Home Politique Avec l’appui de la Fondation Panzi: La Cour d’appel de Bukavu organise des audiences foraines sur 21 dossiers des violences sexuelles à Kabare

Avec l’appui de la Fondation Panzi: La Cour d’appel de Bukavu organise des audiences foraines sur 21 dossiers des violences sexuelles à Kabare

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Du 31 janvier au 10 février 2022, la Cour d’Appel de Bukavu se penche sur 21 dossiers des violences sexuelles pour lesquelles elle a été saisie. La Fondation Panzi du Prix Nobel de la Paix Dr Denis Mukwege accompagne cette procédure judiciaire qui se déroule à Kabamba, dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, suite à la recrudescence des groupes armés aux alentours du Parc national de Kahuzi Biega.

Des accusés condamnés en première instance font face aux victimes lors des audiences foraines auxquelles assistent des foules.

Pour assurer un accompagnement psychique aux victimes, la Fondation Panzi a dépêché le psychologue Jean-Pierre Amani. Ce dernier estime que la sensibilisation sur les Violences basées sur le genre (VBG) fait défaut au sein des FARDC.

Pour lui,« il y a un manque de maîtrise de soi, de contrôle des émotions, des problèmes psychiques ou la non- vérification de l’information reçue » à telle enseigne qu’ « une déception amoureuse ou une jalousie mal orientée peuvent causer ces genres de réaction ».

Allusion faite à la mort de Madame Anne-Marie, le 28 janvier dernier, à la suite de trois balles lui tirées à la poitrine par son époux.

A en croire Jean-Pierre Amani, « ces audiences amènent les victimes à une reviviscence ou elles vivent ou elles vivent encore ces moment difficiles ».

C’est ce qui justifie la présence active des psychologues pour les accompagner et les préparer à accepter cette nouvelle réalité.

Toutefois, le fait d’affronter la justice leur redonne la joie de vivre et un sentiment de puissance face à leurs bourreaux qui eux, sont rendus impuissants par la justice. Cela renforce la résilience des victimes et leur espoir de réparation.

Le satisfecit de la société civile

Présent aux audiences, Joseph Kashabiza de la Nouvelle dynamique de la société civile de Kalehe salue l’implication de la Fondation Panzi à cette procédure judiciaire.
« C’est un acte, dit-il, plus que positif de voir la Fondation Panzi accompagner les victimes vulnérables ».

Reconnaissant que « les choses ne sont pas faciles qu’on le croit », il appelle la population à la retenue et hausse le ton contre les violences sexuelles.

Pour revenir aux audiences foraines, il faut dire que quatre prévenus étaient à la barre le 1 er février dernier. Un d’entre eux, condamné en première instance, a réfuté le viol sous prétexte du manque de pénétration.

La défense d’un autre prévenu a réfuté le grief de viol en évoquant l’âge de la victime, qui a fait l’objet des discussions houleuses.

La défense du troisième prévenu dont la victime est âgée de 63 ans a quant à elle crié au « jugement laconique et contradictoire ».

En réaction, le Procureur Général a, dans ses réquisitoires, soutenu, à l’instar de la partie civile, que tous les prévenus sont coupables. Ils ont insisté sur le fait que les jugements rendus en première instance doivent être confirmés au second degré, car n’ayant pas énervé les motifs d’appel.

Par ailleurs, mercredi 2 janvier dernier, la Cour d’Appel de Bukavu a tenu une audience foraine à Katana, où elle a auditionné les témoins à charge dans le dossier RPA 3761 opposant le prévenu x à une fillette de 12 ans. Le prévenu a nié tous les faits mis à sa charge.

Dans un autre dossier, il s’est avéré qu’il y avait une saisine irrégulière à cause du manque de pièce de procédure au doseur, à savoir la citation au prévenu qui avait saisi le premier juge à l’audience introductive d’instance.

Là aussi, la Fondation Panzi a été aux côtés des victimes.

ALT.