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Affaire Kabund: Au-delà de la politique, la lutte contre les détournements des fonds publics prend un coup

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Depuis le 14 janvier 2022, date à laquelle Jean-Marc Kabund a annoncé, sur Twitter, sa décision de démissionner du poste de 1er Vice-président de l’Assemblée nationale, des déclarations fusent de partout. Députés nationaux et provinciaux de l’UDPS, Présidents des groupes parlementaires de l’Union sacrée ou encore plusieurs fédérations de l’UDPS l’ont désavoué. Alors qu’il n’a toujours pas formalisé sa démission, des informations obtenues à la Cité de l’Union Africaine pourraient faire changer d’avis beaucoup de ses néo détracteurs.

Président par intérim de l’UDPS, Jean-Marc Kabund est l’un des hommes les plus puissants du système Tshisekedi. Il en est aussi un des hommes les plus détestés. Si ses méthodes, jugées extrémistes et parfois autoritaires sont évoquées pour justifier l’animosité qui s’est développée à son égard, l’homme serait victime de sa lutte à l’interne contre les détournements des deniers publics.

A en croire un membre de la présidence de la République, Jean-Marc Kabund ferait partie des rares proches du Chef de l’Etat à dénoncer à sa présence des actes de détournement et autres magouilles de certains collaborateurs de Félix Tshisekedi.

Profitant de son rang de 1 er Vice-président de l’Assemblée nationale et du pouvoir qu’il exerce sur le titulaire, Christophe Mboso, il aurait fait, ces derniers mois, une forte pression sur le président de la République, pour le contraindre à réaménager son cabinet. Question de se débarrasser de ses collaborateurs jugés véreux.

Ces pressions auraient été perçues par certains proches du Chef de l’Etat comme une déclaration de guerre. En représailles, ils auraient décidé de l’éloigner physiquement de Jean-Marc Kabund.

Pour ce faire, ils ont réussi à le convaincre de ne pas voyager avec les dirigeants de l’UDPS lors de sa tournée dans le Grand Kasaï, prétextant qu’il ne devrait pas donner une connotation politique à sa première tournée dans sa région natale.

Des chefs coutumiers manipulés…

Toujours d’après nos sources à la présidence de la République qui ont exigé l’anonymat, les mêmes proches du Chef de l’État auraient travaillé sur deux autres terrains pour obtenir ce qu’ils cherchaient depuis longtemps : la diplomatie et le recours aux autorités coutumières ainsi qu’aux féticheurs.

Au plan diplomatique, quelques ambassadeurs occidentaux en poste en RDC auraient été utilisés pour dire à Félix Tshisekedi, « sur un ton apparemment provocateur », que Jean-Marc Kabund leur a confié qu’il le contrôle. Entendre par là que le Chef de l’État ferait tout ce qu’il lui ordonne.

En ce qui concerne les fétiches, il nous revient d’apprendre que de chefs coutumiers du Kasaï Oriental, du Kasaï et du Sankuru auraient été manipulés pour faire des fausses révélations sur une prétendue domination mystique de Fatshi par Kabund.

« On a aussi fait croire à de membres de la famille présidentielle que plus l’influence de Kabund grandit, plus leurs intérêts seront menacés surtout qu’il obtient presque toujours tout ce qu’il demande au Président de la République », poursuit une des sources de votre média en ligne, qui a promis de faire d’autres révélations, notamment sur le plan en gestation pour contraindre le 1 er Vice-président de l’Assemblée nationale à démissionner du poste de Président ad intérim du parti présidentiel.

C’est dire que Jean-Marc Kabund paierait le prix de sa lutte à l’interne contre les détournements et une gestion opaque des projets initiés par le Chef de l’État par certains de ses proches collaborateurs, particulièrement ceux de la diaspora.

Dans ce cas, l’arrestation d’un élément de la Garde Républicaine à bord d’une jeep qui roulait à sens contraire par des policiers commis à sa sécurité n’aurait été qu’une petite goûte d’eau dans un ver déjà plein.

Jean Pérou Kabouira