Home Politique Face à la précarité matérielle de congolais: L’ACAJ recommande aux anciens chefs des Corps constitués de renoncer aux bénéfices qu’implique la Loi n°18/021

Face à la précarité matérielle de congolais: L’ACAJ recommande aux anciens chefs des Corps constitués de renoncer aux bénéfices qu’implique la Loi n°18/021

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L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) juge innoportune la démarche entreprise par des anciens présidents des deux chambres du parlement, visant à bénéficier de tous les avantages accordés aux anciens chefs des Corps constitués sur pied de la Loi n°18/021 du 26 juillet 2018 portant statut des anciens Présidents de la République élus. Considérant que plusieurs engagements du gouvernement relatifs à l’amélioration des conditions sociales de la population ne sont pas encore tenus, l’ong de défense des droits de l’Homme dirigée par Me Georges Kapiamba propose que cette loi soit révisée.

C’est un sujet qui défraie la chronique depuis quelques jours en République Démocratique du Congo.

Alors qu’on le croyait définitivement en retrait de la vie politique et publique, l’ancien président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, a conduit, mercredi 19 octobre 2022, une délégation d’anciens présidents des deux chambres du parlement auprès du président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo.

Accompagné des anciens présidents de l’Assemblée nationale, Thomas Luhaka et Aubin Minaku, il a plaidé pour le paiement des arriérés du collectif des anciens présidents des deux chambres du parlement.

Il a informé Modeste Bahati de la non application de la loi sur le statut des anciens Présidents de la République élus, notamment dans son volet relatif aux avantages accordés aux anciens chefs des Corps constitués de la République.

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Sans détour, Léon Kengo Wa Dondo, Thomas Luhaka et Aubin Minaku ont sollicité auprès du président de la chambre haute du parlement, la prise en compte de cette loi que l’on appelle aussi « Loi Mutinga », dans le budget 2023 en cours d’examen au parlement.

Moralement inexplicable

Pour l’ACAJ, la question du paiement des avantages aux anciens chefs des Corps constitués ne doit pas constituer une priorité du gouvernement au regard de ses engagements non encore concrétisés.

« En sus, plusieurs engagements du Gouvernement relatifs à l’amélioration des conditions salariales ploient dans les tiroirs du Trésor public, faute semble-t-il de ressources financières suffisantes pour y faire face. Tel est le cas des enseignants, des magistrats, des médecins et soignants, ainsi que d’autres catégories socio-professionnelles envers lesquels les promesses du gouvernement peinent à être honorées », fait remarquer l’ACAJ dans un communiqué publié ce vendredi 21 octobre 2022.

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Selon le Président de cette organisation non gouvernementale, Me Georges Kapiamba, « il serait moralement inexplicable que le gouvernement satisfasse une telle requête {celle de Kengo, Luhaka et Mibaku} d’autant plus que la Loi n°18/021 du 26 juillet 2018 devra d’abord être révisée au vu du caractère excessif et immoral des avantages qu’elle accorde aux anciens Chefs d’Etat et des Corps constitués et sans prévoir la disqualification de ceux qui se seraient compromis dans les actes de corruption, détournement des deniers publics et blanchiment des capitaux à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ».

Tout en saluant les services qu’ils ont rendus à la Nation, le président de l’ACAJ attire l’attention des anciens chefs des Corps constitués de la République sur le fait, qu’ « ils ne sont pas logés à l’enseigne de la précarité matérielle qui caractérise la majorité des congolais ».

Par conséquent, l’ACAJ leur demande de « prouver leur amour et leur solidarité envers les congolais et congolaises en renonçant officiellement aux bénéfices qu’implique la Loi n°18/021 du 26 juillet 2018 ».

R. Djanya

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