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Oicha: Violation organisée du couvre-feu pour des activités sexuelles

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Plusieurs jeunes de la commune d’Oicha, dans la province du Nord-Kivu, considèrent le couvre-feu comme un blocage.

Ne supportant plus de rentrer chez eux à 19 heures conformément aux mesures prises par les autorités provinciales militaires, des filles et garçons préfèrent prolonger des soirées dans les hôtels, en couples. A leur retour, ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver nez-à-nez avec les éléments de la police nationale congolaise et de l’armée chargée de l’application du couvre-feu. Ils s’en sortent dans la plupart de cas. On vous explique comment.

Il est 20 heures, ce mercredi 19 janvier 2022. Nous sommes dans la Cour intérieure d’un hôtel situé au Nord-est de la commune d’Oicha. Des jeunes couples se succèdent comme des mini-bus 207 sur le boulevard Lumumba à Kinshasa.

« Nos chambres, une dizaine, sont toutes occupées et il y a de fils d’attente dans la paillote », confie le gérant, tout souriant.

« D’habitude, ajoute-t-il, ici les clients sortent généralement la nuit car chez nous le couvre-feu n’est pas d’application… ».

Dans un autre lieu de passage de fortune, situé non loin du marché central d’Oicha, un couple libère la chambre à 22 heures, soit trois heures après le début du couvre-feu .

A la question de savoir comment ils vont regagner leurs domiciles étant donné que les rues sont sensées être occupées par des militaires et des policiers, l’homme a demandé au gérant du lieu de répondre.

« Lorsque les patrouilleurs arrêtent un couple revenant de chez nous, ils ont l’habitude de venir jusqu’ici se rassurer qu’ils viennent d’ici. Si nous les reconnaissons, ils sont sauvés car ils seront libérés sur le champ. Mais si nous ne les connaissons pas, ils vont les amener au bureau », révèle ce dernier, sans en dire plus sur la nature de ce partenariat qui semble exister entre son hôtel et la police.

Cette situation contraste avec les objectifs de l’instauration du couvre-feu par le gouverneur militaire du Nord-Kivu. Ceux-ci sont principalement sécuritaires.

Frank Way