Home Politique Instrumentalisation de la justice pour l’exclusion de ses concurrents: La CENCO brandit un carton jaune à Félix Tshisekedi

Instrumentalisation de la justice pour l’exclusion de ses concurrents: La CENCO brandit un carton jaune à Félix Tshisekedi

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S’il espérait se choisir lui-même ses adversaires pour les prochaines élections, en instrumentalisant la justice pour écarter les plus redoutables, le Chef de l’État Félix Tshisekedi rencontrera l’église catholique sur son chemin. Déjà, un premier avertissement dans ce sens lui a été donné poliment, ce lundi 21 juin 2021.

Dans le message publié à l’issue de leur 58 ème assemblée plénière, les cardinaux, archevêques, évêques et administrateur apostolique, membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont fustigé l’instrumentalisation de la justice par le politique.

L’histoire étant un perpétuel recommencement, la République Démocratique du Congo commence petit à petit à être rattrapée par ses vieux démons de l’exclusion politique qui semble être enracinée dans l’ADN de ses dirigeants.

Quelques affaires judiciaires et politiques qui ont pollué l’atmosphère politique ces derniers mois illustrent bien cet état de chose. C’est le cas notamment du procès 100 jours, qui a vu le camp de Vital Kamerhe, condamné en appel à 13 ans de prison, dénoncer ce qu’il présente comme l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir pour écarter le leader de l’UNC de la course à la présidentielle de 2023.

Il y a eu aussi l’affaire de la congolité, qui vise principalement Moïse Katumbi, un allié du pouvoir d’aujourd’hui mais un adversaire de demain.

On peut également citer le dossier Matata Ponyo, un autre potentiel concurrent politique de taille, qui a permis aux congolais de voir l’Institution Président de la République briser la frontière qui la sépare des autres institutions, en donnant des instructions aux membres du Parlement pourtant indépendants d’elle.
Plus grave, le Chef de l’État s’en est publiquement violemment pris aux Sénateurs lors de sa conférence de presse à Bunia, tout simplement parce que ces derniers ont fait leur travail, en rejetant le réquisitoire du Procureur général près la Cour Constitutionnelle demandant la levée des immunités de deux de leurs collègues.

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La justice, un pilier de l’État de droit

Sans mentionner ces affaires, la CENCO déplore l’utilisation de la justice pour des règlements de comptes politiques. « La justice est un des piliers d’un Etat de droit; elle grandit une nation. Par contre, dans notre pays, elle continue à être mal rendue, gangrénée par la corruption et instrumentalisée par le politique. Pour beaucoup de nos compatriotes, l’appareil judiciaire est perçu comme une officine de combines, un espace de règlement des comptes et de cautionnement des injustices », regrette-t-elle.

Sans détour, les prélats catholiques constatent que la corruption semble être le principal moyen pour gagner un procès en RDC. « Par ailleurs, le droit cède la place au clientélisme, au régionalisme, au tribalisme et au népotisme. La cohésion nationale est ainsi mise à mal, particulièrement quand la justice est exploitée pour écarter les concurrents politiques », ont renchérit les princes de l’église catholique.

Dans ce message intitulé « soyons unis», la CENCO fustige aussi « la politisation de la CENI avec la prédominance de la nouvelle majorité au pouvoir, adoptée ai parlement » et soutient que la crédibilité du processus électoral n’est pas garantie.
« Cependant, nous constatons que cette unité est de plus en plus menacée par les antivaleurs telles que le népotisme, le tribalisme, le régionalisme, le clientélisme, l’exclusion des adversaires politiques, des pratiques et des discours qui fragilisent les liens sociaux », a-t-elle martelé.

Et d’estimer que « cet état de choses brise le rêve commun et compromet la cohésion nationale sur plusieurs plans qui deviennent de véritables défis ».

Rééquilibrer les dépenses des institutions

Les Cardinaux, Archevêques, Évêques et Administrateur Apostolique, membres de la conférence épiscopale nationale du Congo rappellent que la population a bien accueilli la fin de la coalition FCC-CACH et l’avènement du nouveau gouvernement. Ils font remarquer que malheureusement, le budget national privilégie les institutions politiques au détriment du bien-être de la population.

Lire à ce sujet l’article Don de 500 jeeps aux députés : Félix Tshisekedi offre des « armes » à ses adversaires

La CENCO note avec regret, qu’en dépit de la hausse des réserves de change au niveau de la Banque centrale et des initiatives prises dans les différents ministères, la majorité de la population congolaise continue à faire face à l’extrême pauvreté. Ce, alors que «curieusement, à côté d’elle, il y a encore et toujours une poignée de compatriotes qui s’enrichit de façon scandaleuse et sans cause ».

Pour remédier à cette injustice, qui ne fait que renforcer les inégalités sociales, les prélats catholiques invitent le gouvernement à « rééquilibrer les dépenses des institutions proportionnellement aux besoins de la population ».

RD44

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