
Kinshasa est sous l’eau depuis samedi 5 avril 2025. Le gouvernement a dressé dimanche, un bilan provisoire de 33 morts, 46 personnes hospitalisées et près de 300 familles prises en charge. Mais la mobilisation des autorités semble faible par rapport à la gravité de la catastrophe et à l’ampleur des dégâts.
Zéro hélicoptère pour évacuer les habitants piégés sur les toits de leurs maisons dans les communes les plus touchées, notamment Mont-Ngafula, Ngaliema, Masina et Matete. Pas de nourriture et de l’eau potable pour de milliers d’autres personnes qui ont passé la nuit à la belle étoile au quartier Debohomme suite au débordement de la rivière N’djili, qui a englouti le pont éponyme, coupant le district de la Tshangu du reste de la capitale congolaise.
Le trafic coupé pendant plusieurs heures entre Mitendi et Kasangulu, sur la nationale 1 reliant Kinshasa à Matadi à cause de l’érosion qui a affecté une rive de la chaussée.
Les gouvernements central et surtout provincial ont failli à leur responsabilité. Certes, des réunions ont été tenues ça et là, notamment celle d’urgence, présidée par le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, mais les véritables secours ont mis du temps.
En effet, à l’issue de cette réunion à laquelle ont pris part le commissaire général de la Police nationale congolaise, le commandant de la Police ville de Kinshasa, les services de protection civile, il a été décidé, d’après un communiqué du ministère de l’Intérieur, de l’implication de l’armée, de la DGM, de la Régie des voies fluviales (RVF), de la DGDA, ainsi que d’autres services pour assurer le transport des populations vivant dans les zones submergées vers les sites d’accueil identifiés. Ces sites sont l’Institut Lumumba(Limete), Kitomesa(N’djili), Kimwenza (Mont-Ngafula) et le stade Tata Raphaël.
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Gros couac: jusque tard dans la nuit du dimanche, plusieurs familles étaient toujours piégées sous les eaux, certaines depuis samedi. Les transports promis pour leur évacuation n’avaient pas encore fait signe.
Pourtant, la situation devait être la priorité du gouvernement.
Au contraire, certains ministres sectoriels ne se sont pas pointés. Ils ont préféré publier des communiqués annonçant des mesures qui tardent à faire effet.
Pami Halele

