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RDC: Sensée protéger les civils, la Monusco préoccupée désormais par sa propre protection

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C’est l’inversion des rôles en République Démocratique du Congo. Ayant pour mission principale de protéger les civils et de consolider la paix au pays, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO) a désormais grandement besoin d’une protection.

Face aux manifestations des populations civiles de ces derniers jours, particulièrement dans l’Est du pays, qui désapprouvent l’inefficacité des casques bleus devant les groupes armés, les États-Unis exhortent la RDC à les protéger.

Dans une déclaration faite à la presse jeudi 28 juillet 2022, le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a loué « le rôle essentiel de soutien à la paix et à la sécurité », dans la protection des civils ainsi que la facilitation à la livraison de l’aide humanitaire que joue la Monusco.

Dans un contexte où les manifestations anti-Monusco ont fait officiellement 15 morts mercredi dernier, dont trois casques bleus et une soixante de blessés, il a plaidé pour la protection du personnel de la mission onusienne.

« Nous appelons les autorités locales et nationales de RDC à assurer la protection des membres et des sites de la Monusco et aux manifestants à exprimer leurs opinions calmement », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du Département d’Etat américain ne s’est en revanche pas trop tardé sur la douzaine des congolais tuée lors de ces manifestations.

La même attitude a été observée dans le chef du représentant spécial adjoint du Secrétaire Général de l’ONU en RDC, Kassim Diane, lors d’un briefing spécial avec le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, mardi dernier.

En effet, le numéro deux de la Monusco a prétendu que les casques bleus ont tiré en l’air pour sommer les manifestants, mais ils ne les ont pas tués. Qui a donc tué les 12 manifestants civils à Butembo et à Goma?- Mystère.

A cette question, ni les États-Unis, ni la Monusco n’a répondu, encore moins le gouvernement congolais. Tous attendraient les enquêtes…

Entre temps, les relations sont loin de se normaliser entre la population civile et la mission onusienne. Pour rappel, la communauté congolaise a mal apprécié les propos de la cheffe de la Monusco lors de son dernier passage devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Madame Bintou Keita a affirmé notamment que la Monusco était en incapacité de faire face au M23, car ce dernier disposait d’après elle, des armes dignes d’une armée conventionnelle et était mieux organisé.

Jean Pérou Kabouira