Home Sécurité Agression de la RDC : Lutundula appelle à une mobilisation générale autour des FARDC et de Félix Tshisekedi

Agression de la RDC : Lutundula appelle à une mobilisation générale autour des FARDC et de Félix Tshisekedi

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Se ranger comme un seul homme derrière les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et le Commandant Suprême, le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi pour défendre l’intégrité et la souveraineté nationales, tel est l’appel lancé aux congolais par le Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala Pen’Apala.

De retour de Guinée Équatoriale où il a éventré le boa au sommet extraordinaire de l’Union Africaine, sur le soutien du Rwanda au mouvement terroriste du M23 qui a repris les hostilités depuis février dernier, il appelle à la consolidation de la flamme patriotique qui s’est rallumée depuis le début de l’agression de la RDC.

Au cours d’une interview accordée à Christian Lusakueno de Top Congo FM, le chef de la diplomatie congolaise s’est réjoui de l’élan patriotique manifesté partout à travers le territoire national. Il a réaffirmé l’engagement du Président de la République, du parlement, du gouvernement et de tout le peuple congolais à défendre le pays face aux agresseurs. Intégralité de ladite interview.

Monsieur Christophe Lutundula bonjour. C’est officiel: le Rwanda attaque la RDC, il pilonne ses villages. Comme vous l’avez dit dans un discours, il a exhumé de sa tombe le M23 pour faire la guerre chez nous

J’ai fait une déclaration au sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine tenu à Malabo sur la base des rapports véridiques que j’ai eu du terrain, de responsables des FARDC. De ce point de vue là, il n’y a pas de doute, il n’y a rien de particulier d’autant plus qu’avant, je l’ai aussi à la tribune de l’Union Africaine. Mon collègue le ministre rwandais des Affaires étrangères m’avait communiqué officiellement la décision entre guillemets de réagir à ce qu’ils considéraient comme des attaques ou de bombes qui tombaient dans leurs villages frontaliers à notre pays.

Est-ce qu’on peut appeler aujourd’hui de crise ouverte entre le Rwanda et la RDC?

Les faits parlent. Il n’y a pas la qualification crise ou non crise.

Quelle est donc la réaction parce que les faits sont là et ils parlent. On parle de convoquer l’ambassadeur du Rwanda. On suspend Rwandair. Est-ce que c’est une étape ou on envisage éventuellement la rupture des relations diplomatiques et la déclaration de guerre ?

Vous avez suivi le compte rendu du m’insurge de l’information à l’issue de la réunion spéciale du Conseil de défense à laquelle pratiquement tous les chers des Corps constitués et les responsables de services spécialisés concernés ont été conviés. Je n’ai pas entendu ce que vous me dites. Voyons voir ce que l’avenir nous réserve.

Mais c’est une suite logique, plausible, est-ce qu’elle est envisagée ?

Je m’en tiens au communiqué officiel du Conseil supérieur de la Défense et il n’y a aucun secrer là dessus. C’était porté à la connaissance de l’opinion nationale et internationale.

Dans lequel communiqué , il est fait état de la convocation de l’ambassadeur Vincent Karega. Est-ce qu’il a déjà été entendu? Est-ce que le message à son gouvernement a déjà été donné?

Mais patientez. J’étais à Malabo. Je viens d’arriver il y a quelques heures. La décision a été prise qu’on le convoque. Elle sera exécutée.

Le M23, mouvement terroriste. Qu’est-ce que cela implique pour la suite ?

Il était dit dans le communiqué et nous tirerons toutes les conclusions qui s’imposent. La première leçon qui a été tirée c’est que nous ne pouvons plus traiter avec un mouvement terroriste.

Le M23 n’est plus à Nairobi. Qu’est ce qui va changer dans le fait ?

Ce qui va changer, même à Nairobi, pendant les discussions on avait une délégation du M23. Et pendant les discussions ils ont déclenché les hostilités. On leur avait dit, Messiers, ou vous êtes pour les discussions ou vous êtes pour ce que vous faites. Alors, allez d’abord mettre de l’ordre entre vous, vous conformer à ce que le Chef de l’État a dit. On ne demande pas au Président Félix Tshisekedi d’avoir des consultantions avec ceux qui lui amènent le revolver à la tempe. Non. Ça ne peut pas de faire.

