Home Politique Interminable crise institutionnelle au Sankuru : Pourquoi s’acharne-t-on contre Daniel Aselo?

Interminable crise institutionnelle au Sankuru : Pourquoi s’acharne-t-on contre Daniel Aselo?

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Incapables de s’entendre pour décider ensemble du désenclavement de leur province, les élites du Sankuru ont trouvé en la personne du Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Daniel Aselo, un bouc émissaire facile à leurs yeux.

En l’espace de deux mois, les députés nationaux Sankurois l’ont visé par deux questions orales avec débat, portant sur l’ ingouvernabilité de leur province. Alternance.cd vous explique tout sur cet acharnement qui sort tout droit des laboratoires de vendeurs de la poudre de perlimpinpin à la population de ce coin du pays.

L’instabilité et la mauvaise gestion des institutions provinciales sont des fléaux qui rongent plus de 60% des provinces de la République Démocratique du Congo. Cette situation fait que depuis bientôt trois ans, les assemblées provinciales et les gouverneurs se livrent une sorte de bataille qui a littéralement pris en otage les populations. Le Sankuru fait partie de ces provinces à problème où les organes délibérants et les exécutifs provinciaux se regardent en chiens de faïence, prêts à se dévorer.

Pour tenter de mettre fin à ces conflits enregistrés ça et là, le gouvernement central a tenté plusieurs approches, qui se sont révélées moins efficaces, étant donné que plusieurs paramètres sont pris en compte dans la gestion des provinces.

En ce qui concerne le Sankuru, force est de constater que la crise entre l’Assemblée provinciale et le Gouverneur de province ne date pas d’aujourd’hui.

Elle a été déclenchée par le refus de Joseph Stéphane Mukumadi, élu comme indépendant, de tenir compte des équilibres politiques à l’Assemblée provinciale dans la composition de son gouvernement. A l’époque de la publication dudit gouvernement provincial, Daniel Aselo n’était pas encore ministre de l’intérieur.

Bien avant l’arrivée de Joseph Mukumadi, son prédécesseur Berthold Ulungu était accusé, à tord ou à raison, de ne pas travailler pour le développement du Sankuru, lui qui a pourtant réussi à construire ne serait que la résidence officielle du gouverneur à Lusambo, chef-lieu de province.

Lors de l’élection du gouverneur, en juillet 2019, presque toutes les élites du Sankuru ont soutenu Mukumadi, présenté comme étant « le fils de la promesse », qui devait mettre fin à la misère des Sankurois.

Trois ans plus tard, ce champion tant vanté a déçu tout le monde, y compris ses soutiens à Kinshasa, au point que tous se sont retournés contre lui.

Que de paroles sans actes!

Entre temps, peu d’initiatives tournées vers le développement ont été prises par les filles et fils du Sankuru durant les trois dernières années.

Pas étonnant dans une province où chaque leader travaille d’abord pour son groupemen et son secteur, pour de visées purement électoralistes.

Du coup, prétendre que c’est Daniel Aselo qui bloquerait le développement du Sankuru par son refus supposé de prendre tel ou tel autre acte relèverait de la pure masturbation intellectuelle.

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Bien plus, l’ancien gouverneur du Kasaï Oriental, Alphonse Ngoy Kasanji, qui a pourtant été de temps en temps associé aux réunions du Caucus des députés nationaux et sénateurs du Sankuru, s’est récemment moqué des Sankurois, en déclarant sur un plateau de télévision que, depuis qu’il est parti du gouvernorat, il n’y a eu aucune inauguration dans le Sankuru.

Du point de vue d’un cadre du Secrétariat général au Budget, les élites du Sankuru en général et les élus en particulier, devraient avoir honte de déranger l’opinion nationale en évoquant de temps en temps la situation de leur province.
« Je pense que les députés nationaux du Sankuru devraient se poser la question de savoir qu’est-ce qu’ils ont par exemple fait pour que la part de leur province dans le projet de budget 2022 augmente. Aussi, tous les autres ressortissants de cette province devraient se demander ce que chacun peut faire pour contribuer au désenclavement de leur province en lieu et place de s’accuser mutuellement et unitilement », lâche-t-il.

Comme lui, de nombreux observateurs soutiennent que la responsabilité de l’enclavement du Sankuru n’est pas à mettre ni sur le compte de Joseph Stéphane Mukumadi, ni sur celui de Benoît Olamba, président de l’Assemblée provinciale, encore moins sur celui de l’ancien gouverneur Berthold Ulungu ou du VPM Daniel Aselo.
« Elle relève de la responsabilité collective des élites du Sankuru à cause notamment de leur refus de s’entendre, du tribalisme qui les pousse à penser d’abord aux ressortissants de leurs groupements et secteurs au détriment de l’intérêt général; à la guerre éternelle de leadership et au manque d’initiatives d’une jeunesse réduite au simple rôle de suiveur et de chantre », analyse le Directeur de publication d’alternance.cd, lui-même ressortissant du Sankuru.

Il note qu’il suffit de lire les discussions entre les prétendus intellectuels de cette province sur les réseaux sociaux pour comprendre que leur intelligence ne sert en réalité qu’à leurs intérêts égoïstes et non au développement ou au désenclavement de leur province.

C’est dire que Daniel Aselo n’est pour rien et ne mérite pas de subir un acharnement de la part des députés nationaux du Sankuru, qui en réalité, ne peuvent pas prétendre se préoccuper du bien être de leurs électeurs. Ce, car travaillant pour la plupart, pour leur propre positionnement politique.

Jean Pérou Kabouira