Home Politique Crise institutionnelle à l’Équateur : Le député national Wute Eliko annonce à Daniel Aselo le retrait de sa signature du compromis trouvé à Kinshasa

Crise institutionnelle à l’Équateur : Le député national Wute Eliko annonce à Daniel Aselo le retrait de sa signature du compromis trouvé à Kinshasa

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Le 20 novembre 2021, les députés nationaux et sénateurs ainsi que les autorités provinciales de l’Equateur invitées à Kinshasa, sont parvenus à trouver un compromis, après échanges avec le Vice-premier ministre, ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Daniel Aselo, sur la crise institutionnelle qui prévaut dans cette province depuis plusieurs mois.

Malheureusement, quatre jours plus tard, l’un des signataires, en l’occurrence le député national Eugène Wute Eliko, a annoncé le retrait de sa signature du document établi.

Deux principaux points figurent dans le document de compromis à la crise institutionnelle dans la province de l’Equateur.

D’abord, les parties prenantes ont validé le rapport de la commission d’enquête initiée par Daniel Aselo, qui indique qu’il n’y a pas eu mort d’homme à Mbandaka, le 30 septembre dernier, lors de la rentrée parlementaire.

Elles ont reconnu que le conflit dont il est question est vécu en interne à l’Assemblée provinciale où il existait déjà un bureau d’âge bien avant la rentrée parlementaire du 30 septembre 2021.

Au finish, les parties prenantes ont accepté, tenant compte des instructions du Vice-premier ministre de l’intérieur, que les responsables des institutions provinciales, notamment le président de l’Assemblée provinciale, Madame le président du bureau d’âge, le gouverneur et le vice-gouverneur doivent regagner la province.

Elles ont autorisé le bureau d’âge à « convoquer les députés provinciaux pour traiter des questions pour lesquelles il a été mis en place, et ce dans le délai qui ne peut excéder 14 jours ».

Le 24 novembre, soit quatre jours après la signature de ce compromis, le député national Eugène Wute Eliko a fait un virage à 90 degrés. Dans une lettre adressée au VPM de l’intérieur, il a annoncé le retrait de sa signature.

« En effet, face au refus populaire manifesté par les signes filles et fils de l’Equateur ainsi que la frange majoritaire des élus provinciaux, il me revient par bon sens de me rallier à la volonté populaire qui, jour et nuit, ne cesse de dénoncer les abus du pouvoir de l’exécutif provincial incarné par Monsieur Bobo Boloko Bolumbu, auteur de détournement à grande échelle dont le rapport a été d’ailleurs déposé à la Cour de Cassation par l’Inspection Générale des Finances », a-t-il fait savoir à Daniel Aselo.

Il lui a demandé de « privilégier la démocratie et l’État de droit prôné par le Chef de l’État, en prenant en compte les observations soulevées et soutenues par les députés provinciaux majoritaires de l’Assemblée provinciale de l’Equateur ».

Ce, car, selon le député national Eugène Wute Eliko, « la population attend impatiemment les mesures exceptionnelles promises par le Chef de l’Etat pour sauver l’Équateur ».

Rappel des faits

La tension entre le gouverneur de l’Equateur, Bobo Boloko Bolumbu et l’Assemblée provinciale a atteint une phase critique le 30 septembre dernier.

Ce jour là, des échauffourées ont éclaté entre les partisans du président de l’Assemblée provinciale, Claude Buka, interdit par un message officiel du VPM de l’intérieur daté du 24 août dernier d’engager son institution, et les forces de l’ordre qui tentaient de l’empêcher d’accéder à l’hémicycle.

Cette crise a commencé le 06 juillet, avec le vote d’une motion de défiance contre le gouverneur de l’Equateur par une partie des députés provinciaux.

Saisie par le gouverneur déchu, la Cour Constitutionnelle a tranché en sa faveur en le réhabilitant, le 18 août dernier.
Suite à son refus de se soumettre à la décision de la plus haute Cour du pays, le président de l’Assemblée provinciale a été rappelé à Kinshasa, le 24 août 2021, par le Vice-premier ministre de l’intérieur et un bureau d’âge a été mis en place pour remplacer le sien.

Daniel Aselo a fait part au gouvernement, lors de la vingt-troisième réunion du conseil des ministres, des dispositions qu’il a prises pour résoudre la crise entre le gouverneur réhabilité, Boloko Bolumbu et l’Assemblée provinciale. Il a notamment annoncé l’envoi d’une mission d’enquête à Mbandaka pour s’enquérir de ce qui s’est passé le jour de la rentrée parlementaire.

Junior Lomanga