
Face aux accusations portant sur la complicité de l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange avec la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, Me Claude Kabi Batasema estime qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Réagissant aux mesures prises par le gouvernement, notamment des injonctions données à la justice pour des poursuites judiciaires contre l’ancien chef de l’État et certains de ses proches, la saisie promise de leurs biens et l’interdiction des activités de son parti politique, le PPRD sur tout le territoire national, ce juriste et analyste politique appelle à la vigilance et à la prudence.
Me Claude Kabi Batasema fonde sa réflexion sur le fait que le président de la République, Félix Tshisekedi, étant la personne la mieux informée de la RDC, avait de bonnes raisons pour accuser son prédécesseur à la tête du pays d’être le patron de l’AFC/M23.
Il rappelle que le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique de Joseph Kabila, s’est transformé en une pépinière pour l’AFC/M23.
« Ce sont des signes qui ne trompent pas. Plusieurs cadres et militants du PPRD ont rejoint la rébellion AFC/M23 et se sont jetés dans les bras du Rwanda pour semer la mort et la désolation dans notre pays. Le PPRD n’a pris aucune mesure disciplinaire contre ces terroristes, ce qui laisse à penser que la direction du parti cautionne ces actes», fait-il remarquer.
Me Claude Kabi reconnaît à tout congolais le droit de circuler librement à travers le pays. Toutefois , il trouve que si réellement Joseph Kabila à séjourné à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu et a été protégé par les rebelles de l’AFC/M23 et les militaires rwandais, la conclusion n’est pas à chercher. On ne peut être mieux servi que par soi-même.
« Si l’ancien chef de l’État serait venu à Goma pour contribuer à la recherche de la paix, ce serait une bonne chose. Seulement, on ne peut pas prétendre chercher la paix en s’affichant aux côtés de ceux qui tuent, violent et pillent alors que l’on se fait passer pour farouche adversaire, mieux ennemi de l’autre camp, à savoir le pouvoir en place à Kinshasa », relève-t-il.
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Pour Me Claude Kabi, après dix-huit ans passés à la tête de la République démocratique du Congo sans parvenir à mettre fin à l’insécurité et aux groupes armés qui pullulent dans l’Est du pays dont le M23, Joseph Kabila est loin d’être mieux placé pour prétendre apporter une solution à la guerre d’agression.
« Ce que chaque congolais doit savoir, c’est qu’un loup ne peut jamais être confondu à pasteur dans un troupeau des brebis», martèle Me Claude Kabi Batasema.
Junior Lomanga

