Home Politique RDC: Jusqu’où ira le pouvoir dans sa rage contre Matata Ponyo?

RDC: Jusqu’où ira le pouvoir dans sa rage contre Matata Ponyo?

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Interdit de quitter Kinshasa et de sortir du pays, dépossédé de son immunité parlementaire, et actuellement, accusé par des sources proches du pouvoir, d’avoir corrompu des juges de la Cour Constitutionnelle pour obtenir un arrêt en sa faveur, sur le dossier Bukanga Lonzo, Augustin Matata Ponyo fait décidément peur, très peur.

Le candidat à la prochaine élection présidentielle capitalise l’énergie du régime de Félix Tshisekedi alors que d’autres secteurs de la vie nationale en ont plus besoin.

Accusé d’avoir détourné de l’argent du Trésor public dans le cadre du projet du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, Matata Ponyo est au centre de l’attention de la justice congolaise depuis près de douze mois.

Prisonnier à ciel ouvert

Vilipendé dans l’opinion à la suite d’une vaste campagne de dénigrement, il avait pris le risque de rentrer au pays pour affronter la justice. La suite de l’histoire est connue de tous.

« Cela fait près d’une année que je suis prisonnier politique dans mon propre pays, car depuis le 9 mai 2021, date de mon retour volontaire à Kinshasa malgré une menace judiciaire qui relevait et qui relève toujours d’une cabale politique, le procureur général près la Cour constitutionnelle maintient mon interdiction de quitter Kinshasa pour tout déplacement à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Même lorsque les sénateurs ont refusé en plénière de lever mes immunités parlementaires pour être poursuivi en justice, le procureur général ci-haut cité, en complicité avec le président du Sénat, a refusé de me rétablir dans mes droits de mouvements. Il fallait à tout prix trouver un autre dossier, en l’occurrence celui des biens zaïrianisés, pour faire valoir l’interdiction de mouvements », avait-il relaté à l’occasion de la clôture du premier congrès de son parti, Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD).

Désormais accusé d’avoir corrompu l’ancien président de la Cour Constitutionnelle

Au passage, sans aucune décision judiciaire à son encontre, la Cour Constitutionnelle, son juge naturel entant qu’ancien Premier ministre s’étant déclarée incompétente, il s’est vu refuser par la Direction Générale de Migration (DGM), de se rendre à Lubumbashi pour assister à l’enterrement de sa petite sœur biologique.

Selon le sénateur du Maniema, les responsables de ce service à l’aéroport international de N’Djili lui avaient expliqué que la décision de l’interdire de voyager « venait d’en haut ».

Simple hasard ou coïncidence, c’est du même « en-haut » que serait venu l’ordre de tirer au hasard deux juges de la Cour Constitutionnelle, mardi 10 mai 2022.

Plusieurs sources ont indiqué que le désormais ex-Président de la haute Cour, Prof Kaluba, qui a été tiré au hasard avec un autre juge, paierait les frais de l’arrêt rendu en novembre dernier dans le dossier Bukanga Lonzo.

On lui reprocherait d’avoir désobéi aux ordres venus d’ « en-haut », visant à condamner l’ancien Premier ministre.

Des rumeurs propagées par des sympathisants du pouvoir prétendent qu’il aurait été corrompu par Matata Ponyo pour l’inoncenter.

Ce dernier a, dans un message publié sur Twitter, mercredi 11 mai, démenti ces rumeurs.

« Je n’ai jamais corrompu le Prof Kaluba pour orienter la décision de la Cour sur le dossier Bukanga Lonzo. Les juges de la Cour ont dit le bon droit et ont clos définitivement toutes les poursuites à mon endroit. Honneur à ce prof d’univ. qui a refusé de dire le droit politique ».

En attendant le prochain épisode de ce combat entre le régime de Félix Tshisekedi et le candidat du LGD à la prochaine élection présidentielle, une congolaise dépitée de ce spectacle désolant se dit dépassée par l’énergie déployée selon elle par l’UDPS, pour avoir la tête de Matata Ponyo.

Elle estime que les détracteurs de « l’homme à la cravate rouge » devraient « plutôt focaliser cette énergie inutilement perdue, pour arrêter la guerre et les tueries à l’Est du pays et résoudre le problème de faim au Kasaï ». A chacun son opinion.

Jean Pérou Kabouira