Home Politique Recensement général de la population : Cette fois-ci ça va vite et c’est calme!

Recensement général de la population : Cette fois-ci ça va vite et c’est calme!

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Trois jours seulement après la dixième réunion du Conseil des ministres au cours de laquelle le Premier ministre Jean Michel Lukonde a rappelé que l’organisation d’un recensement général de la population fait partie des priorités majeures du gouvernement, les lignes commencent à bouger. Ce lundi 05 juillet 2021, le chef du gouvernement a présidé une réunion interministérielle à l’issue laquelle il a été annoncé la mise en place d’une commission gouvernementale chargée de statuer sur le recensement. Curieusement, cette question qui a toujours été considérée comme sensible et entraîné des réactions dans tous les sens à chaque fois qu’elle est évoquée, ne semble plus intéresser grand monde.

Un délai de 10 jours a été accordé à la commission interministérielle mise en place, pour identifier les besoins en vue de présenter un cahier des charges au gouvernement.

« Tout le monde le sait, d’ici 2023 le pays devra organiser les élections nationales. C’est pour cette raison principalement que Son Excellence Monsieur le Premier Ministre a bien voulu nous inviter ce jour pour qu’ensemble les ministères concernés et les services rattachés à ces ministères là de manière à nous permettre de voir ce que nous devons commencer à faire. Donc il y a toute une voie à suivre et pour cette fin là, une commission venait d’être mise en place de manière à ce que d’ici 10 jours un cahier des charges soit soumis au Premier Ministre, donc au gouvernement pour que le pays soit informé sur ce que nous devons faire d’ici là pour les élections », a déclaré le Vice-premier ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Daniel Aselo. Ont également participé à cette réunion, le ministre d’État au Plan Christian Mwando, le ministre des Finances Nicolas Kazadi et le ministre du Numérique Eberande Kolongele.

La déclaration du VPM de l’Intérieur corrobore à la virgule près à la communication du Premier ministre lors de la dixième réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 02 juillet dernier. Jean-Michel Sama Lukonde avait pris le soin de préciser que l’organisation d’un recensement général de la population fait partie des priorités majeures du gouvernement « pour permettre au congolais de disposer d’une carte d’identité et l’organisation des élections à bonne date ».

Un sujet de discorde

Lire l’article Recensement de la population : Entre spéculations et manipulation, voici la vérité

Le 24 avril dernier, la question du recensement a été évoquée par le Président de la République lors de sa causerie avec les parlementaires et d’autres cadres de l’Union sacrée de la Nation à la Cité de l’Union Africaine.

Félix Tshisekedi avait souligné l’importance du recensement, pour selon lui, savoir qui est congolais et qui ne l’est pas et aussi pour aller vers les besoins de la population. A l’occasion, le Chef de l’État avait appelé ses interlocuteurs et par ricochet la population, à ne pas se laisser « manipuler par ce genre de discours qui consiste à faire croire qu’il y a aiguille sous roche ».

Dix jours plus tôt, c’est le Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante(CENI), Corneille Nangaa, qui alertait que « lier les élections au recensement général de la population est dangereux dans la mesure où les deux activités ne dépendent pas des mêmes institutions et n’obéissent nullement aux mêmes contraintes calendaires ».

Un peu plus de deux mois plus tard, force est de constater que l’appel de Félix Tshisekedi à la population à ne pas se laisser manipuler au sujet du recensement a été suivi.

C’est le moins que l’on puisse dire au regard d’une sorte de désintéressement du congolais Lambda à cette question qui avait failli précipiter le départ de l’ancien Président de la République Joseph Kabila du pouvoir en 2015.

Cette année là, un projet de loi de révision de la loi électorale liant la tenue de l’élection présidentielle à un recensement général de la population, votée à l’Assemblée nationale avant d’être rejetée par le Sénat a été à la base des manifestations, qui ont fait des dizaines de morts.

L’UDPS et l’UNC, alors dans l’opposition et accusant Kabila de vouloir profiter du recensement pour s’éterniser au pouvoir, avaient drainé des milliers de personnes dans les rues de Kinshasa et d’autres grandes villes du pays.

Pour plus de détails, lire Grand angle : C’est quoi le problème avec le recensement de la population congolaise?

Un atterrissage en douceur?

Une fois au pouvoir, Félix Tshisekedi n’avait pas tardé à annoncer la campagne « d’identification biométrique de tous les citoyens » en vue de doter le pays « d’un registre national de la population d’ici à l’horizon 2020 ».
Cette annonce était restée lettre morte en dépit de l’inscription de la création d’un registre national de la population parmi les 68 projets prioritaires du « plan national numérique à l’horizon 2025 » contenu dans le programme du gouvernement (Sylvestre Ilunga) pour la transformation numérique du pays.

Entre temps, le gouvernement avait créé le Comité national de suivi pour piloter la réalisation d’une étude de faisabilité financée par la Banque Africaine de Développement (BAD).
Après un processus de recrutement aux contours flous, c’est le Cabinet-conseil International Ernst and Young RDC qui s’est vu octroyer ce marché juteux, en septembre 2020.

Le débat sur le recensement a depuis, pris la forme d’une guerre froide entre l’Office National d’Identification de la Population (ONIP), structure publique attitrée pour organiser l’identification et la délivrance de la carte d’identité en RDC et le Conseiller spécial du Chef de l’État en charge du numérique.

La question du recensement a repris une tournure plus politique que technique à cause notamment des déclarations de certains cadres du parti présidentiel, qui prétendaient que la tenue des élections de 2023 devra être conditionnée par le recensement général de la population. Dans leur entendement, cette opération devrait s’étendre sur plusieurs années.
Heureusement que tout semble être clair maintenant.

RD44

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