Aujourd’hui, le Rwanda, le plus officiellement du monde parle d’enlèvement de des soldats par les FDLR, qu’ils seraient détenus en République Démocratique du Congo. Est-ce que vous avez été saisis officiellement à ce sujet? Est-ce qu’il s’agit de soldats qui le gouvernement détient aujourd’hui ? Capturés au cours de combats?

Vous avez vu les images. Vous êtes des médias. Je n’ai rien à vous apprendre. L’opinion nationale et internationale a vu des images. Ce sont des évidences.

Ils ont été capturés. Qu’avez-vous donc à dire au Rwanda qui parle d’enlèvement ?

Je vous dis que les images parlent d’elles-mêmes. Je vous dis que le commandement opérationnel des FARDC l’a dit. Il y a-t-il de raison de ne pas croire à ce que nos vaillants militaires, le commandement de nos forces armées disent?

La RDC a mis en contribution le mécanisme de vérification. Où en est-il aujourd’hui?

Moi j’étais à Malabo représenter notre pays aux sommets extraordinaires de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union. Le premier sommet sur les crises humanitaires et le deuxième sur le terrorisme et le changement anti constitutionnel des gouvernements. J’ai pris la parole pour dire aux leaders africains réunis au niveau le plus élevé du leadership, que le concept de terrorisme, tel qu’entendu par la convention de l’UA de 1986, implique les groupes armés… La définition officielle, légale qui a été donnée par l’Union Africaine implique aussi le terrorisme d’origine politique voir économique. Et aujourd’hui, il ne fait aucun qu’en Afrique beaucoup de pays sont en proie à ce type de terrorisme qui est aussi un facteur important de crises humanitaires. Et que donc il fallait s’apaisantir. Il y a par exemple le Tchad qui a même perdu un Chef d’Etat, le Mozambique, la Centrafrique qui fait partie des pays des Grands Lacs, ne parlons même pas de la Somalie. Et, j’ai assis mon argumentaire par une illustration de la situation dans notre pays.

Je l’ai décrite froidement. Et comme je l’ai dit à la tribune de l’Union Africaine, je ne suis pas venu faire des procès. Mais j’étais venu pour ramener les décideurs sur le terrain, sur les réalités du vrai de l’actuel du vécu de la situation au Nord-Kivu, autour du territoire de Rutshuru, autour des localités Rumangabo et Kibuba et consorts.

Et sur ce point là, j’ai souligné que le Président de la République, le parlement, le gouvernement de la République et l’ensemble du peuple congolais, nous sommes fermes et déterminés à défendre l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de notre pays. Il n’y a pas de concession et c’est non négociable.
Et par rapport à la situation présente, nous demandions à la Conférence de Chefs d’Etat de prendre ses responsabilités au regard de la charte de l’Union Africaine, de la Charte des nations Unies et du Droit international. Nous avons fait des propositions simple, parce que le point n’était pas inscrit à l’ordre du jour mais nous avons fait passer le message à savoir qu’il ait (i) condamnation du M23 qui revient à des activités subversives pour déstabilise le pays alors qu’il a été défaut totalement, enterré depuis dix ans. Ça été exhumé par ceux qui le soutiennent; qu’on intime l’ordre au M23 de se retirer, de déposer les armes et de rentrer dans les positions d’avant les attaques contre les FARDC qui datent depuis le mois de février et ce, sans condition et dans l’immédiat.

Deuxièmement, appeler tous les pays de la région des Grands Lacs, en particulier les pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est, ceux qui ont signé le communiqué du 21 avril à Nairobi, à savoir le Rwanda, le Burundi, la RDC, l’Ouganda autour du président Kenyatta, de respecter leurs engagements et de laisser le processus de consultation actuel qui est pratiquement à son terme, parce que tous les groupes mis à part le M23 sont impliqués dans les négociations.

Troisième proposition, c’est de charger le Président Joao Lourenço de l’Angola, qui est le président en exercice de la CIRGL, de prendre ce dossier en vertu du principe de la subsidiarité, de conduire des contacts avec les deux Chefs d’Etat et d’obtenir que le plus rapidement possible, ça cesse, ça cesse conformément aux instruments juridiques que j’ai évoqués, et en toute Justice.

