Home Politique Après 20 ans de prison dans le procès Laurent-Désiré Kabila : Nono Lutula exige d’être rétabli dans ses droits

Après 20 ans de prison dans le procès Laurent-Désiré Kabila : Nono Lutula exige d’être rétabli dans ses droits

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L’ancien Conseiller Spécial du Chef de l’État en matière de Sécurité sous Laurent-Désiré Kabila, Constantin Nono Lutula savoure sa liberté après avoir bénéficié de la grâce présidentielle. Il a adressé une lettre ouverte au Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo pour lui exprimer sa gratitude.

Dans sa lettre qu’il a rendu publique ce samedi 20 mars 2021 lors d’un point de presse tenu au siège de l’Ong Les Amis de Nelson Mandela pour la Défense des Droits de l’Homme(ANMDH), il a fait des révélations inédites de déroulement du procès sur l’assassinat, au Palais de Marbre, de Laurent Désiré Kabila, le 16 janvier 2001.

Condamné à mort par la Cour d’Ordre Militaire(COM), un tribunal d’exception, Constantin Nono Lutula a passé près de 20 ans à l’ex-prison centrale de Makala dans le couloir de la mort. Ce, en dépit de la Loi n°05/023 du 19 décembre 2005 portant amnistie pour faits de guerre, infractions politiques et d’opinion adoptée au Parlement de transition.

Bien que bénéficiaire de la grâce présidentielle décidée par l’Ordonnance n°20/150 du 30 décembre 2020 portant mesure collective de grâce et libéré le 8 janvier 2021, l’ancien Conseiller Spécial du Chef de l’État en matière de sécurité clame toujours son innocence et ne réalise toujours pas comment le droit de vie lui avait été dénié par un groupe de personnes.
Dans sa lettre ouverte au Chef de l’État, il note que parmi les 135 congolais qui avaient été inculpés dans l’affaire de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila, la plupart ne se connaissaient pas.

Il révèle qu’alors qu’ils étaient encore en détention provisoire, les domiciles de certains accusés ont été visités par des officiers de renseignements militaires qui n’étaient munis d’aucun mandat judiciaires. « Certains ont même vu leurs biens meubles et immeubles confisqués. Ce fut mon cas. Ma maison sise au n°A/35 Avenue Kabambare, Commune de Barumbu encore occupée par un Colonel retraité et un Lieutenant actif qui y furent placés par le feu colonel Charles Alamba alors ministère public, ainsi que ma voiture Mercedes 230 furent confisquées jusqu’à ce jour », regrette-t-il.

Un procès politique

Entrant dans le fond du dossier, Nono Lutula parle d’une procédure bâclée. Il fait savoir qu’à part Georges Leta Mangasa, le feu Général de Brigade Jean Nawej, le Colonel Eddy Kapend, le Colonel Alphonse Mutindo et Madame Nelly Twite qu’il côtoyait à la présidence de la République, il ne connaissait pas tous les autres inculpés. Il se pose logiquement la question de savoir comment peut-on comploter contre l’institution suprême du pays sans qu’on se soit préalablement concertes les uns les autres?

« Au surplus, le magistrat militaire, feu lieutenant-colonel Tshino Pukuta devant lequel j’ai comparu ne m’a jamais notifié mon inculpation, base du contrat judiciaire… Je n’ai donc pas été en mesure de réfuter les accusations fantaisistes de la COM, la réfutation globale de la thèse de cette juridiction d’exception prohibée par tous les instruments juridique tant internes qu’externes n’a pas été possible alors qu’il apparaît plus facile d’accuser que de défendre », a expliqué Nono Lutula au Président de la République.

A l’en croire, c’est pour toutes ces irrégularités et tant d’autres que le Secrétariat de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples a introduit une requête au Président de la République demandant la suspension de l’exécution des sentences prononcées dans l’attente de l’examen des plaintes des victimes.
« Il est indiscutable que l’État congolais a violé de nombreuses dispositions tant du droit international que du droit interne et malgré des multiples opportunités lui offertes par la Commission des Droits de l’Homme pour répondre à nos plaintes », a affirmé Nono Lutula dans sa missive adressée à Félix Tshisekedi.
Il y a aussi fait mention de la mort en détention, de dix de ses coaccusés.
« S »agissant, en l’espèce de la responsabilité de l’ État en raison du fonctionnement défectueux du service public de la justice, la puissance publique est tenue de réparer l’ensemble des préjudices subis à cause d’une longue séquestration comme otage de l’ancien régime, à savoir: préjudice moral résultat de la perturbation de la vie sociale, familiale, processionnelle, ainsi que les souffrances de toutes sortes(préjudice d’agrément, de jouissance, de déception et d’affection), préjudice matériel, confiscation de la maison, de mon véhicule Mercedes Benz et autres biens matériels », exige l’ancien Conseiller Spécial du Chef de l’État en matière de sécurité.

En clair, Constantin Nono Lutula demande au Président de la République de s’impliquer pour qu’il soit rétabli dans ses droits et dit s’en tenir à la disposition de la République à toutes fins utiles.

Junior Lomanga

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