmées pour les débats en plénière, alors que celles de Ndjoli et Lutundula introduites une année plutôt, moisissaient dans les tiroirs. Même Evariste Boshab, Secrétaire général du PPRD et Minaku, Secrétaire Général de la Majorité Présidentielle ne s’étaient pas permis un tel gangstérisme », regrette M. Thomas, un cadre de l’administration de l’Assemblée nationale.

En tout cas, aussi stratège et préventif qu’il soit, Joseph Kabila ne pouvait pas imaginer que ses erreurs allaient se retourner contre lui un jour. Plus inquiétant, à dix-huit ans passés à la tête de la RDC, l’Autorité morale du FCC n’a pas réussi à « fabriquer » sa propre génération de leaders, se contentant de recourir aux vieux routiniers de la politique dont la majorité se tourne aujourd’hui vers Félix Tshisekedi. Le dernier à avoir rejoint l’Union sacrée s’avère être Lambert Mende, à qui le Raïs avait confié de régner sur le ministère des médias et la province du Sankuru 18 ans durant !

Combien de collaborateurs JKK avait-il réellement besoin pour changer le Congo ? 1, 2, 3, 4 et c’est tout !

Joseph kabila n’avait pas écouté son cœur !

ALT.

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