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Parlement: La gourmandise de Mboso honteusement mise à nue

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C’est l’histoire d’un patriarche autoproclamé, qui fait honteusement preuve d’un manque criant de sagesse.

Du haut de ses 79 ans d’âge, le Président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso N’Kodia, nourrit étonnement d’ambitions qui ne correspondent plus à sa génération.
Visiblement ivre du lait des fonctions obtenues au soir de sa vie, il s’en est vulgairement pris au président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, dans le dossier de la désignation du délégué du parlement à la Cour Constitutionnelle.

Après avoir encaissé, ce dernier a finalement réagi au courrier brut, discourtois et insensé du sulfureux Président de l’Assemblée Nationale. Et, Mboso n’a plus que ses mains pour essuyer ses larmes.

Les deux présidents des chambres du parlement ne s’entendent plus. La faute à celui de l’Assemblée nationale qui veut tout bouffer.

Sur base de sa propre interprétation de la Constitution, Christophe Mboso accuse Modeste Bahati d’avoir autorisé unilatéralement la tenue du Congrès devant designer le juge de la Cour Constitutionnelle sur le quota du parlement. Décidé à humilier son collègue, il a bloqué la tenue dudit Congrès, avant de lui adresser une correspondance à travers laquelle il l’a accusé de violer la Constitution et le règlement intérieur du Congrès.

Après avoir encaissé le premier coup, Bahati a finalement réagi au second, en lui adressant un courrier. Et quel courrier !

Les leçons magistrales de Bahati à Mboso

Dès l’entame de sa réplique, Bahati a fait preuve de tact et de sagesse, en excusant malignement le manque de courtoisie de son collègue.

Résistant au piège de descendre trop bas, il a réfuté son accusation d’avoir violé les articles 158 de la Constitution et 42 du Règlement intérieur du Congrès. « Un grief, a botté Modeste Bahati, qu’aucune enquête, même banale ne saurait établir à ma charge ».

Pour lui, c’est une accusation de partialité visant à salir son honneur et sa crédibilité.

Haussant le ton progressivement, le Président du Sénat a attiré l’attention de son collègue de l’Assemblée nationale sur quatre vérités qu’il find d’ignorer.

« La Constitution et la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle parlent du quota des juges réservé au Parlement, (c’est-à-dire l’Assemblée Nationale et le Sénat). Pourquoi vouloir réduire ce quota à la seule Chambre que vous présidez?Parlera-t-on de juges désignés par le Parlement ou bien par l’Assemblée Nationale seulement ? », lui-a-t-il demandé.

Bahati a ensuite expliqué à Mboso que les articles 158 de la Constitution et 42 du Règlement du Congrès n’ont rien à voir avec ce dossier et leur interprétation est tout à fait approximative et partisane.

« Le Sénat fonde sa démarche sur le remplacement d’un juge de la Cour Constitutionnelle décédé en plein mandat conformément aux articles 7 et 8 de la loi organique n°13/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle », a-t-il poursuivi.

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Attirant son attention sur le bicaméralisme parlementaire constitutionnellement reconnu au Parlement congolais, le Président de la chambre haute du parlement a rappelé à son collège de la chambre basse que le sens éthique, la complémentarité et l’équité interinstitutionnelle commandent le respect strict de droits et obligations reconnus à chaque Chambre.

« Dès lors que l’Assemblée Nationale dispose déjà de deux juges sur trois à la Cour Constitutionnelle, il va de soi que l’unique poste restant soit proposé par le Sénat au Congrès. C’est ce qui justifie la résolution du Sénat qui présente un candidat au Congrès », a conclu le Président du Sénat.

Jean Pérou Kabouira