Home Politique 2 ème réunion ministérielle préparatoire du sommet UA-UE : Christophe Lutundula plaide la cause du « peuple profond » des villages africains

2 ème réunion ministérielle préparatoire du sommet UA-UE : Christophe Lutundula plaide la cause du « peuple profond » des villages africains

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Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union Africaine et leurs collègues de l’Union européenne sont réunis à Kigali, capitale du Rwanda, pour la deuxième réunion conjointe de préparation du sommet Union-Africaine-Union Européenne. Ces assises sont co présidées par le Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères de la RDC, Christophe Lutundula Apala et le chef de la diplomatie européenne.

Dans son allocution à la cérémonie d’ouverture, le chef de la diplomatie congolaise a plaidé pour un partenariat qui privilégie le bien être des peuples des villages africains et qui tienne compte des forêts, savanes, rivières et déserts du continent africain.

En sa qualité de Président du Conseil exécutif de l’Union Africaine, Christophe Lutundula a reconnu que bien des progrès ont été accomplis. Toutefois, il a soutenu que les défis et les enjeux du moment exigent plus d’efforts, des ressources et un engagement toujours renouvelé.

« Aussi, à l’instar de la première réunion ministérielle tenue le 21 et le 22 janvier 2019 à Bruxelles, cette deuxième vise à renforcer le partenariat entre nos deux continents et à relever les défis communs notamment celui lié au changement climatique et à la pandémie de Covid-19, parmi tant d’autres», a expliqué le Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères congolais.

Ci-contre, son allocution

Excellences, Messieurs les Hauts Représentants de l’Union Européenne,
C’est pour moi un honneur et un motif de fierté de prendre la parole à cette séance d’ouverture de la deuxième réunion conjointe des Ministres des Affaires Etrangères de l’Union Africaine et de l’Union Européenne, en cette terre africaine du Rwanda, plus précisément à Kigali sa capitale, ville symbole de la Renaissance africaine et ville de naissance de la Zone de libre échange continental africaine (Zlecaf), la nouvelle espérance des peuples d’Afrique.
Je voudrais féliciter et remercier sincèrement les dirigeants de la République du Rwanda, et plus particulièrement notre collègue le Ministre Vincent Biruta pour les bonnes conditions de travail qu’il nous offre et l’accueil chaleureux qui nous été réservé en dépit de la récession économique, et des contraintes sanitaires imposées par la pandémie de Covid-19 qui continue à éprouver durement le monde entier. Je nous félicite aussi chers collègues, nous qui avons bravé toutes contraintes et sommes venus de nos pays lointains participer à cette réunion en mode présentiel conformément à la décision du Bureau de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, décision prise en sa réunion du 04 octobre 2021 sous la présidence de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo et Président en exercice de l’Union Africaine.
Cette participation nombreuse traduit l’intérêt que nos Etats attachent au partenariat Afrique – Europe et la détermination de leurs gouvernements de le matérialiser en lui donnant un contenu réel, en vue du bien-être de nos peuples respectifs. Nous devons nous en réjouir. Ce partenariat institutionnalisé est un mécanisme de rapprochement entre l’Afrique et l’Union européenne, basé sur les principes d’interdépendance, de collaboration et d’intérêt mutuel. C’est pourquoi, il est transversal et couvre plusieurs domaines dont notamment l’économie, l’éducation, la science, la technologie, le développement durable, la paix, la sécurité, la démocratie, les droits humains, la migration, le renforcement de la résilience, la relance économique, etc.

