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Kongo Central: Les autochtones de Moanda exigent la renégociation de l’avenant n°8 à la convention du 9 août 1969

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Dans une déclaration faite ce samedi 23 octobre, de représentants de la population de la ville côtière de Moanda dans la province du Kongo Central exigent la renégociation de l’avenant n°8 à la convention du 9 août 1969 régissant
l’exploration et l’exploitation des Hydrocarbures dans la zone maritime en RDC.

Déclaration

Le territoire de Moanda est notre milieu de vie. Il est l’un des territoires
du Kongo-Central et la seule cité côtière de la RépubliqueDémocratique du
Congo.
Il a comme particularité, sa situation géographique qui donne directement accès au fleuve Congo et à l’Océan atlantique, qui du reste l’ouvre plus à des échanges commerciaux avec d’autres villes du Monde. Ce territoire est riche en pétrole et regorge dans son espace géographique l’ensemble du bassin côtier. Nous en sommes fiers !

A partir du 09 et 11 août 1969 lors de la signature de deux conventions
pétrolières respectivement en offshore et onshore, la population s’est nourrie de
l’espoir de voir son territoire se développer dans les années qui suivront, mais
hélas !

Les violations répétitives des droits de l’homme et la pollution de notre
environnement ont détruit cette illusion d’une vie sociale digne. C’est depuis près de 5 décennies que les multinationaux et un noyau d’élite politique congolaise s’enrichissent sans se soucier de moindre dégât collatéral socio-environnemental causé par l’exploitation pétrolière dans notre cher territoire.

A ce jour, nos terres polluées, l’air que nous respirons contaminé par plusieurs gaz dont on ignore les impacts nocifs, nous sommes chaque jour exposés à des maladies parce que notre nappe aquifère est contaminée par les différentes eaux de formation. Cette pollution généralisée de notre environnement a fait vivre nos ascendants dans l’insécurité alimentaire, nous aussi nous en sommes victimes, les générations à venir vivront certainement le pire.

Nous sommes abandonnés devant notre propre sort, nos droits humains
bafoués par les multinationaux qui se sont succédés depuis 1969, et cela dans
l’indifférence totale de nos dirigeants.
Nous disons haut : « voici le moment pour
nous de prendre notre destin en main et déclarons par cette voie de conséquence : fini la recréation ! »  » Rendez au peuple son pétrole. »

Nous avons pris la décision de briser le silence longuement entretenu
par les multinationaux pétroliers par les moyens obscurs.
Jadis, on vivait principalement de la pêche et l’agriculture, à ce jour l’écosystème marin victime répétitive des marées noires ne nous permet plus de nous procurer des espèces marins qui constituaient notre source de revenu.

La pollution de l’air et des eaux ont rendu notre productivité agricole moins compétitive à nos propres besoins locaux. Astreints à respirer au quotidien les divers gaz rejetés dans l’atmosphère au moyen des torchères qui nous entourent, voici une de preuves éloquentes de la pollution que nous décrions.

La pauvreté et l’insécurité environnementale sont devenues nos
compagnes de tous les jours, la non-électrification de la cité de Moanda nous en
avons marre étant donné dans notre sous-sol il y a plusieurs millions de baril qui
sont extraits, cela a rendu des milliards à plusieurs multinationaux pétroliers
présents dans notre territoire.
Nos frères travailleurs dans ces entreprises exploitantes sont victimes de violation des normes nationales et internationales du travail, de salaire qui ne leur permet pas de prendre en charge leur responsabilité. Nous disons assez !

Nous étions écartés dans toutes les étapes de la gestion de notre pétrole, ceux qui le font devraient le faire à notre nom mais durant 5 décennies ils ont excellé dans la défense de leurs propres intérêts. Nous déclarons encore devant toute la nation congolaise et la communauté internationale » plus rien ne sera comme avant. »

Au nom de tous ceux qui sont morts victimes de l’exploitation irresponsable de notre pétrole, en hommage de tous ceux qui sont vivants et au nom de la génération future, nous prenons l’engagement devant l’histoire, dorénavant, nous allons défendre notre environnement qui constitue un patrimoine reçu de nos ancêtres et nous devons le léguer dignement à la génération future.

Ainsi, conformément aux articles 53 et 58 de la constitution de la République démocratique du Congo nous exigeons ce qui suit :

Recommandation I

La création d’un bureau d’audience publique pour l’environnement (BAPE).

Recommandation II

La mise en place d’une fiscalité environnementale pour couvrir financièrement les différents dégâts socio-environnementaux causés par le rejet de différents gaz nocifs dans l’atmosphère y compris la pollution des eaux. Elle sera gérée par le ministère national d’environnement et le gouvernement provincial du Kongo-central.

Recommandation III

L’audit environnemental et l’indemnisation des dégâts socio-environnementaux liés aux activités pétrolières par PERENCO-REP ET Moanda International Oïl
Company (MIOC).

En attendant le rapport de l’audit environnemental qui doit être fait par une
organisation internationale environnementale, une somme arbitraire d’au moins 200 000 000 USD doit être versé aux gouvernement provincial par ces deux
entreprises précitées pour atténuer en urgence les conséquences de la pollution
dont nous sommes victimes.

Recommandation IV

La renégociation de l’avenant n°8 à la convention du 9 août 1969 régissant
l’exploration et l’exploitation des Hydrocarbures dans la zone maritime de la
République démocratique du Congo.

Recommandation V

Nous prenons l’engagement devant l’histoire de défendre jour et nuit cette déclaration de nos droits face à toute adversité.

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