Home Politique Fatwa des combattants contre les musiciens: Il est temps que le gouvernement s’y penche

Fatwa des combattants contre les musiciens: Il est temps que le gouvernement s’y penche

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Par Jean-Pierre Alumba Lunkamba

Ce mouvement de pression dit les Combattants est né vers 2006 à Londres, juste pendant la protestation électorale opposant deux principaux candidats, Jean -Pierre Bemba et Joseph Kabila.

L’objectif principal était à l’époque la vérité des urnes.

Apres, ce mouvement s’est relayé dans les autres villes du monde, notamment; Johannesburg, Pretoria, Capetown Paris, Belgique, Washington DC, New York, etc.

Avec comme cibles, les pasteurs et les artistes musiciens accusés d’être très proches du pouvoir. Pourquoi les artistes musiciens ? L’argument autour des artistes musiciens et les discussions autour de leurs personnalités désorientent les Congolais vivant à l’étranger. Alors, pour se focaliser sur la lutte, les combattants ont jugé bon de boycotter leurs prestations à l’extérieur.

Au fil des années, des politiciens du pays, de l’opposition comme du pouvoir ont infiltré ce mouvement qui était au début pour tous les congolais concernés. Du coup, il y a eu des divisions au sein de ce mouvement.

Après les élections de 2011, les combattants ont intensifié leur lutte pour soit l’alternance ou l’alternative du pouvoir au pays.

Pour ceux qui luttaient pour l’alternance politique au pays, après les élections de 2018, avec la première alternance pacifique entre le président sortant Joseph Kabila et le président entrant Felix Antoine Tshisekedi, leur lutte n’a plus des raisons d’être.

Cependant, pour ceux qui luttaient pour l’alternance du système, leur lutte demeure, car pour eux, ils ne trouvent pas la différence entre l’ancien régime et le nouveau. Donc, selon eux, leur lutte pour le social et le bien-être de la majorité demeure entière. Ce qui justifie la continuité de fatwa contre les concerts des musiciens jusqu’aujourd’hui à l’extérieur du pays.

Depuis les années 50, la musique RDCongolaise était dominait en Afrique et même parmi les meilleurs musiques du monde.

Malheureusement, la fatwa contre nos artistes musiciens, a fait reculer le rayonnement de notre musique au niveau international. Nous devons être sincères et reconnaître que nous avons contribué à saboter notre patrimoine culturel au niveau international.

Pendant ma participation aux différents dialogues, j’ai fait inscrire cette question dans la liste de décrispation sociale.
J’ai représenté les congolais vivant à l’étranger à ces différentes assises (dialogue de Pretoria, de la Cité de l’OUA et les discussions directes de la CENCO). Malheureusement les artistes musiciens eux-mêmes n’étaient pas représentés pour soutenir notre démarche et faire attendre leur voix au sein de la société civile. Au finish, les politiciens ont élagué notre proposition en laissant seulement la décrispation politique, c’est qui est dommage.

Aujourd’hui, cette question refait surface avec les annulations en cascade des concerts de nos artistes musiciens dont le plus récent est celui de Koffi Olomide.

Avant son concert, j’ai sollicité de le rencontrer afin qu’ensemble et par souci de notre culture, on trouve des stratégies pour qu’il preste, mais il n’a pas répondu favorablement à notre démarche patriotique (peut-être par son ego).

J’estime que cette question est d’une utilité nationale et nous devons tous (médias, congolais ordinaires, nos institutions ainsi que le Chef de l’Etat) nous pencher à cette situation et trouver des solutions idoines.

Les leaders des artistes musiciens, les leaders des combattants, les leaders des confessions religieuses ainsi que les leaders de 4 regroupements politique; le ministère de la culture, Affaires étrangères, IOM, ainsi que certaines ambassades où il y a une très forte concentration de RDCongolais vivant à l’étranger, doivent être convoqués autour d’une table pour dégager un compromis qui va permettre de décanter cette situation qui tue notre culture à l’extérieur du pays.

Etant partie prenante aux différentes assises, répresentant de la diaspora et par mon expertise à la question, je suis ouvert à travailler avec les autorités s’ils trouvent que cette idée de reconcilier cette frange des citoyens RDCongolais est bonne.

Jean-Pierre ALUMBA LUKAMBA
Directeur Exécutif de la Diaspora Congolaise pour le Développement et Directeur Exécutif International de la Diaspora Africaine pour le Développement
Tel:+243810812234
E-mail: dcode2063@gmail.com