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RDC: Kinshasa cède toujours aux caprices du M23

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C’est triste de le dire mais c’est la réalité. Composé d’ex-rebelles du CNDP réintégrés dans l’armée congolaise à la suite d’un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa, le mouvement du 23 mars, appelé communément M23, auteur de plusieurs violences dans l’Est de la RDC, obtient pratiquement tout ce qu’il exige au gouvernement congolais.

Ce vendredi 22 avril 2022, ses délégués font partie des représentants d’une dizaine des groupes armés qui rencontrent le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi à Nairobi, au Kenya, dans le cadre d’un dialogue dit consultatif.

Lors d’un meeting tenu le 3 avril dernier dans la zone sous leur contrôle, les rebelles du M23 avaient menacé de reprendre les offensives si Kinshasa n’accepte pas de dialoguer avec eux. Peu bavard sur le sujet, le gouvernement congolais semblait pencher pour l’option militaire mais la situation a beaucoup évolué ces dernières semaines.

Plus de questions que de réponses dans l’opinion

Selon des experts en stratégies militaires, la communication du M23 aurait eu un impact négatif sur l’image des FARDC, qui précisons-le, ont pointé du doigt le Rwanda de se battre aux côtés de ce mouvement rebelle.

Finalement, Kinshasa a accepté de dialoguer avec le M23, nonobstant la réticence d’une partie de l’opinion, composée notamment des députés nationaux.

Ceux qui s’opposent aux discussions directes avec le M23 estiment que les efforts fournis par les FARDC pour neutraliser ce groupe rebelle seront en quelque sorte ignorés. Certains pensent qu’il faut carrément donner plus de moyens à l’armée d’une part et, d’autre part, miser sur la force conjointe régionale en gestation.

D’autres victoires du M23

Cependant, ce n’est pas la première fois que le M23 obtient ce qu’il veut.

En 2013, face aux succès des FARDC, appuyées par une brigade d’intervention de l’ONU, ils avaient déposé les armes, en novembre.

En décembre de la même année, ils avaient signé avec le gouvernement congolais, des accords réaffirmant la dissolution du M23 en tant que groupe armé.

Ces rebelles avaient obtenu des garanties de leur démobilisation et avaient renoncé à la violence pour faire valoir leurs droits.

Ils avaient également exigé du gouvernement le renforcement de la coopération régionale et l’intégration économique à travers l’adhésion de la RDC à la Communauté des pays d’Afrique de l’Est.

Là aussi, les rebelles du M23 ont gagné car, la République Démocratique du Congo fait officiellement partie des pays membres de la communauté des États d’Afrique de l’Est depuis fin février 2022.

La question que d’aucuns se posent est de savoir jusqu’où Kinshasa continuera à céder aux exigences du M23.

Jean Pérou Kabouira