Home Politique Crise institutionnelle au Sankuru: Le VPM Daniel Aselo entre le marteau et l’enclume

Crise institutionnelle au Sankuru: Le VPM Daniel Aselo entre le marteau et l’enclume

13 min read
0
0

L’autorité du Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Daniel Aselo est mise à rude épreuve. Son prédécesseur ayant été traité de léger pour avoir notamment bradé son pouvoir contre des dîmes venant des provinces, entendre par là une sorte de corruption institutionnalisée, ses faits et gestes sont scrupuleusement scrutés surtout en ce qui concerne la gestion de la crise institutionnelle dans la province du Sankuru. Originaire de la contrée, Daniel Aselo est partagé entre les exigences que lui imposent ses fonctions et d’autres considérations politiques et surtout les dividendes économiques. Mais d’ores et déjà, son impartialité commence à être mise à doute. Explication.

Alors que les députés nationaux et sénateurs du Sankuru sont prêts à rencontrer même le diable pour chercher une issue à la crise qui prévaut dans leur province, le Gouverneur Joseph Mukumadi semble s’en foutre de leurs efforts.

Après un long séjour à Kinshasa où il a officiellement été invité avec le Président de l’Assemblée provinciale Benoît Olamba, administrativement neutralisé et le Président du Bureau d’âge, l’homme s’est envolé pour la France, pays dont il était accusé de détenir la nationalité.

Dans les réseaux sociaux, des rumeurs vont dans tous les sens. Si certains parlent d’une fuite, d’autres évoquent un voyage d’affaire.

Des informations parvenues à alternance.cd renseignent que Joseph Stéphane Mukumadi a quitté Kinshasa via Beach Ngobila, « accompagné des éléments de la police dont certains sont identifiés comme faisant partie de l’escorte du VPM Daniel Aselo ».

En clair, explique-t-on à votre média en ligne, au-delà de tout ce que l’on a entendu ces derniers jours, le Vice-premier ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières est coincé entre la position de la hiérarchie de l’UDPS et de la famille présidentielle que l’on dit soutenir toujours Mukumadi et la pression des députés nationaux et sénateurs du Sankuru qui se battent bec et ongles pour décanter la crise qui a duré deux ans. (Lire l’article La « dîme » des gouverneurs : Un piège pour le VPM Daniel Aselo )

Ces chiffres qui énervent

Le Gouv’ J.S.Mukumadi avec le SG de l’UDPS Augustin Kabuya

Silencieux depuis son élection en juillet 2019, le Vice-gouverneur du Sankuru a mis fin à son mutisme, en date du 28 mai 2021, en adressant une correspondance assassine au Président de la République. Paul Tchyabilo Nckoto a résumé, dans un rapport synthétisé de 6 pages, la gestion de la province du Sankuru par son titulaire.

A la lecture de ce rapport, on peut lui donner raison de son refus de « garder silence éternellement tout en étant conscient de ce qui se passe » au risque de se rendre coupable devant la population et devant Dieu.

Le problématique Président de l’Assemblée provinciale du Sankuru, Benoît Olamba

Le Vice-gouverneur du Sankuru qui a aussi des liens de parenté avec le Gouverneur, a tenu à faire savoir en substance au Chef de l’État que profitant de la crise qui l’oppose à l’Assemblée provinciale, Joseph Stéphane Mukumadi gère le Sankuru comme sa propriété, c’est-à-dire sans respect d’aucun principe de bonne gestion et d’orthodoxie financière.

Il a révélé à l’attention du Président de la République, notamment que le Gouverneur du Sankuru n’a jamais passé un mois entier dans la province, a dédoublé les services de son cabinet faisant de son cousin Guelor Pongo un cabinet parallèle mobile avec un sceau du gouvernorat au détriment du cabinet figurant basé à Lusambo.

Conséquence d’après le Vice-gouverneur du Sankuru : plus de 1700 correspondances moisissent à ce jour dans les tiroirs du gouvernorat faute du sceau pour les estampiller, aucune réunion ni avec les services du gouvernorat ni avec lui n’a été tenue et plus grave, la gestion des finances est totalement opaque.

IGF où es-tu?

Pour illustrer ses affirmations, Paul Tchyabilo affirme que c’est à peine 10 à 15% seulement des recettes de la province qui sont retraçables dans le compte de la province dont le Gouverneur est le seul détenteur de la signature.

Paul Tchyabilo est allé plus loin en indiquant que certaines perceptions sur les taxes sont directement versées sur le compte mobile money du Gouverneur Joseph Stéphane Mukumadi et que seuls environ 15% seulement des frais de fonctionnement arrivent au cabinet, le tout requérant l’autorisation du cousin du gouverneur, Guelor Pongo, présenté tantôt comme son secrétaire particulier, tantôt comme son assistant.

Bien avant la lettre du vice-gouverneur au Chef de l’État, certains conseillers du Gouverneur, notamment ceux en charge des questions judiciaires et financières ont démissionné. Si le premier n’a pas voulu étaler les bêtises de son ex chef à la place publique, le second a lâché une bombe en écrivant ce qui suit dans sa lettre de démission : « Les correspondances adressées à la province finissent à loger dans le bazar des coffres de voitures de votre cousin, hyper puissant (nouveau riche) et ou de vos beaux frères, et qui malheureusement n’obtiennent aucun examen approprié et ou réponse épistolaires, au détriment des notions basiques de l’administration, forcément méconnues de vous, et surtout sapant l’image de la province pourtant réservoir des intellectuels ».

Deux semaines après les révélations du Vice-gouverneur du Sankuru sur l’affairisme érigé en mode de gestion à la tête de cette province, force est de constater que ni la Cité de l’Union Africaine, ni la Vice-primature de l’intérieur n’a réagi.

Même la toute puissante Inspection Générale des Finances (IGF) ne trouve rien d’intéressant dans ce qui se passe dans la province natale de Patrice Emery Lumumba.

Au contraire, en dépit de ces révélations accablantes sur sa gestion, le Gouverneur Joseph Stéphane Mukumadi continue à bénéficier du soutient de la hiérarchie.

Ce qui pousse certains Sankurois à déduire que soit Félix Tshisekedi n’aime pas le Sankuru, soit il trouverait ses comptes dans la crise institutionnelle actuelle qui fait de cette province la plus instable et l’une des plus pauvres du pays.

RD44

Dans la même catégorie

Sankuru : Joseph Mukumadi et Benoît Olamba refusent de sortir de la poubelle!

Sankuru: Kitenge Yezu arrache un compromis pour la résolution de la crise entre l’exécutif et l’Assemblée provinciale