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Absence de stations-services au Sankuru : Les opérateurs économiques de la contrée interpelés

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C’est tout simplement inadmissible et inimaginable en plein 21 ème siècle et dans un pays qui a affiche des grandes ambitions pour son économie. La province du Sankuru est à ce jour sans station-service en dépit des activités économiques de plus en plus croissantes qu’elle enregistre.

La situation est connue de tous mais elle a été mise à lumière mardi 11 octobre 2022, par le ministre national des Hydrocarbures, Didier Budimbu, au cours de la cérémonie de clôture de la table ronde sur l’approvisionnement en produits pétroliers dans les provinces du Grand Kasaï et du Grand Équateur.

Cette fois-ci les politiques n’y sont pour rien

C’est un secret de polychinelle que le Sankuru est une province enclavée mais conflictuelle où presque tous les secteurs de la vie ne marchent pas.

A l’évocation du sous développement de cette province située au centre de la République Démocratique du Congo, la tendance générale est de s’en prendre à ses acteurs politiques, que l’on accuse, à tort ou à raison, de n’avoir rien fait chez eux.

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Mais, pour ce qui est de l’absence des stations services, les responsables semblent se situer en dehors de la sphère politique.

Le ministre des Hydrocarbures a manqué les mots pour exprimer son émotion face à cette situation.

« Comment une province comme le Sankuru n’a même pas une seule station-service ? On ne parle même pas de deux, on parle d’une station, même pas une pompe ?. C’est anormal, je pense que le secteur doit évoluer et nous devons changer beaucoup de choses. Durant les discussions, il y a un opérateur qui s’est manifesté affirmant qu’il est prêt à installer même deux ou trois stations-service dans le Sankuru. Je pense que c’est à encourager. Nous devons absolument accompagner le Sankuru parce que le carburant c’est la colonne vertébrale de l’économie nationale. Il n’y a pas de carburant, il n’y a pas de pain, il n’y a pas d’économie parce que les gens ne savent pas se déplacer », a expliqué Didier Budimbu.

Tous ou presque intéressés par la politique?

En attendant que cet opérateur économique concrétise sa promesse, il y a lieu d’interpeller les opérateurs économiques du Sankuru.

En effet, force est de constater que la plupart d’hommes d’affaires de cette province préfèrent fleurter avec les politiques, pour espérer gagner facilement des marchés publics, parfois en toute opacité.

Si certains le font de manière voilée, d’autres se sont carrément engagés dans la politique active (ce qui relève de leur droit le plus légitime), à l’instar d’un aviateur récemment nommé Conseiller du gouverneur Jules Lodi.

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Entre temps, la population est dépouillée systématique de ses maigres ressources, à cause notamment de la flambée des prix causée essentiellement par la rareté des produits et surtout la cherté du prix du carburant.

A ce sujet, il faut dire qu’au Sankuru, même des opérateurs économiques dont les chiffres d’affaires dépasseraient le million de dollars se contentent de vendre le carburant en détail, de manière informelle, à l’instar des pauvres petits débrouillards de Kinshasa communément appelés « Kadhafi », qui le font par manque de fonds pour ouvrir de stations-services.

Autant dire qu’au Sankuru, les opérateurs économiques et les politiques doivent être logés à la même enseigne. Décidément, la province natale de Patrice Emery Lumumba est malade de presque tous ses fils et filles.

Junior Lomanga

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