Home Politique Enjeux politiques: Jean-Marc Kabund sur les traces de Vital Kamerhe mais…

Enjeux politiques: Jean-Marc Kabund sur les traces de Vital Kamerhe mais…

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Les deux hommes ont des profils opposés mais les épreuves de leurs parcours politiques respectifs semblent les lier.

Samedi 29 janvier 2022, la Convention Démocratique du Parti(CDP) a destitué Jean-Marc Kabund du poste de président ai de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). A la suite de l’annonce de sa démission, sur son compte Twitter, au poste de premier Vice-président de l’Assemblée nationale, il est aussi définitivement exclu du parti au pouvoir.

Il lui est reproché plusieurs griefs durant sa gestion à la tête du parti. Il s’agit entre autres, de son refus de comparaître devant la commission nationale de discipline du parti, escroquerie des cartes des membres, extorsion, etc.

Cette destitution rappelle les ennuis qu’avait connus Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale, avec la majorité présidentielle de l’époque et le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) dont il était co-fondateur.

Ancien proche collaborateur du président Joseph Kabila, il a été poussé à la démission de son prestigieux poste du président de la chambre basse du parlement. Son péché ?-Avoir critiqué les opérations militaires conjointes des armées congolaises et rwandaises contre les milices dans l’Est du pays. Il avait été désavoué par la majorité présidentielle et pour éviter une destitution, il avait démissionné.

Une année plus tard, il avait démissionné également du PPRD et lancé son propre parti politique, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), entraînant avec lui une dizaine des députés nationaux du PPRD, qui avaient renoncé, comme lui, à leurs sièges au parlement.

Pour revenir à Jean-Marc Kabund, il faut dire que le désormais ancien président ai de l’UDPS est en partie responsable de son sort.

En effet, il a commencé à abuser des avantages et du pouvoir que lui conférait son statut de président intérimaire du parti présidentiel.

Trois ans seulement après avoir pris ces fonctions, il était devenu insaisissable et s’est mis à conflit avec la quasi-totalité des cadres du parti, qui lui reprochent son arrogance.

Des sources internes de l’UDPS l’accusent même d’avoir affiché un manque criant du respect à l’égard du président de la République, notamment lors des cérémonies officielles, en arrivant souvent en retard alors que le Chef de l’Etat s’y trouvait déjà.

Il a signé la rupture définitive avec le parti présidentiel en annonçant, le 14 janvier dernier, sa décision de démissionner de son poste de premier Vice-président de l’Assemblée nationale sur Twitter, sans consulter au préalable le parti et le président de la République, Félix Tshisekedi.

Plusieurs fédérations l’ont, à la suite de cette annonce, désavoué et réclamé sa destitution du poste de président ai de l’UDPS.

Ce qui n’était pas le cas pour Vital Kamerhe, qui a le mérite d’avoir été poussé à la démission pour une cause noble.

Reste à savoir si le « maître nageur » va lancer son propre parti politique, pour espérer défier Fatshi et son UDPS aux élections générales de 2023.

Peut-il espérer rééditer l’exploit de Vital Kamerhe, en amenant avec lui quelques députés nationaux de l’UDPS? Pas facile.

Junior Lomanga