Home Politique Profanation du patrimoine de l’église catholique : Tout le monde condamne mais à qui profite le crime?

Profanation du patrimoine de l’église catholique : Tout le monde condamne mais à qui profite le crime?

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Des jeunes non autrement identifiés ont vandalisé, dimanche 1er août 2021, l’archevêché de Kinshasa et tenté d’attaquer la résidence de l’archevêque, le Cardinal Fridolin Ambongo. Vingt-quatre heures plus tard, on assiste à une vague des condamnations de ces actes barbares. Du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde à l’opposant Martin Fayulu en passant par Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, on dénonce. Même l’UDPS dont les relations avec l’église catholique se sont détériorées a réagi. Les murs de sa cellule ont fendu et Vital Kamerhe a lui aussi donné de la voix pour condamner ces attaques.

Des actes de vandalisme et de profanation des sites saints de l’église catholique enregistrés à Kinshasa le dimanche 1er août sont-ils l’œuvre d’un groupe de jeunes instrumentalisés ou de simples actes de violence isolés ? La seconde hypothèse allait tenir n’eût été les évènements qui ont précédé ces actes.

En effet, vendredi 30 juillet 2021, les médias ont annoncé que les confessions religieuses n’ont pas réussi à trouver un consensus autour du prochain président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Tard dans la nuit, six confessions religieuses ont déposé au bureau de l’Assemblée nationale le nom et le dossier du candidat qu’ils ont désigné ainsi que le procès-verbal de sa désignation non paraphé par les délégués de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC).

Les réseaux sociaux, en ébullition depuis le 28 juillet, date à laquelle les confessions religieuses avaient enregistré leur premier échec avant d’obtenir un délai supplémentaire de 48 heures se réchauffent. Pro et anti CENCO et ECC se règlent des comptes.

Des militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) assumant parfaitement leur surnom de « talibans« , ont arrosé les prélats catholiques de tout genre de qualificatifs. Sur des extraits de vidéos d’un meeting, on pouvait apercevoir le Secrétaire Général du parti présidentiel, Augustin Kabuya demander à la CENCO de s’enregistrer officiellement comme parti politique au ministère de l’intérieur.

Pas de confusion avec ce qui se passe au Kasaï Oriental

Et, ce n’est pas l’annonce du refus de Ensemble pour la République, parti politique de Moïse Katumbi, de désigner ses délégués au bureau de la CENI qui pouvait calmer la tension. Des militants de ce dernier s’en mêlent et ça a commencé à tirer dans tous les sens dans les réseaux sociaux.

Dans les médias traditionnels aussi, pro et anti catholiques et protestants multiplient les déclarations. Si les premiers accusent le candidat désigné par les six confessions religieuses d’être à la solde du parti présidentiel, les seconds etiquettent la CENCO d’être au service de Moïse Katumbi.

Repositionnée dans sa posture traditionnelle de contre-poids du pouvoir, l’église catholique ne pouvait pas s’attendre à des compliments. C’est ce qui est arrivé malheureusement le dimanche dernier. Des jeunes en colère ont caillassé l’archevêché de Kinshasa et voulu attaquer la résidence du Cardinal Fridolin Ambongo.

Des actes d’une plus grande violence ont été enregistrés dans le diocèse de Mbuji-Mayi où 11 églises et un projet piloté par des religieux ont été attaqués. Mais la situation du Kasaï Oriental ne serait pas liée au processus de désignation du président de la CENI car, c’est depuis le mois d’avril que des actes de vandalisme et de profanation sont systématiquement commis dans quelques paroisses de cette province.

Des larmes de crocodile ?

Pour revenir aux attaques de l’archevêché de Kinshasa et à la résidence de l’Archevêque métropolitain, le Cardinal Fridolin Ambongo, le Secrétaire Général de l’UDPS est rapidement monté au créneau pour mettre en garde les jeunes de son parti contre tout acte de violence sur des édifices religieux.« Beaucoup de membres de l’UDPS sont de l’église catholique, mais il y a un problème, il y a des moutons noirs qui pensent qu’ils peuvent ternir l’image de l’UDPS et du Chef de l’État. Nous, nous sommes de la non violence. Si vous apprenez qu’il y a quelqu’un qui veut profiter de la situation politique actuelle pour s’en prendre aux édifices de l’église catholique, il faut l’arrêter. Nous, nous sommes de la non violence, quand on s’oppose à la position des dirigeants catholiques, en commençant par le Cardinal, on n’a pas envoyé quelqu’un s’en prendre aux édifices de l’église catholique », a-t-il déclaré.

Augustin Kabuya a pris le soin de prévenir que « si j’apprends que quelqu’un s’attaque aux églises, je serai le premier à demander qu’on l’arrête ».

Par ailleurs, au regard des indignations constatées dans la classe politique et au sein de la population, d’aucuns pensent que le gouvernement devrait ouvrir des enquêtes pour identifier les auteurs de ces actes barbares et évidement les interroger sur leur motivation. Sinon, les condamnations faites essentiellement dans les réseaux sociaux par les leaders politiques du pays ne serviraient à rien. Aux grand maux de grands remèdes !

RD44

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