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Le Parlement Panafricain, une institution à perte de crédibilité(Tribune de Jean-Pierre Alumba)

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Le Parlement Panafricain a tenu sa 4ième session Ordinaire du 21 mai jusqu’à la date de la suspension, le 1er juin 2021 par son Secrétaire Général à cause des scènes de désordres auxquelles tout le continent a assisté. Cette Session est suspendue jusqu’à nouvel ordre à cause des troubles et désordres orchestrés par des délégués du bloc du Sud contre ceux de l’Est. Ces divisions régionales restent profondes. La délégation de l’Afrique Australe a publié une déclaration condamnant ce qu’elle a appelé une « tentative effrontée» des caucus de l’Est et de l’Ouest pour saper l’unité du PAP.
Ils ont accusé ces caucus de profiter des avantages financiers qui accompagnent la direction du bureau du PAP. « Les deux caucus ont utilisé leur majorité au parlement continental pour s’assurer que seuls leurs candidats occupent la présidence et quand vient le temps de rendre des comptes, ils utilisent la même majorité pour les empêcher de rendre compte de la façon dont ils ont dépensé les fonds du PAP », a déclaré l’ancien combattant de l’ANC et chef de la délégation sud-africaine, Amos Masondo.

Les Sud-Africains ont refusé de procéder au vote à moins que les autres délégués acceptent une présidence rotative. Ce qui est conforme aux propres principes de l’Union africaine pour les autres organes. Le caucus du sud présente l’actuel président intérimaire du PAP, le chef Fortune Charumbira du Zimbabwe, en tant que leur candidat à la Présidence du bureau de cette institution continentale.

Mais le bloc de l’Ouest et de l’Est ont l’intention de faire passer le vote conformément aux principes et regulattions de cette institution. La délégation malienne, qui présente Haidara Aichata Cissé comme candidate préférée pour le caucus occidental, accuse la délégation sud-africaine d’utiliser son avantage sur le terrain pour intimider les délégués étrangers.

La semaine dernière, Julius Malema aurait menacé de tuer un membre de la délégation malienne.

Lundi, Julius Malema a déclaré à SABC ( la chaîne Nationale Sud Africaine), que lui et Ali Koné du Mali avaient fumé un calumet de la paix, mais a ajouté que la vidéo devenue virale n’avait pas permis de voir la menace que Koné avait lancée contre lui.
« C’était une réaction. Quand une personne me dit que je vais te tuer, je ne peux pas lui donner de roses », a déclaré Malema.

Le caucus Est-africain soutient Albino Mathom Ayuel Aboug du Soudan du Sud comme candidat à la présidentielle.

Bien que le PAP n’ait pas la capacité de faire des lois, il est censé promulguer les règlements de l’Union Africaine dans chaque pays membre. Cependant, depuis sa création en 2004, l’institution a eu du mal à affirmer sa pertinence en tant qu’organe de l’UA.

Connaissant cette institution pour avoir participé à ces deux sessions précédentes, je crois que les scènes dramatiques de cette semaine sont peut-être devenues virales, mais elles n’ont pas fait grand-chose pour améliorer la crédibilité d’une institution déjà « fragile ». Je ne l’ai jamais vu dégénérer en public comme ça. Je ne pense pas que ce soit une très bonne image pour une institution qui a du mal à maintenir sa pertinence.

Les images des parlementaires bien habillés en échauffourées peuvent devenir virales, mais elles soulèvent également des questions parmi les contribuables Africains qui paient la facture des déplacements de ces délégués, des allocations et d’autres dépenses au cours de ces sessions.

«Les scènes de violence choquantes au Parlement panafricain ternissent l’image de cette honorable institution », a tweeté le Président de la Commission de l’Union Africaine Mouusa Faki Mahamat. « J’appelle tous les parlementaires à retrouver leur sang-froid et à se conformer aux règles et procédures de l’institution », a-t-il ajouté.

Cette session de l’AP a débuté le 21 mai et devrait s’achever le 4 juin, avec l’élection d’un nouveau bureau, l’un de ses principaux objectifs de cette session dirigée par un comité Ad Hoc présidée par l’Honorable Jaynet Kabila, députée de la RDC et déléguée au PAP.

J’estime que l’UA, par le Président de sa commission, Mr. Moussa Faki et son Président, Son Excellence Monsieur Felix Tshisekedi, doivent organiser des rencontres les leaders de chaque bloc afin des éclaircissements sur les règles et procédures du renouvellement du bureau de PAP et convenir avec eux sur une date probable pour convoquer une Session suite pour finaliser les objectifs de cette 4ième Session, entre autres, l’élection du nouveau bureau du PAP. Soit, un compromis doit-être trouvé pour que le candidat de la SADC puisse être élu comme President étant donné que depuis son établissement en 2004 jusqu’aujourd’hui, la SADC n’a jamais sorti un président étant donné que la minorité est Constituée par des pays Anglophone pendant que le continent a plus des pays Francophones.

Les élections comme mode de décision, favoriseraient toujours ceux qui sont majoritaires et étant donné qu’on ne change pas des règles au milieu d’un match, il y a nécessité d’un compromis.

Jean-Pierre ALUMBA LUKAMBA

Directeur Exécutif International de la Diaspora Africaine pour le Développement (ADD)

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