Home Politique Exclu de l’UDPS: Jean-Marc Kabund perd tout et risque gros

Exclu de l’UDPS: Jean-Marc Kabund perd tout et risque gros

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Personne ne pouvait prédire sa chute si brutale. Président ad intérim de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et premier Vice-président de l’Assemblée nationale, Jean Marc Kabund est condamné à un retour dans l’opposition, trois ans seulement après avoir goûté aux délices du pouvoir.

Samedi 29 janvier 2022, la Convention Démocratique du Parti (CDP) a annoncé quatre résolutions dont sa destitution du poste de président intérimaire et son exclusion définitive du parti présidentiel.

L’ambiance était électrique au siège de l’UDPS, à la 10 ème rue Limete. Cadres et combattants ont tenu à assister à la restitution des résolutions prises par la Convention Démocratique du Parti et la Commission Nationale de Discipline (CND), qui se sont penchées sur le cas de Jean-Marc Kabund, poursuivi pour notamment escroquerie dans la vente des cartes, violences physiques sur des combattants, refus de répondre aux invitations de la commission de discipline, la superficie politique ou encore pour s’être autoproclamé informateur lors de la coalition FCC-CACH.

Il était poursuivi également pour manque de dignité de ses fonctions, agression répétée contre des éléments de la Garde Républicaine.

Pour ces griefs, il a, sans surprise, été destitué de ses fonctions de président ai et exclu définitivement du parti.

A la même occasion, Augustin Kabuya a été confirmé Secrétaire Général, renforçant tout petit peu ses pouvoirs, lui qui bien que s’affichant durant les trois dernières années comme fidèle collaborateur du président ai, était en réalité étouffé par ce dernier.

En ce qui concerne par exemple l’autoproclamation du titre d’informateur, le CND a pris en compte le fait que le 8 mars 2019, Jean-Marc Kabund s’est présenté à Kingakati, à la ferme de Joseph Kabila et s’est permis de « signer, en tant qu’informateur auto proclamé, le communiqué conjoint FCC-CACH avec Néhémie Mwilanya Wilondja, accordant la majorité au FCC, qui n’était ni un regroupement ni un parti politique reconnu par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), empêchant ainsi le président Tshisekedi nouvellement investi d’appliquer l’article 78 alinéa 3 de la Constitution ».

Dans le même ordre d’idée, Kabund est indexé d’avoir réquisitionné méticuleusement les forces de l’ordre qui auraient attaqué les membres du Directoire et d’autres membres du parti en mai 2019.

Signe qu’un nouveau vent a soufflé au parti présidentiel, certains cadres et militants, à l’instar de Fils Mukoko, autrefois personna non grata au siège du parti, ont signé leur retour.

L’émotion et la joie étaient au rendez-vous alors que de combattants que l’on considère comme pro Kabund n’y ont plus remis leurs pieds depuis le début des ennuis du maître nageur.

Ainsi, pour le député national Léon Mubikayi, cette exclusion va délivrer le parti de Félix Tshisekedi pour bien se préparer en vue des élections générales de 2023.

Direction prison de Makala?

Comme si ces sanctions ne suffisent pas, il nous revient d’apprendre que deux dossiers bien ficelés seraient sur le point d’être remis à la justice contre le toujours premier Vice-président de l’Assemblée nationale.

Le premier concernerait l’affaire de l’organisation présumée d’une milice à Kingwaba et le second serait lié à l’exploitation minière dans la province du Lualaba.

Si des plaintes arrivent à être déposées, on imagine que le député national de Mont-Amba à Kinshasa pourrait être amené à faire un tour à la prison centrale de Makala, tellement les soupçons qui pèsent sur lui sont lourds.

Au plan politique, les quelques députés nationaux de l’Union Sacrée de la Nation qui voulaient se montrer solidaires envers Jean-Marc Kabund auraient changé d’avis, après avoir reçu des promesses d’éventuelles nominations dans les prochains mois.

Ayant perdu la confiance de son parti pour le compte duquel il occupait le poste de premier Vice-président de l’Assemblée nationale, sa destitution sera retardée seulement par la reprise des travaux, les députés nationaux étant en vacances parlementaires.

LJL/ALT.