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Démission de Matata Ponyo : Le PPRD se ridiculise davantage

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La double démission du Premier ministre honoraire Augustin Matata Ponyo du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et du Front Commun pour le Congo(FCC) est une pullule amère à avaler pour la Kabilie. A peine annoncée, elle a créé un tollé généralisé au sein de la classe politique congolaise.

Alors que des interrogations fusent de partout sur la nouvelle orientation politique que va se donner le désormais ex membre du camp de Joseph Kabila, le PPRD s’est ridiculisé en tirant à boulet rouge sur lui. Sans vergogne, ce parti politique en perte de vitesse, qui se délite de plus en plus, a prétendu que Matata Ponyo n’en était plus membre effectif depuis 2018. Quel mensonge!

La famille politique de l’ancien Chef de l’Etat est rattrapée par ses innombrables erreurs. Alors que l’ex-Raïs s’est retranché dans le Haut-Katanga où il se la coule douce, c’est la guerre fratricide dans son parti politique. N’ayant plus rien à proposer pour contrer le Président de la République, Félix Tshisekedi dans ses victoires écrasantes, le PPRD croyait avoir trouvé en la personne de Matata, une cible facile. Quelle erreur!

En annonçant officiellement sa démission du PPRD et du FCC, l’ancien Premier ministre recouvre totalement son indépendance d’esprit et sa liberté de pensée, longtemps étouffées par ses pairs. En effet, depuis ce vendredi 12 mars 2021, Matata Ponyo a littéralement quitté les « eaux infestées des crocodiles » dans lesquelles il nageait. Visiblement, certains de ces crocodiles digèrent mal son départ et ont lancé ce qui pourrait être leur assaut de dernière chance.

Ainsi, quelques heures après l’annonce de sa démission, le PPRD a publié un communiqué qui en dit long sur la nature de relations qui le liaient au Sénateur du Maniema. « Le PPRD informe l’opinion que le Sénateur A. MATATA PONYO a quitté le parti depuis décembre 2018 après son départ du gouvernement. En 2018, il a créé son propre parti ATIC et avait aligné des candidats sur l’ensemble du pays pour ne récolter que 3 députés malgré les moyens mis en jeu », a tweeté le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie sur son compte officiel.

Comme si cela n’a pas été suffisant, l’ancien parti présidentiel a vidé son sac en ajoutant, dans un autre tweet, que « le Camarade Augustin Matata n’a jamais participé à aucune réunion statutaire du PPRD » et que « sa soit disante démission sans respecter la procédure est non seulement une diversion mais aussi un non-événement ».

Le chien aboie, la caravane passe

Ces messages venant d’un parti politique qui a dirigé le pays durant plus d’une décennie traduisent le degré de méchanceté et de la médiocrité qui caractérisent son Secrétariat Permanent. Sinon, comment peut-on affirmer que Matata Ponyo a quitté le PPRD en 2018 alors que c’est sur les listes de ce parti qu’il a été élu Député national dans la ville de Kindu aux législatives organisées l’avant dernier jour de l’année 2018, c’est-à-dire le 30 décembre.

S’il faut donner du crédit à cette prétention, c’est dire qu’il a été élu Député national sur les listes d’un parti politique dont il a cessé d’être membre au moment de l’élection ? A cette question, seul l’auteur de ce tweet à faire rire même les singes peut répondre.

D’un mensonge à un autre, le PPRD prétend que l’ATIC, (Alliance pour la Transformation Intégrale du Congo) est un parti politique alors qu’il s’agit plutôt d’un regroupement politique régulièrement enregistré au ministère de l’intérieur et inscrit comme tel à l’Assemblée nationale où elle a douze sièges et non 3 comme l’affirme la déclaration précitée. Là aussi, point n’est besoin d’être intellectuel pour comprendre que le Secrétariat Permanent du PPRD a menti sur toute la ligne. Et quand on sait que le Secrétaire Permanent de ce parti est un ancien ministre de l’Intérieur, on a de raisons de se demander comment la RDC était-elle gérée à l’époque.

D’ailleurs, selon des analystes politiques à l’instar de Didier Mwange, le PPRD est à la base de la descente aux enfers de Joseph Kabila et de son FCC. Pour cause, ce sont les faucons de ce parti qui auraient été à la base des « humiliations » dont s’est dit victime le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, et qui l’ont poussé à mettre fin à la coalition FCC-CACH.

S’agissant du bilan de la gestion du pays, Didier Mwange pose la question de savoir si le PPRD a un autre bilan à présenter en dehors de celui de Matata Ponyo, marqué notamment par la stabilité du cadre macroéconomique.

Par ailleurs, la plus grosse erreur des faucons du PPRD aura été le fait d’avoir découragé l’ancien Président de la République à jeter le dévolu sur Matata Ponyo pour être son dauphin à la présidentielle de 2018, au moment où « l’homme à la cravate rouge » avait toutes les cartes entre ses mains pour le représenter valablement et l’épargner des humiliations qu’il subit actuellement.

Jaloux, haineux et peu soucieux de l’avenir et du bien-être de la population congolaise, les « crocodiles » qui infestaient les eaux du FCC et du PPRD ont joué et perdu en 2018, leur champion se contentant d’une humiliante troisième place, en dépit de moyens humains, logistiques et financiers mis à sa disposition pour sa campagne.

La suite de l’histoire est connue de tous : plus rien ne sourit au PPRD depuis plusieurs mois. Plus grave, le Secrétaire Permanent est devenu la bête noire de la jeunesse de son propre parti, même de ceux appartenant à d’autres regroupements politiques. Dieu est juste!

Dans ce contexte, la démission fracassante de Matata Ponyo ne peut que lui faire mal. Heureusement que les français ont inventé une expression qui peut bien s’appliquer à cette situation : le chien aboie, la caravane passe.

RD44

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