Le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, est dans un véritable pétrin. Après avoir été auditionné jeudi 27 février au Conseil national de sécurité (CNS), il doit se présenter ce samedi 1 er mars 2025 au ministère de l’Intérieur. Il est convoqué pour une séance de travail avec le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani Looko.
Au CNS, monseigneur Donatien Nshole a été auditionné, d’après ce qu’il a expliqué à nos confrères d’actualité.cd, sur le récent communiqué qu’il a signé au nom de la CENCO, en rapport avec la stigmatisation des Swahiliphones, les consultations sur le pacte social menées par les églises catholique et protestante mais aussi sur la dénonciation de la confiscation de son passeport à l’aéroport international de Loano, à Lubumbashi, pendant un court moment.
A l’en croire, son audition par le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de la sécurité, le professeur Eberande Kolongele, en présence de directeurs de différents services de renseignements s’est bien déroulée.
Trois dossiers chauds
Qu’à cela ne tienne, il doit de nouveau s’expliquer, cette fois-ci devant le ministre de l’intérieur. Ce dernier a tenu à lui demander de se munir lors de leur séance de travail, des preuves des allégations de chasse aux swahiliphones faites dans le communiqué précité de la CENCO.
« Cette réunion vise à discuter des allégations de discrimination, de haine et de violence contre les congolais et les congolaises en raison de leur origine, de leur langue ou de leur morphologie. Il est essentiellement pour le gouvernement de la République de prendre des dispositions face à ces préoccupations. Je vous prie de bien vouloir apporter toutes les preuves nécessaires pour étayer vos allégations, notamment les lieux, les noms des personnes victimes et leurs adresses», a écrit Jacquemain Shabani.
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Cette invitation fait suite à une série d’événements impliquant l’église catholique. D’abord, le pacte social CENCO-ECC pour lequel les responsables des églises catholique et protestante mènent des consultations au pays et à l’étranger pour le retour de la paix en RDC et dans la région des Grands lacs.
Ensuite, la dénonciation par la CENCO, des actes de stigmatisation des swahiliphones en RDC notamment à Kinshasa.
Enfin, la dénonciation par le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Mgr Fulgence Muteba, de la rétention par la Direction générale des migrations (DGM), du passeport de Mgr Donatien Nshole à Lubumbashi à son retour de Dar es Salam, en Tanzanie. Des accusations rapidement rejetées par la DGM.
Anny Kanyama

