Après avoir été publiquement désavoués par le président de la République pour leur mollesse dans la défense du pays face à l’agression rwandaise, contrairement à l’hardiesse affichée lorsqu’il s’agit du partage des responsabilités dans les institutions, les membres de l’Union sacrée de la nation s’activent sur le terrain. Parmi eux, Jean-Michel Sama Lukonde, président du sénat et membre du présidium de la plateforme présidentielle, qui a entamé ce mercredi 26 février 2025, une tournée dans l’espace Grand Katanga. Un dynamisme trompe-l’oeil dont le but est d’échapper au chambardement attendu.
Face aux membres de l’Union sacrée, le chef de l’État a exprimé, samedi 22 février dernier, sa déception à cause de leur manque d’engagement dans la mobilisation de la population contre l’agression.
Il a particulièrement félicité quelques acteurs politiques dont Jean-Pierre Bemba, Jean-Pierre Lihau et Guy Loando qui, ont d’eux-mêmes pris l’initiative de mobiliser la jeunesse à rejoindre l’armée pour défendre le pays.
Ayant constaté que le front politique a échoué, Félix Tshisekedi a annoncé la désignation de nouveaux animateurs du Directoire de sa plateforme et la mise en place prochaine d’un gouvernement d’union nationale.
Sentant venir le danger, les membres de la classe politique au pouvoir se sont depuis, réveillés et parcourent les provinces. Ainsi, à son arrivée à Lubumbashi ce mercredi, Sama Lukonde a prôné l’unité et la cohésion nationale.
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« Nous devons démontrer que nous pouvons nous mobiliser, la patrie est en danger, tout congolais doit se mobiliser. Ce sera une occasion pour nous de sensibiliser notre jeunesse quant à ce, et compatir avec nos frères qui subissent les affres de la guerre. Nous aurons l’occasion de voir la situation sécuritaire urbaine avec les autorités locales », a déclaré le président du sénat.
Peine perdue
Sama Lukonde prévoit de se rendre, après le chef-lieu du Haut-Katanga, à Kolwezi dans le Lualaba et à Kamina dans le Haut-Lomami. Ça et là, il prévoit de s’entretenir avec les forces vives de la société civile, des autorités coutumières et les mouvements des jeunes.
Question: fallait-il attendre que le président de la République proclame les bons élèves de l’Union sacrée pour que toute la classe conjugue des efforts afin de se rattraper ?
Malheureusement, c’est trop tard pour les mobilisateurs de dernière heure, la refonte de l’Union sacrée étant déjà en téléchargement.
Pami Halele
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