Nous nous réunissons ce jour pour évaluer le chemin parcouru et préparer le sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine et de l’Union Européenne, qui se tiendra en février 2022 à Bruxelles. Dans le cadre de ces travaux, nous allons examiner les points qui figurent dans l’ordre du jour dont chacune des délégations disposent d’une copie et parmi lesquels celui relatif au projet de communiqué sanctionnant cette deuxième réunion ministérielle UA – UE. A ce sujet, sans préjuger de nos délibérations ni anticiper sur leurs conclusions, je voudrais tout de même relever avec satisfaction que grâce à leur sagesse et à leur sens élevé du compromis, les experts des parties ont, au cours de leur concertation dans le cadre du comité directeur conjoint, réussi à aplanir les quelques divergences restées en suspens et trouvé des formulations idoines.
Permettez moi chers collègues de remercier et de congratuler en votre nom nos experts pour la qualité du travail abattu.
Je viens de parler ci-haut du bien-être de nos peuples. Oui, en effet, dans une République et en démocratie, la salut du peuple est la loi suprême. Il n’y a par conséquent de politique, ni d’Etat ni de Gouvernement ni de partenariat que pour satisfaire les besoins existentiels des hommes et des femmes qui constituent le peuple. Cette règle républicaine, voir norme morale fondamentale, est particulièrement une exigence de gouvernance en Afrique, dont les nations sont encore en gestation.
Après les expériences des Accords de Yaoundé, Lome et Cotonou, pour ne citer que ceux-ci, le défi majeur à relever aujourd’hui pour nous, Européens et Africains, est celui de construire un véritable partenariat des peuples d’Europe et d’Afrique, partenariat multisectoriel fécond, innovant, durable, générateur des richesses et d’emplois. Au-delà des business, des gains financiers et matériels, notre partenariat doit aller vers le peuple profond, ceux des villages africains, de nos forêts, de nos savanes, de nos rivières et du désert. Il doit s’incruster en eux pour trouver sa légitimité et être approprié par eux, au lieu d’être englouti par des forteresses bureaucratiques et les écritures comptables. Tel est l’entendement profond et le but ultime qu’il convient de donner au partenariat Afrique – Europe, lancé en 2000 lors du premier sommet Union européenne – Afrique, tenu au Caire en Egypte, pour servir de cadre officiel de coopération entre l’Union européenne et le continent africain.
Je suis convaincu que tous nos programmes et projets tiendront toujours compte de cette vision, et de notre ambition de servir nos peuples respectifs. Bien des progrès ont été accomplis dans ce sens. Je m’en réjouis, comme viennent de le souligner les éminents intervenants qui m’ont précédé à cette séance d’ouverture. Cependant, les défis et les enjeux du moment exigent plus d’efforts, plus des ressources et un engagement toujours renouvelé. Aussi, à l’instar de la première réunion ministérielle tenue le 21 et le 22 janvier 2019 à Bruxelles, cette deuxième vise à renforcer le partenariat entre nos deux continents et à relever les défis communs notamment celui lié au changement climatique et à la pandémie de Covid-19, parmi tant d’autres.
Notre partenariat, nous le voulons étroit, mutuellement bénéfique, dans un esprit d’adhèsion commune au processus de responsabilité partagée, de réciprocité ainsi qu’obligation mutuelle de rendre compte et de transparence. Permettez moi de rappeler chers collègues, que l’Union européenne est le plus grand partenaire commercial de l’Afrique. Il est donc important que ces liens commerciaux soient renforcés de façon à attirer des investissements productifs, à créer de la valeur ajoutée, des compétences et des emplois sur les deux continents. Nous savons tous que l’Afrique a la population la plus jeune de toutes les régions du monde, et continue à connaître une forte croissance démographique. La jeunesse africaine doit avoir accès à l’éducation pour construire un avenir meilleur. Nos populations doivent trouver leur compte dans tout ce que nous faisons.
L’Afrique, que nous Africains nous voulons, est celle de prospérité partagée, fondée sur une croissance inclusive et un développement durable. Une Afrique vivante dans la paix et dans la sécurité, une Afrique dont chaque citoyen sera toujours fier d’appartenir. Cette Afrique là n’est possible qu’avec un partenariat plus dynamique, et tourné vers l’avenir, adaptée à nos réalités et à celles du monde. Je voudrais conclure mon propos en vous remerciant pour votre participation active à la construction de l’Afrique que nous ambitionnons à travers ce partenariat Union africaine – Union européenne. Je souhaite pleine réussite aux travaux de la deuxième réunion ministérielle UA – UE, qui débouchera sur des conclusions constructives dans l’intérêt de l’Afrique et dans le but de faire progresser notre partenariat historique avec l’Union européenne.
Ministre des Affaires Étrangères du Rwanda, Vice-Présidente de la Commission de l’Union africaine, représentante personnelle du Président de la Commission de l’Union africaine, Joseph Borell, Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de la sécurité, Vice-Président de la Commission européenne et co-président de cette réunion ministérielle. Cette journée a été marquée par quatre discours qui ont constitué l’ossature de cette cérémonie solennelle d’ouverture officielle de la Deuxième Réunion Ministérielle conjointe Union africaine – Union Européenne

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