Home Economie Des inquiétudes après la nomination de Dominique Migisha au poste de Coordonnateur de l’Agence pour le développement du numérique

Des inquiétudes après la nomination de Dominique Migisha au poste de Coordonnateur de l’Agence pour le développement du numérique

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Dans les tuyaux depuis février dernier, l’Agence pour le Développement du Numérique (ADN) a finalement été créée officiellement. Par Ordonnance lue samedi 3 septembre 2022 sur les antennes de la RTNC, le Président de la République a nommé aux fonctions de Coordonnateur de ce nouveau service spécialisé créé au sein de son cabinet, Dominique Migisha. Ce dernier n’est pas inconnu des acteurs du numérique congolais et n’a malheureusement pas une bonne réputation. On vous explique tout.

Jusque-là Conseiller Spécial du Président de la République en charge du Numérique, Dominique Migisha est un homme de gros et sales dossiers.

Issu de la diaspora comme la plupart de collaborateurs de Félix Tshisekedi, il a été au four et au moulin pour la mise en place du Système National d’Identité Digitale (SNID), avant de créer la polémique avec Ernst&Young et associés, un cabinet d’audit sulfureux dépourvu d’expérience en matière d’identification et de recensement.

En effet, alors qu’il n’était qu’un Conseiller Spécial du Chef de l’État, Dominique Migisha avait réussi, avec la complicité de l’ancien Vice-premier ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, à faire adhérer le Conseil des Ministres à l’idée de création du SNID, reconnu au départ comme une structure d’études devant permettre à l’Office National d’Identification de la Population (ONIP) de bien faire son travail.

Selon des informations publiées à l’époque par alternance.cd, les missions de l’ONIP auraient été attribuées par un tour de passe-passe au SNID. En toile de fond, avions-nous révélé, la gestion de 350 millions de dollars américains prévus pour le budget du plan opérationnel de l’ONIP.

Vers des conflits de compétences entre l’ADN et les ministères sectoriels ?

Pour revenir à Dominique Migisha, il a été révélé qu’il aurait fait le forcing pour que Ernst&Young et associés, pourtant impliqué dans plusieurs scandales financiers font celui de falsification des comptes bancaires pour un client et même repris sur les « Panama papers » obtienne le marché du SNID.

« Lors du lancement du SNID, Dominique Migisha a annoncé que le SNID va procéder au recensement et à la délivrance de la carte d’identité. Pourtant, ce sont bien là les attributions du Gouvernement.
En effet, au terme du Décret n° 011/48 du 3 décembre 2011 portant création et fixation des statuts d’un Etablissement public dénommé « Office National d’Identification de la Population » (ONIP) , le législateur confie clairement à l’ONIP les missions d’identification systématique de la population, de constitution et d’entretien d’un fichier général de la population, de délivrance d’une carte d’identité nationale et d’autres imprimés produits à partir du fichier général de la population »,
avait écrit alternance.cd.

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Avec la nomination de ce personnage apparemment sulfureux à la tête d’une structure ayant pour mission de transformer les axes principaux de l’économie congolaise vers le numérique et à faire de l’innovation un véritable vecteur de croissance, des observateurs redoutent des scandales.

Déjà, il y a risque de confusion entre les attributions de ce nouveau service, celles du Ministère du Numérique, du Ministère des PTNTIC et les attributions de la Cellule Numérique du Cabinet du Chef de l’Etat.

« Avec la triste expérience vécue entre l’ONIP et le SNID, on a fort à parier qu’il y aura des conflits de compétences entre l’ADN et les ministères sectoriels, surtout que ce service ne dépend d’aucun de ces ministères », prévient un expert en numérique, qui affirme avoir travaillé sur plusieurs dossiers avec Dominique Migisha.

Jean Perou Kabouira