Des images insoutenables avec un déferlement de violence inacceptable tournent en boucle dans les réseaux sociaux depuis quarante-huit heures en République démocratique du Congo. Elles montrent un groupe de policiers décrits par plusieurs témoins oculaires comme appartenant à la garde de la première ministre Judith Suminwa Tuluka, torturer un élément de la Police de circulation routière (PCR), qui aurait rendu l’âme de suite de ce traitement dégradant lui infligé.
Ce cas flagrant d’abus de pouvoir aggravé des hommes en uniforme suivi de mort d’homme en rappelle celui d’un certain Dolly Makambo, ancien ministre de l’Intérieur de la ville de Kinshasa, qui avait été condamné à 10 ans de servitude pénale principale dans l’affaire du meurtre de l’administrateur gestionnaire du Centre de santé Vijana par un policier de sa garde.
C’est un élément de la PCR qui a lancé l’alerte dans une vidéo. Il affirmait avoir été témoin de l’arrestation suivie de l’agression ayant entraîné la mort quelques instants plus tard, de l’un de ses collègues, le brigadier de 1 ère classe, Kabeya Senda Fiston, par selon ses dires, le major chef de la sécurité de la première ministre.
Selon son témoignage, lui et son collègue ont ouvert la voie au cortège de la cheffe du gouvernement qui roulait à sens contraire. Curieusement, a-t-il dit, au moins dix minutes plus tard, l’escorte a fait demi-tour et de policiers ont bondi pour arrêter et passer à tabac le brigadier précité, avant de le conduire à l’auditorat militaire où il rendra l’âme.
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Rapidement, la Police nationale congolaise (PNC) a appelé la population « à ne pas céder à la manipulation et à la désinformation», tout en annonçant que « la justice est déjà saisie de ce dossier et que d’ici peu les auteurs de cet acte ignoble seront identifiés et subiront la rigueur de la loi ».
Lesdits auteurs présumés apparaissent clairement sur une autre vidéo de 27 secondes, partagée également dans les réseaux sociaux. Ils seraient d’après de témoins, de policiers commis à la garde de la première ministre.
La démission de Judith Suminwa exigée
Les congolais qui ont suivi les images de la torture du brigadier Fiston Kabeya se souviennent de la condamnation à 10 ans de servitude pénale principale, le 21 novembre 2019, du ministre provincial de l’Intérieur de Kinshasa, Dolly Makambo, dans l’affaire du meurtre par inadvertance, de l’administrateur gestionnaire du Centre de santé Vijana.
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Il avait été reconnu coupable d’incitation à commettre un acte contraire au devoir et à la discipline. Même son chauffeur, coaccusé dans cette affaire, avait écopé de 10 ans de servitude pénale pour arrestation arbitraire, torture et participation au meurtre. Il en était de même d’un autre co accusé alors que la Cour militaire avait condamné à perpétuité le policier fugitif auteur du coup de balle qui avait ôté par imprudence la vie à la victime.
Pas donc étonnant que des congolais épris de justice exigent la démission de la première ministre et sa mise à la disposition de la justice ne serait que pour besoin d’enquête.
Pami Halele
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