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RDC: L’Union sacrée de la Nation menacée d’éclatement!

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Trois mois après avoir nommé un gouvernement qui lui est totalement acquis, le président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo risque de voir l’union sacrée de la nation voler en éclats. La menace est à prendre au sérieux. Elle est évoquée par l’entourage d’un de ses plus importants et influents alliés, à savoir Moïse Katumbi.

Alertée par ses sources habituellement bien informées, alternance.cd annonçait en date du 05 juillet dernier, un remaniement technique du gouvernement ( lire RDC: Vers un remaniement «technique» du gouvernement d’ici la fin de l’année 2021). Deux jours plus tard, l’annonce du dépôt au bureau de l’Assemblée nationale, de la loi sur la congolité, initiée par le controversé Noël Tshiani fait planer le spectre d’un choc brutal au sein de l’Union sacrée de la Nation.

Redoutant une manœuvre du pouvoir tendant à écarter leur leader de l’élection présidentielle prévue en 2023, des cadres et militants de Ensemble pour la République de Moïse Katumbi ne veulent pas entendre parler de cette proposition de loi, qui réserverait la magistrature suprême aux congolais nés d’un père et d’une mère congolais.

Ainsi, réagissant à l’annonce du député national Nsingi Pululu, qui a accepté de porter la loi sur la congolité à l’Assemblée nationale, Olivier Kamitatu, cadre de Ensemble pour la République et proche collaborateur de Moïse Katumbi a envoyé un message clair au président de la République.

« Félix {ndlr Tshisekedi}, savez-vous quel est le moyen de mesurer combien vous aimez quelqu’un ?-Non-, c’est de le perdre », a-t-il tweeté.

Pas donc besoin d’être linguiste pour comprendre que Olivier Kamitatu évoque le départ de Katumbi de la coalition qu’il forme avec Félix Tshisekedi et d’autres partis au cas où la loi qui l’écarterait de la prochaine élection présidentielle parvenait à être votée à l’Assemblée nationale.

Les inquiétudes de la Monusco

Même si c’est plus facile à dire qu’à faire (Olivier Kamitatu n’est pas membre du gouvernement), le départ de l’ex gouverneur de l’ancienne province du Katanga de l’Union sacrée de la Nation fragiliserait un Félix Tshisekedi qui a tant besoin de tous ses alliés pour d’une part, partager avec eux son bilan et d’autre part, augmenter ses chances d’obtenir un second mandat.

Mais la situation risque de s’écorcer davantage étant donné le malaise perceptible dans le chef d’autres alliés. C’est le cas de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, qui a en quelque sorte le ventre au pouvoir et le coeur dans l’opposition depuis la condamnation en appel de son président national. ( lire l’article Passe d’armes virulente entre Fatshi et des « irresponsables » de l’UNC: Timoré, Kamerhe souffle le chaud et le froid)

D’ailleurs, un député national de l’UNC, à savoir Juvénal Munobo s’est déjà positionné contre la proposition de loi de Noël Tiani.

« Je pense que c’est vraiment inopportune une telle démarche, ce dont nous avons besoin, c’est la paix à l’Est et donner à manger aux gens, c’est à ce niveau là qu’il faut des réformes et pas des propositions des lois divisionistes. Et moi je prends position et je dis, je m’y oppeserai », a-t-il déclaré, en dénonçant « des gens qui cherchent à travers des flatteries à attirer l’attention du chef de l’État ».

Par ailleurs, observant l’évolution de la situation politique en RDC, les Nations Unies redoutent une élection présidentielle non inclusive en 2023.

« Je souligne également la nécessité d’organiser des élections inclusives et apaisées en prenant garde aux conséquences potentiellement dangereuses d’un débat clivant sur la nationalité. C’est ainsi que l’encouragement à la pleine mise en œuvre du plan d’action du gouvernement est l’objet actuel de mes bons offices », a expliqué la cheffe de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (Monusco), Bintou Keita, le 7 juillet 2021 au conseil de sécurité des Nations Unies.

Lire également RDC: Quand la version Félix Tshisekedi de « l’État de droit » se détourne de celle de son père

Pour rappel, aux termes de l’article 72 de la Constitution, il est obligé à tout candidat à l’élection du président de la République de « posséder la nationalité d’origine ».

Avec la proposition de loi sur la congolité de Noël Tshiani, il faudra être né de père et de mère congolais pour le espérer occuper le fauteuil de Président de la République.

ALT.

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