Home Politique Outre le sulfureux Willy Bakonga, d’autres ministres sortants espèrent désespérément recouvrer les immunités parlementaires

Outre le sulfureux Willy Bakonga, d’autres ministres sortants espèrent désespérément recouvrer les immunités parlementaires

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Les congolais n’en n’ont pas fini de découvrir l’ampleur de la monstruosité de leur ministre sortant de l’enseignement primaire, secondaire et technique, Willy Bakonga.

Alors que la nouvelle de son arrestation à l’aéroport de Brazzaville, mercredi 21 avril 2021 avec 2 millions USD selon l’ACAJ, est encore fraiche, il a encore fait parler de lui en mal. Ce jeudi, le Président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo a lu publiquement la lettre qu’il lui a adressée le 17 avril dernier pour solliciter formellement sa réintégration.

Un prétendu innocent fugitif qui en plus, a été surpris avec de millions de dollars alors qu’il est accusé d’avoir détourné des millions de dollars, seul Willy Bakonga peut bien expliquer ce qu’il lui arrive.
En attendant son extradition au pays où il risque d’être jugé en procédure de flagrance, le Ministre sortant de l’EPST doit rugir de colère envers son propre jeune frère biologique, Reagan Bakonga Bilanga, à qui il avait cédé son siège de sénateur. Pour cause, ce dernier a pris la parole à la plénière pour refuser catégoriquement de reconnaitre l’authenticité de sa lettre.

Sachant que le nouveau gouvernement n’est pas encore investi, d’aucuns comprennent facilement qu’il y a aiguille sous roche derrière l’empressement avec lequel Willy Bakonga, ministre du gouvernement sortant qui expédie les affaires courantes jusqu’à l’installation du nouveau gouvernement, a demandé sa réintégration au Sénat. L’objectif visé paraît évident : recouvrer ses immunités parlementaires afin de retarder la procédure des poursuites judiciaires à son encontre. Malheureusement pour le propriétaire des écoles Le Sévigné, sa fuite et son arrestation en République du Congo ont accéléré ses ennuis judiciaires.

Ayant une longueur d’avance sur les événements, Alternance.CD a prédit certains événements dans un article publié le 16 avril dernier, la veille du dépôt de la lettre du sulfureux ministre sortant de l’EPST au Sénat. Nous le republions pour vous.

RDC: Ces ministres sortants qui ont désespérément besoin d’immunités parlementaires

La publication d’un nouveau gouvernement a toujours été un moment de tristesse pour la plupart des membres du gouvernement sortant. En République Démocratique du Congo, la publication du gouvernement de l’Union sacrée de la Nation était l’une des dernières choses que certains ministres voulaient entendre. Ceux d’entre eux qui se seraient salis les mains voient s’approcher l’heure de répondre aux accusations portées contre eux devant les instances judiciaires.
Les chrétiens parlent du « dernier jour », c’est-à-dire le jour où chaque humain sera jugé pour ce qu’il a fait durant son existence. Pour certains membres du gouvernement sortant, qu’ils soient chrétiens ou non, « le jour du jugement » a sonné. On se souvient des affaires de détournement de millions de dollars dans lesquelles certains ministres étaient cités.

Les plus tristement célèbres dans cette liste noire sont évidemment Willy Bakonga de l’EPST, John Ntumba de la Formation Professionnelle et récemment, Acacias Bandubola de l’Economie nationale.
On peut aller plus loin avec Eteni Longondo de la Santé et Jean Baudouin Mayo du Budget. Tous sont, précisons-le, sont réputés innocents mais ils pourront un jour être appelés à se présenter devant les magistrats.

Pour y échapper, du moins pendant quelques mois, ils ont impérativement besoin d’immunités parlementaires, pour ceux qui ont des sièges de députés ou sénateurs à reprendre.
Malheureusement, l’appareil judiciaire semble fonctionner plus rapidement que l’appareil parlementaire.

Ainsi, le Ministre sortant de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Willy Bakonga, sera le premier à s’expliquer devant la justice. Déjà, il est invité à comparaître sur des faits lui imputés, ce vendredi 16 avril 2021 au Parquet général près la Cour de cassation à 12h45.
Le patron sortant de l’EPST est convoqué environ deux semaines après la fin du procès sur la gestion des fonds alloués à son ministère notamment pour la paie des enseignants et les frais de fonctionnement. Dans le cadre de ce procès, deux de ses proches collaborateurs dont l’Inspecteur Général ont écopé chacun de 20 ans de servitude pénale.

C’est la conséquence d’un rapport accablant de l’Inspection Générale des Finances (IGF) sur la gestion des fonds alloués à la gratuité de l’enseignement de base. D’autres rapports publiés par la suite, notamment celui concernant les écoles fonctionnant avec des faux arrêtés ne sont pas de nature à susciter l’optimisme dans le chef de Willy Bakonga et de ses proches. Logiquement, il aimerait rapidement reprendre son siège de Sénateur.

John Ntumba fait de la résistance

L’équation est aussi complexe pour John Ntumba, ministre sortant de la formation professionnelle. Soupçonné de détournement des fonds des travaux du programme de 100 jours dans la province du Kasaï Central, ce membre de l’Union pour la Nation Congolaise(UNC) aurait été à deux doigts de rejoindre son leader, Vital Kamerhe à l’ex-prison centrale de Makala.

A la demande du PGR de la Cour de Cassation, la plénière de l’Assemblée nationale avait voté, le 20 mai 2020, pour l’autorisation des poursuites judiciaires contre celui qui était superviseur du programme des 100 jours du Chef de l’Etat dans la province du Kasaï Central.

Il y a eu tout ce qu’il y a eu et John Ntumba est (encore) en liberté. Malheureusement, et c’est à ce niveau que ça devient énervant, alors que le dossier n’a pas été classé, ce qui signifie qu’il est toujours possible qu’il soit un jour poursuivi pour le présumé détournement d’environ 1,3 million USD, ce ministre sortant aurait entrepris des démarches pour se faire nommer Directeur de Cabinet du Ministre d’Etat au Budget, son collègue UNC Aimé Boji. Regrettable.

Les deux autres ministres sortants de cette liste noire non exhaustive, Baudouin Mayo du Budget et Acacias Bandubola de l’économie n’ont pas encore été convoqués par la justice. Mais à en croire plusieurs sources judiciaires concordantes, ils pourront se retrouver « incessamment à la barre ».

Si l’ancien SG de l’UNC a un siège de député national à récupérer, la ministre sortante de l’économie n’a qu’un seul choix pour échapper à d’éventuelles poursuites judiciaires : quitter le pays et regagner l’Europe pour bouffer ses revenus.

Au sujet d’Eteni Longondo, Ministre sortant de la Santé, Alternance.CD apprend que son dossier aurait été gelé par le parti présidentiel, l’UDPS, « mais pas pour toujours étant donné la détermination du Chef de l’Etat à combattre les antivaleurs d’où qu’elles viennent ».

ALTERNANCE.CD

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