Et enfin, de donner une mission au Président de la Commission de l’Union Africaine, Mahamat Moussa Faki, de suivre la situation et de veiller à ce que les conclusions du Conseil Paix et Sécurité de l’Union Africaine tiré sur ce point là, condamnant le M23 et demandant leur retrait soient exécutées.

A la fin des travaux, la Conférence a pris la décision (i) de responsabiliser le président angolais et la CIRGL! (ii) de faire en sorte que l’Union Africaine par le Président de la Commission suivent le dossier. Et d’ailleurs, c’est repris même dans le procès verbal des discussions et dans la déclaration. Donc, nous avons transmis le message et il est bien arrivé…
J’ai saisi, trois jours avant le début des travaux, le Président en exercice de l’Union Africaine, Macky Sall et nous continuons.

Vous avez parlé là-bas du M23 et non du Rwanda. Le M23 n’est pas membre de l’Union Africaine. Quelle a été la réaction de l’Union Africaine par rapport aux propos sur le Rwanda visant un de ses membres?

L’Union Africaine à travers les Chefs d’État et de gouvernement qui étaient là a pris la décision ci-après :
Premier élément de la décision, c’est de mandater le président de la CIRGL, président Joao Lourenço de l’Angola, de prendre langue avec les deux Chefs d’État, à savoir le Président Tshisekedi et le Président Kagame pour mettre fin à la crise. Dans la suite, il a été demandé au Président Joao Lourenço d’informer régulièrement les instances de l’Union Africaine.
Deuxième élément de la décision, c’est de charger le président de la Commission de l’Union Africaine, Mahamat Moussa Faki, de suivre l’évolution de la situation sur le terrain.

Entre temps, le président Paul Kagame s’est dit déterminé à se battre pour résoudre le problème du Congo par la guerre. Je le cite( il parlait en Kinyarwanda): « Le Rwanda va reporter la guerre vers le territoire d’où il vient. Le problème ne se trouve pas au Rwanda mais au Congo à cause des FDLR qui n’ont pour but que de déstabiliser le Rwanda ». C’est une déclaration de guerre….

Le Président Kagame est un Chef d’État. Je respecte sa fonction. Il n’appartient pas à un ministre des Affaires étrangères, en tout cas au ministre des Affaires étrangères que je suis, d’engager avec lui une quelconque polémique. Mais ce que je peux dire de manière générale c’est ceci: notre pays la RDC n’a aucune intention de faire la guerre à qui que ce soit. Et dans son histoire, il ne l’a jamais fait. Secundo, la déclaration est une déclaration publique. C’est dans les réseaux sociaux. Certainement que chacun des congolais a suivi, il n’a qu’à tirer de leçons. Mais pour ma part, j’affirme que le président de la République, le parlement, le gouvernement et tout le peuple congolais nous sommes déterminés, nous sommes fermes pour défendre l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de notre pays. C’est pour cela que je lance un appel à tous les compatriotes pour nous mobiliser autour des Forces Armées de la RDC, des services de sécurité, de la police nationale et du Commandant Suprême de toutes ces forces de notre pays, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour justement défendre notre pays. Il y a un elan, il y a une flamme patriotique qui s’est allumée, qui brille au firmament de la RDC. Dans tous les coins du pays, il faut consolider, entretenir cette flamme, cet élan patriotique.

Et éventuellement se préparer à la guerre avec le Rwanda?

Je viens de vous dire que le Congo n’a jamais entendu faire la guerre à qui ce soit. Seulement, il y a un adage d’une sagesse tout à fait remarquable qui dit en latin, « Si vis pacem, para bellum », qui veut la paix prépare la guerre. C’est-à-dire cherche à se protéger, à se défendre. Même les être humains, c’est ce que nous faisons chaque jour. On se bat, parce qu’un État, un pays qui n’a pas un système de défense fort, c’est comme un corps qui a perdu toute son immunité, la plus petite maladie, le plus petit virus peut l’atteindre et lui faire du mal.